La WWE et la relation de Linda McMahon avec les catcheurs
Dans cette conversation, Murdoch n'est ni un avocat, ni un détracteur de la WWE, son ancien et peut-être futur employeur.
"Ce que personne ne veut comprendre, c'est que personne ne nous a forcé à rejoindre cette compagnie, Lance et moi, personne ne nous a forcé à prendre part aux shows. La seule chose qu'on ait jamais demandé à Johnny Ace, c'est plus de travail. Et il vous le dira lui-même. On demandait pas plus de fric. On demandait pas de meilleurs vols, ni de meilleures voitures. On demandait plus de dates, on voulait plus de dates, on voulait bosser autant que possible, parce qu'on voulait que tout le monde sache qu'on voulait y consacrer le temps et les efforts pour être les stars qu'on savait qu'on aurait pu être. Et je peux toujours l'être, et il aurait pu l'être. Il n'y a jamais eu une seule fois où quelqu'un nous a dit : "tu dois revenir bosser, Lance, ou tu perdras ton boulot." Vous vous sentez obligé. Vous parlez de mecs, numéros un, Lance et moi aimions le business, mais on savait aussi que les types avant nous bossaient 10 fois plus que nous, que c'était plus dur pour eux que pour nous, qu'ils se blessaient plus souvent que nous, et ils y sont quand même arrivés. On voulait y arriver comme des durs, sans se plaindre, sans geindre ou pleurnicher. T'y vas et tu bouges ton cul. Si tu te blesses, tu le gardes pour toi, sois un homme autant que possible. Ne fais rien qui puisse ruiner ta carrière. Mais avec Lance, une partie de lui pensait qu'il pouvait continuer et il l'a fait. Il y a juste un petit problème : il utilisait des anti-douleurs pour y arriver."
Avec l'ancienne PDG de la WWE, Linda McMahon, dans la course pour être sénatrice du Connecticut cet automne, la mort prématurée de Cade a été utilisée par ses adversaires politiques, y compris un ancien collègue de Cade : Chris Nowinski.
"Oh, s'il vous plait, laissez-moi en parlez - et citez ce que je vais vous dire. OK, je comprends qu'il y ait des gens dans ce business qui essayent de le protéger, de le défendre. Il est un de ces types qui ne sait quasiment rien de la chose dont il parle," commença Murdoch.
"Pour être tout à fait honnête avec vous, Lance pensait que Chris Nowinski - j'essaye d'être respectueux, je ne veux pas paraître comme un redneck arriéré - mais Lance n'avait pas la meilleure opinion de Chris Nowinski. On parle d'un gars qui a simulé une commotion pour trois ou quatre ans tout en recevant un chèque. C'est très dur pour les gars qui se bougent le cul, qui se défoncent tous les soirs pour livrer de grands combats et d'avoir ce mec qui parle comme s'il était au même niveau que vous."
"Oui, Chris, félicitations, t'as fait quelque chose que je ne ferais jamais, aller à Harvard et obtenir ton diplôme. Mais ça ne fait pas de toi un catcheur, et ça ne fait certainement pas de toi un fan de catch. Lance ne lui parlait pas de ses démons, de ses addictions. Et les fois où il était avec lui, c'était en développement et ils ne se rencontraient pas très souvent."
Murdoch fait de son mieux pour contenir sa rancoeur. "Je ne veux pas avoir l'air d'un idiot à ce sujet, et je ne veux pas enterrer Chris Nowinski. Mais le truc, c'est qu'il devrait être plus honnête dans ses tentatives, à mon avis, il l'ouvre et essaye de faire connaître son nom dans cette histoire à cause de Linda McMahon."
Le père de Cade, Harley McNaught, était aussi dans les infos, protestant contre l'affirmation de Linda McMahon disant qu'elle n'avait rencontré Cade que quelques fois. Son partenaire était d'accord avec le père de Cade : ils avaient bien rencontré Linda McMahon souvent, mais ça ne signifiait pas qu'elle les connaissait.
"Quand on rencontrait Linda, on était assis là à traîner. Linda connaissait nos prénoms, mais je vous assure qu'elle ne pourrait pas vous donner nos noms de famille. Vous devez vous rendre compte que c'est son travail, et les McMahons sont très doués dans leur travail."
