CM Punk fait la couverture du dernier WWE Magazine, qui inclu une interview « explosive et controversée » avec le Second City Saint. L’auto-proclamé «voix des sans voix» s’est donc vu offert une nouvelle fois la possibilité de s’exprimer à propos de ses soucis avec la manière de penser de la WWE, ses camarades lutteurs qui n’ont pas la place qu’ils mériteraient et bien plus encore. Voici les moments forts de cette interview :
A votre avis, qu’est ce qui ne va pas à la WWE actuellement, et qu’est ce que vous aimeriez voir changer ?
Ce qui ne va pas à la WWE actuellement c’est qu’il n’y a pas assez de de jeunesse. La plupart des idées sont vieilles. Elles ont bien marché durant l’Attitude Era ou dans les 80′s – et je ne suis pas forcément en train de dire que qu’elles sont mauvaises ou fausses – mais elles ont besoin d’être mises à jour, d’être peaufinées. Il y a besoin de nouvelles opinions. Ça me rend malade de voir d’excellents lutteurs être mis de côté au profit de gens qui ont des abdos ou qui ont été de bons joueurs de football américain dans un championnat européen. Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui, avec leurs propres termes, ont créé leurs propres personnages et perfectionné leur art, juste grâce à la passion qu’ils ont. Ils n’essaient pas de devenir comme ces bodybuilders ou ces footballers qui échouent misérablement puis appellent ensuite leur oncle ou leur père en disant : « Hey, je vais insister sur le truc de la lutte parce que je suis mauvais à toute autre chose. »
Pourquoi considérez vous ceci comme étant une si mauvaise chose à l’égard des lutteurs qui – comme vous – sont des fans mais ne proviennent pas du milieu du body-building ou d’un autre sport ?
Maintenant, c’est essentiellement de la spéculation. Je ne peux vous dire ce qu’un autre est en train de penser. Je ne peux seulement vous dire que ce que je pense fonctionne. Et je n’aurai pas raison à chaque fois comme il n’auront jamais raison non plus. Je pense aussi que quelque part nous avons perdu ce «Midas Touch» (en référence à la mytologie grecque où le Midas Touch est synonyme de transformer quelque chose en or uniquement par le toucher). Toute cette chose est devenue pas cool. Je pense que ceux qui aiment vraiment ça n’iront pas faire autre chose s’ils sont virés. Comme Colt Cabana. Il est un parfait exemple. C’est un lutteur. S’il est engagé et que ca ne marche pas pour lui, il sera en train de lutter quelque part ailleurs le lendemain. Il n’est pas en train d’essayer d’entrer dans le moule d’une profession. Il est un lutteur. Il sera toujours là. Donc je pense que si vous aimez la lutte quelques fois – peut-être – vous êtes punis. Voici comment ça se passe : vous êtes toujours là, peut-être qu’on peut vous utiliser dans le futur s’il y a besoin, mais pour l’instant nous allons utiliser ce gars parce qu’il était bon au football universitaire.
Cette colère avec votre job s’est assombrie pendant un certain temps. Est-ce qu’il y a eu un moment où vous vous êtes dit que vous en aviez assez ?
Je peux vous citer un des plus gros agacement que j’ai eu. Comment se fait t-il que je fais le main-event d’un PPV en tant que World Heavyweight Champion et que, quelques mois plus tard, je me retrouve dans le dark match de WWE TLC contre R-Truth ? Ceci reste un point d’interrogation dans mon esprit. C’est ça le problème. On fait ça beaucoup de fois et à beaucoup de Superstars. La compagnie aime mettre quelqu’un sous le feu des projecteurs. Comme « Cette semaine, Kofi est cool » et la semaine d’après c’est plutôt « On a changé d’avis, on aime Drew cette semaine». Ça tourne tellement que ça en donne des nausées.
Quand est-ce que les dirigeants ont su qu’ils devaient prendre tes envies d’ailleurs au sérieux ?
Je leur en ai parlé pour la première fois probablement il y a un an. Ils me disaient »Hey, que dirais-tu qu’on parle de ton contrat ? » et je répondais juste » Non j’ai pas vraiment envie là » et ils se disaient »Okay, n’insistons pas, il semble désagréable et capricieux en ce moment, on l’aura la semaine prochaine. » Et ils revenaient la semaine d’après en disant »Hey, parlons-en maintenant » et quelques mois plus tard, c’est devenu »Hey, asseyons nous autour d’une table. Nous avons vraiment besoin de te faire signer au nouveau contrat maintenant. » C’est là que j’ai répondu droit dans les yeux »Non, je ne suis pas intéressé. »
Emmenez-nous maintenant à votre match de championnat à Money in the Bank. Qu’est ce que vous avez fait différemment ce jour-là, pensant que ce serait votre dernier jour dans le métier ?
