The Wrestler de Darren Aronofsky.
Randy "The Ram" Robinson était une star du catch dans les années 80, avec des jeux-vid2o et des figurines à son effigie. Aujourd'hui, il vit dans une caravane qu'il arrive à peine à payer et enchaîne les galas miteux entre deux séances d'autographes dans des MJC sordides. Victime d'une crise cardiaque, il va tenter de renouer avec sa fille, qui ne lui parle plus depuis des années, et chercher et peu d'affection auprés de Cassidy, une strip-teaseuse presque aussi accidenté que lui.
Au début de The Wrestler, Darren Aronnofsky filme Mickey Rourke de dos et ne révèlera son visage que lors d'une scène ou Randy s'amuse à effrayer des enfants. Il nous jette à la figure l'image d'un homme qui porte une vie entière de gâchis et d'autodestruction comme autant de traits boursouflés. On ne sait déjà plus si l'on regarde le personnage ou l'acteur - une mise en abyme qui deviendra de plus en plus vertigineuse à mesure que le film avance. Entre "The Ram" le catcheur déchu qui attend les fantômes de son passé glorieux du haut de la troisième corde, et Rourke, l'icône hollywoodienne des années 80 partie se faire casser sa belle gueule sur le ring au point de ressembler à quelqu'un d'autre, la frontière est floue. Leur combat commun contre l'oubli, cette lutte à mort contre eux-mêmes pour conserver ce qui leur reste de dignité est d'autant plus déchirante. Il n'y a plus de place sur la table : Rourke y a tout mis. Dépouillé de son ego, coiffé d'une improbable crinière blonde, des lunnette de grand-mère sur le nez, l'acteur trouve enfin le rôle de sa vie. A moins que ce ne soit sa vie qui ait trouvé son rôle...
De l'autre côté du miroir, Aronofsky réalise un film d'une pureté absolue, denué de tout effet, qui assène sa vérité entre deux coup de manchette. Tapis.
Et voila.