Quand t'étais moufflet dans les 80's, tes héros étaient forcément musclés, courageux, américains et invincibles.
De musclor a GI joe, t'étais biberonné a ça.
Et tu vois arriver ces héros de dessins animés en VRAI. Le warrior c'était ça, une image, une puissance, une intensité, un rêve de gosse. On s'en fout que ça ai été un catcheur médiocre, un humain pas terrible non plus, qu'il ai foutus sa carrière en l'air ou autre. Tu le voyais arriver, t'avais des étoiles dans tes yeux de petit garçon.
Et voir rejaillir cet homme-la des brumes de ton enfance vers le podium du hall of fame, ça te fait un truc, forcément. T'a encore des étoiles dans les yeux, comme il y a plus de 20 ans.
Et tu te dis que c'est bien, que la vie est bien faite, que la boucle est bouclée, que les choses s'apaisent, que le souvenir pourra retourner a sa place, un peu plus fort encore que la veille. T'es devenus un adulte, mais l'espace de quelques instants, ton enfance t'a ressauté en pleine face, et que c'est bon un peu de nostalgie.
Alors quand le héros s'avère n'être qu'un homme, que la boucle est effectivement bouclée, pour toujours, que le Warrior n'était pas invincible, t'a encore les yeux qui brillent, mais pas de la même manière, ni pour la même raison.
Et le petit gosse qui s'était réveillé en toi l'espace d'une soirée chiale a chaudes larmes. le grand garçon que tu es devenus lui dit que c'est ridicule, que c'est la vie tout ça.
Mais la, je m'en fout de ce que la grand garçon pense. Je suis orphelin d'un de mes héros, alors que les héros ne devraient jamais mourir.
Cours ultimate warrior, comme tu l'as toujours fait, sans but, juste parce que c'est ce que tu dois faire. Cours, secoue des cordes avec rage, écrase ceux qui se mettront devant toi, comme avant, avant que cette vie et cette fatalité de merde ne stoppent cette course.
S'il y a un ailleurs, puisses-tu y trouver un peu de ce qui t'a manqué.