"Quand on discutait, c'était des conversations très vagues. "Vous êtes en bonne santé, les garçons ?" "Oui, m'dame." C'était un peu comme discuter avec votre tante que vous voyez une fois par an, parce que son boulot, c'était aux bureaux, dans le Connecticut. A moins qu'elle ne vienne aux shows TV, on ne la voyait pas. Mais je comprends, et je ne dénonce pas ce qu'a dit Harley McNaught. Ce que je dis, c'est qu'il y a d'autres façons de regarder ça. Je pense que Harley avait le coeur brisé, et je pense que quand Linda a dit qu'elle n'avait rencontré Lance qu'une ou deux fois, il l'a vu comme un manque de respect, parce qu'il savait qu'elle l'avait rencontré plus qu'une fois ou deux. Mais s'il vous plait, vous devez comprendre que ces rencontres n'avaient rien de mémorable, selon moi. Est-ce que ça veut dire quelque chose ? Elle nous a vu mais elle n'a pas eu d'influence directe sur notre carrière, vous comprenez ? Quand il s'agissait du catch, je n'appelais pas Linda, quand il s'agissait de mon personnage, je n'appelais pas Linda. Quand il s'agissait de mon argent, je n'appelais pas Linda. Et Lance non plus. C'était vraiment : "Salut, comment ça va ? C'est un plaisir de vous voir." Une discussion très vague."
Le business du catch ne peut être tenu pour unique responsable de la mort de Cade, dit Murdoch.
"Je pense qu'au final, Lance était un homme et il a fait ses propres choix. Mais si vous regardez comme les choses se sont passées dans certaines situations où on s'est retrouvés, comme quand il s'est blessé à l'épaule quand Bob Holly l'a jeté de la troisième corde, il s'est disloqué l'épaule. Il a pris six semaines de congé. Ce n'était pas parce que la WWE lui avait demandé de revenir vite. C'était parce qu'il voulait revenir vite. C'était parce que, dans ce business, OK, vous voulez être le numéro un. Si vous voulez garder votre place, vous devez la défendre, vous devez être là pour la garder. Ce n'est pas la WWE, ce n'est pas que dans une compagnie. C'est comme dans toutes les compagnies de catch. Si vous voulez garder votre place, vous devez être là pour la garder. Si vous n'êtes pas là, il y a quelqu'un qui attend derrière vous et qui veut s'assurer que vous avez l'air aussi misérable que possible pour prendre cette place."
Dans sa dernière interview, Cade avoua qu'il était revenu bien plus tôt qu'il n'aurait dû.
"Il en est venu à un point où il prenait des anti-douleurs pour dissimuler sa douleur, pas pour continuer, mais pour dissimuler," dit Murdoch. "Lance vous dirait lui-même qu'il ne voulait pas que qui que ce soit sache que c'était aussi mauvais. Il ne voulait pas perdre sa place. Quand il a eu l'opportunité de se faire opérer, il a choisi de ne pas le faire, parce qu'il ne voulait pas perdre sa place. Ce n'était pas Johnny Ace qui venait nous voir, ce n'était pas Vince qui venait nous voir, ce n'était même pas Linda qui venait nous voir, personne ne venait nous voir en disant : "Trevor, si Lance ne se montre pas dans les semaines qui suivent, on va devoir te mettre sur la touche et tu devras rester chez toi." Ca ne se passait pas du tout comme ça. Le truc, c'est qu'on devait gagner de l'argent, et vous devez bosser autant que vous le pouvez pour gagner autant d'argent que vous le pouvez, parce que vous ne savez jamais quand le train s'arrêtera pour vous. Vous ne savez jamais, pour aucune raison en particulier, vous serez appelé le 3 juillet, et ils vous diront qu'ils n'ont rien pour vous, et qu'ils vont commencer la clause de 90 jours."
Ayant énormément pensé à la mort de son ami, Murdoch décide de penser à quelques moments heureux.
"Cette Terre était un meilleur endroit quand il y était, et le business du catch, le vestiaire, était meilleur quand il y était, ce business était le meilleur endroit où il pouvait être. Il n'était pas un fan quand Stone Cold Steve Austin venait balancer les gens aux quatre coins du ring ; il était un fan depuis le moment où il pouvait ouvrir les yeux et où il a regardé son premier match de catch. Il aimait le business, mec."
