"Que la force soit avec vous"
Le Catch ne se cache plus.
Truqué ou pas truqué ? Depuis que je me suis surpris à assister à un combat de catch devant mon petit écran, une question me torture l'esprit. "Ces catcheurs violemment plaqués sur le ring, ces hommes envoyés par-dessus la troisième corde, ces coups de coude, de poing ou de genou portés à la gorge, au ventre , c'est pour de vrai ou de faux ?" Et: "Est-ce du sport ou un spectacle?" Ces questions me hantent ! Mais mon calvaire va cesser. Je suis convié au "House Show", un gala présenté dans une ville mais pas retransmis à la télé : "SmackDown revenge tour", au Zénith de Strasbourg, organisé par le World Wrestling Entertainment, la plus grande fédération de catch. J'ai de la chances, mes guides sont Philippe Chéreau et Christophe Agius, commentateurs de catch sur NT1, RTL9, Action et AB3 (Belgique).
Avant les combats, petit tour en coulisses et rencontre avec deux catcheurs. Première surprise : l'un d'eux est une femme. Deuxième surprise : Elle est belle. Loin des cliché qui voudraient qu'une catcheuse soit taillée comme un homme. D'ailleurs, on les appelle les divas. Pour devenir catcheuse, deux filières : la classique, avec les écoles de catch, et les castings où sont repérées de jeunes femmes au physique et à la personnalité affirmés. Après formation, elle se lancent dans l'arène. Comme Michelle McCool, ancienne institutrice. En la voyant, difficile d'imaginer qu'elle est catcheuse. "Quand je le dis, je lis de 'lincrédulité sur les visages", explique-t-elle.
Après la belle, la bête. Appelez-le MVP, il préfère. Et c'est préférable pour tout le monde car c'est un "Heel", un méchant. Le gentil est appelé "Face". C'est le champion. Ou plutôt l'un des champions et, là, une explication s'impose. Pour booster ses audiences, la WWE a créé trois divisions : RAW, SmackDown et ECW. RAW regroupe les stars du catch. Des champions se produisant en direct, chaque lundi, sur les chaînes de télé et autour desquels sont bâtis des "storylines" (scénario) qui incitent les téléspectateur à se précipiter sur des chaînes où l'on achète des émissions de son choix.
Chaque divisions a son champion et son équipe championne. Titres en jeu : le champion intercontinentale et le champion des États-Unis. Chez les dames, il n'existe qu'un seul titre, détenu par Beth Phenix.
19:00
Le Spectacle commence. L'entrée des catcheurs est théâtrale. Et sous un déluge de spots, de rock ou de rap accompagné d'ovations ou de sifflets selon que c'est un "Heel" ou un "Face". Batista, Edge, Fit Finlay, Undertaker, les stars sont là... Les combats se font à deux comme à six. Le public hurle si l'arbitre ne va pas au bout du "pinfall" (les trois coups lorsqu'un catcheur a les deux épaules sur le tapis).
21:00
C'est fini. Alors truqué ou pas truqué ? Peu importe, le catch est un sport.. et un spectacle !
Raymond-Yves Atchadé, Télé Poche 2202, 21 Avril 2008.
Article retranscrit par DeeZee.