Bon, je dois avouer que je suis parti avec pas mal d'apprioris sur Poelvoorde aux Jeux Olympiques. Gros budget, guest-stars par centaines de milliards, bande-annonce aussi comique que Big Movie ; bref, tout me destinait à aimer le film que je suis entré dans la salle de cinéma. Je m'assois, je me calme, je me dis "C'est bon, ça va être drôle".
Ayé, le film commence. Après aproximativement 30 secondes (à partir du moment où Rousseau se fait arroser par le char passant dans la flaque d'eau), une envie furieuse de hurler "I want my money back" s'empara de moi. Je me calme et je me dis :"C'est bon, ce n'est que le début, ça va être drôle".
Le monologue de Delon (seul bon passage du film) me rassure et je me dit :"C'est bon, ça va être drôle".
Sauf que non, ce n'est pas drôle. J'ai même tellement de choses méchantes à dire sur cette "chose" qu'est Astérix aux Jeux Olympiques que je ne sais par où commencer.
Peut-être devrais-je commencer par le scénario. Enfin, scénario, c'est vite dit. "Ramette de papier" ou "ticket de métro" ou "filigrane" conviendrait mieux. Absence totale d'humour (handicapant pour un film comique, vous conviendrez), répliques aussi désopilantes que Dechavanne dans la Roue de la Fortune mais surtout, surtout, absence de situation. Ce "superbudgeteuropéen" n'est en effet qu'une succession de scènes qui semblent n'avoir presque aucuns liens entre eux, tant les deux manchots servant de réalisateurs essayent de caser les guests-stars et autres acteurs principaux (relégués au rang de seconds rôles).
Parlons-en de ces acteurs. D'abord, discutons du premier rôle officiel d'AAJO, Clovis Cornillac. Un mot : beurk. Cabotinage, transparence et ridicule, telle semble être la devise de Cornillac pour interpréter le rôle pilier d'Astérix.
Ensuite, penchons-nous sur le premier rôle officieux d'AAJO : Benoît Poelvoorde. Poelvoorde, je l'aime beaucoup. Mais là, je crois que ça ne va pas être possible. En même temps, vu la qualité des répliques et des situations qui lui sont infligées, on peut aisément le pardonner.
Quelques rôles parviennent cependant à sauver le tout : Delon, magistral en César ; Depardieu, toujours excellent en Obélix ; Rousseau, sympathique en Alafolix ; Dubosc, excellent dans le rôle d'Abraraccourcix.
Quant aux guets-stars, une formule que j'apprécie énormément peut résumer rapidement ce que je pense : oui, mais non. L'idée est bonne, mais Schumacher disant :"C'est bon, Jean !" à Jean Todt ou Zidane jouant au ballon, c'est plus que mauvais : c'est pathétique.
Véritable bouse cinématographique, échec artistique spectaculaire appelé à la gloire boxofficienne, ce nouvel Astérix est un fatras de mauvaise idées, de mauvais acteurs, de mauvais plans, de mauvaises répliques, de mauvais décors et de mauvais effets spéciaux.
1/10.