"Et chaque fois que vous y alliez, si vous catchiez avec lui, ou merde, quand vous faisiez équipe avec lui, vos bottes avaient intérêt à être bien lacées parce que ce gorille de 110 kilos était un perfectionniste. Il se foutait de savoir si c'était deux, cinq, quinze ou vingt minutes, il voulait s'assurer que quand on y allait, tout, on bossait pour la compagnie numéro un dans le monde, et il pensait que tout le monde devait être au point, tout le monde devait être le meilleur. Quand vous n'étiez pas à la hauteur, il n'avait aucun problème pour le faire savoir."
"Le truc, c'est que Lance vous laissait le temps de vous améliorer. Lance comprenait que pas tout le monde avait la chance d'être entraîné par Shawn Michaels. Je ne le dénigre pas, Shawn est bon dans ce qu'il fait, Shawn est le meilleur dans ce qu'il fait, pour être tout à fait honnête avec vous. Et si vous aviez la chance d'être entraîné par lui, vous le refuseriez ? J'ai été entraîné par Harley Race, un des mecs les plus solides de son temps. Merde, un des mecs les plus solides aujourd'hui, si vous le rencontriez, si vous sortiez avec lui. Pas tout le monde avait la chance d'avoir été à notre place, et on le comprenait."
"Le truc qu'on comprenait pas, c'est quand vous aviez l'occasion de vous améliorer, quand vous aviez un endroit où aller pour apprendre, pour vous améliorer, si vous ne saisissiez pas l'occasion, au bout d'un moment, Lance et moi on commençait à être dans le business pour nous-mêmes et on faisait ce qu'on avait à faire pour nous assurer que le match serait grandiose. Si vous n'étiez pas à la hauteur, si vous ne vouliez pas faire d'efforts, si vous n'aimiez pas la façon dont on le faisait, alors on faisait ce qu'on avait à faire pour que le match soit aussi bon que possible."
Avec leurs attitudes décidément très old-school pour ce qui était de consacrer du temps et de ne rien laisser les ralentir, Cade et Murdoch obtinrent le respect des agents et des vétérans dans le vestiaire - quelque chose que Murdoch dit être important pour eux.
Quand les choses n'allaient pas comme ils le souhaitaient, ils ne se lâchaient pas publiquement ; ils s'avaient l'un l'autre.
"Lui et moi, on pouvait monter dans la voiture ou retourner à l'hôtel, et on se disait : "Mon Dieu, c'est pourri." Ca a jamais été, on n'a jamais eu à se plaindre à qui que ce soit parce qu'on avait l'autre comme compagnon, comme ami, pour se dire qu'au moins, on ne le faisait pas tout seul. Et c'était quelque chose que je chérirai toujours," dit Murdoch. "En tant qu'homme, en tant qu'ami, Lance me manquera toujours. C'est quelque chose que je sais que je n'aurai jamais avec quelqu'un d'autre, c'est quelque chose qui me manquera plus que tout le reste, le fait que mon pote me couvre, quoi qu'il arrive."
En conclusion, la vie de Murdoch est bien meilleure parce que Cade en a fait partie, et elle est bien plus vide depuis qu'il est parti.
"Il est un des rares hommes en ce bas monde dont je peux dire que je l'aime. Et je n'ai pas peur de dire à qui que ce soit que j'aimais cet homme comme un frère, comme un ami, comme un oncle, et en tant qu'individu. C'était un bon gars. Il aimait ses enfants, il aimait sa femme. Qu'importe les problèmes qu'il ait pu avoir, il aimait sa mère, son père et sa soeur. Il aimait ce business."
Et voilà la fin de l'interview. Enjoy.
Pavé.
LOL
Non, merci de la trad ![]()
Waw JTG, t'es en bien en retard pour un journaliste d'habitude si fiable et rapide ![]()
je go lire même si je connais Trevor que vaguement ![]()
Merci Nyarno pour la traduction c'était émouvant RIP Cade ![]()
Merci Nyarno pour la traduction de cette interview très émouvante. J'étais meme aux bords des larmes. ![]()
Merci pour l'interview.
Beau travail Nyarno, cool
J'ai eu une petite larme... ![]()