Je ne pense pas avoir fait quelque chose différemment ce jour-là. Je suis un homme de parole. Je n’allais pas sauter sur un contrat juste après. Je m’apprêtais à tout laisser filer. Ce sont les termes et les dates dont j’avais convenu et je comptais m’y tenir et j’allais certainement terminer à ce moment. Mais je pense que j’ai tellement parlé à propos de tout et de tout le monde que tous les yeux étaient braqués sur moi et ceci créait une grosse pression. En tout reconnaissance, je me débrouille très bien. Tout ce dont j’avais parlé, d’être le meilleur au monde, je l’ai certainement prouvé ce soir-là. Le match a flirté avec la marque des 35 minutes. Mais j’ai déjà lutté un match de 93 minutes en 2002 ou 2003 dans un Two-Out-Of-Three-Falls Match.
Vous avez déclaré lors d’une émission de radio que vous aviez pris la décision de re-signer le soir de Money in the Bank. Ne pensez-vous pas que votre décision ait été brouillée par toute l’émotion qui régnait ce soir-là ?
Je sais mettre l’émotion de côté. Je peux être un robot s’il le faut. Le renouvellement de mon contrat hantait mon esprit à chaque moment, lorsque j’étais à la gym ou quand je dormais. J’en rêvais, j’essayais vraiment de voir quelle serait la meilleur décision pour moi et mon futur. Traitez moi de fou, mais j’essayais là aussi de comprendre quelle serait la meilleure décision pour la compagnie. J’aime ce que nous faisons. Je ne vais certainement pas m’entendre avec tous ceux avec lesquels je travaille. Nous ne serons certainement pas d’accord tout le temps, mais en fin de journée, je veux que la voix de tout le monde ait été entendue car je veux qu’on réussisse. Donc j’ai dû peser le pour et le contre dans ma décision.
Une autre petite chose que nous avons pu noter, vous utilisez souvent le mot »wrestling » dans vos tirades ces dernières semaines. Pourquoi cela vous dérange t-il de dire « sports-entertainment » ?
Je ne déteste pas ce terme autant que vous pouvez le penser, mais je pense réellement que c’est ridicule qu’on ne soit pas autorisé à dire »wrestling. » A la fin de la journée, c’est ça qu’on retrouve sur le ring. Ce ring, c’est notre terrain. Et sur ce terrain, nous ne faisons que lutter. Je ne suis pas en train de jouer les rabat-joie. Si je combats ici, c’est pour gagner. Les victoires et les défaites ont tout de même une signification. La lutte a lieu pour divertir les gens.
Vous avez décidé de changer de musique d’entrée pour « Cult Of Personality » de Living Colour’s. Avez vous changé quelque chose d’autre ?
Non, ceci était la seule chose que j’ai changé. C’était une retour en arrière vers mes années dans les Indys, et ça me convient donc très bien. J’ai du flair serais-je tenté de dire et j’ai senti là que c’était la bonne chose à faire que de changer de musique maintenant. Est-ce que j’aimais mon ancienne musique ? Absolument. Est-ce que c’était reconnaissable ? Bien sûr, je l’ai utilisée durant 5 ans. Est-ce que c’était le moment d’en changer ? Était-ce un choix risqué ? Oui et oui. Mais finalement, je pense que ce fut le bon choix. Je n’arrive pas à me défaire de cette musique ces derniers temps, elle me hante. C’est un son qui est sorti en 1989, lorsque j’étais dans ma petite équipe de championnat, et maintenant c’est juste passé dans le Top 200 iTunes. C’est impressionnant. Ceci devrait donner à réfléchir au managament de la WWE. Ils devraient se dire : « Merde, ce gamin a le pouvoir de faire une telle chose. Prêtons attention à ce qu’il peut faire d’autre. »
Qu’est ce qui a vraiment changé depuis votre retour ? Qu’est ce qui nous attends dans le futur maintenant ?
Je ne voudrais pas gâcher les surprises, mais je vous dirai que quand The Ramones (group de rock) ont été introduits dans le Rock N’ Roll Hall of Fame, il n’y avait qu’un seul membre encore vivant parmi l’équipe originale, et c’était Marky. Marky, à la base, était tout à fait dans le Hall of Fame du Rock N’ Roll. Après tout, c’est le titre qui a manqué à la bande durant toute leur carrière, mais ça lui était égal. Marky était inflexible sur le sujet et disait : »Non vous n’aurez pas le privilège de compter The Ramones dans votre petit club. » Un bon ami à moi, Lars Frederickson (de la bande Rancid), l’a appelé et lui a dit : »Marky, écoute moi. Tu as une grosse responsabilité envers ceux qui ne sont plus là donc tu dois accepter ce titre et intégrer le Hall of Fame pour montrer que vous êtes aussi grand que les Rolling Stones, aussi grand que les Beatles, aussi bon que Led Zeppelin, toutes ces bandes incontournable du Rock par rapport auxquels les Ramones ne seront peut-être jamais considérés comme étant de même niveau. » Et c’est de cette manière que je ressens les choses concernant la WWE. Je suis le gars qui, peu importe de quoi il s’agit, ne doit jamais faire ce genre de chose à la WWE. [...] Je sens que j’ai une certaine responsabilité avec les jeunes talents de notre roster, ceux qu’on a pas encore recrutés, et le futur de la lutte en général, la responsabilité d’aider à ce que ceci devienne encore meilleur, et de changer cet endroit à tout jamais. Je ne pourrai certainement pas faire tout cela en restant couché dans mon canapé à Chicago.
Source : WWE Magazine / Catch Aux Quotidiens.