Résumé d'un avis sur SHIGURUI (interdit au moins de 15 ans au Japon !!!)
Il arrive parfois par les temps qui courent, que nous croisions des personnes qui pensent que les animes sont exclusivement réservés aux enfants, pire, qui pensent même que c'est un signe de maturité de ne plus en regarder (si, si ! Je vous assure cela existe !) Si par le plus grand des hasards il vous arrivaient de rencontrer ces rares individus (vraiment ? Vous en connaissez ?) et bien je vous conseil de leur faire visualiser Shigurui, cela devrait suffire pour faire sauter tout leurs préjugés (mais pas forcément leur mauvaise foi !).
Shigurui, voici un anime qui ne peut pas laisser insensible, et le but de cette critique est de vous faire découvrir pourquoi !
Alors bien sur c'est sanglant et l'interdiction au japon pour les moins de quinze de le visionner est amplement justifiée. Mais attention, il ne s'agit pas d'un anime d'horreur. Shigurui nous offre simplement une vision théâtrale des samuraïs qui vivaient dans l'ancien Japon avec un aperçu des blessures réaliste, voire amplifié, mais de façon technique.
Durant 12 épisodes, c'est un peu comme si vous étiez témoin de la vie de ces guerriers exceptionnels, qui rassemblés dans un dojo, y vivent une vie quasiment monacale, car ne l'oublions pas, la voie du Samuraï est avant tout un chemin spirituel et cela est extraordinairement bien retranscrit. On y voit l'importance de l'obéissance inconditionnelle vis-à-vis du maître du dojo, le conseil des anciens qui se réunit lors des choix important qui engagent la vie de la communauté (voire la survie) et surtout, les séances d'entraînement qui se déroulent avec une atmosphère et une rigueur rituelle très impressionnante.
Ne pas parler de l'atmosphère et de la mise en scène de Shigurui, ce serait un peu comme ne pas parler de la death note dans Death Note. Tout a été pensé pour créer une ambiance qui est à la fois lourde et pleine de tensions. Malsaine, et pourtant piquant la curiosité et la fascination au vif. Les dessins, les plans, la musique traditionnelle japonaise, tout est là pour vous plonger dans cette psychose qui durera seulement douze épisodes. Avec au sommet les combats, qui n'ont pas leur pareil, sauf erreur de ma part. Chaque combat débute à partir du moment où les deux adversaires se font face. Il s'en suit une période stratégique, de concentration et d'observation dans un suspens qui fait frissonner. La cerise sur le gâteau, c'est lorsque vous entendez les samouraï spectateurs commenter les postures qui sont prises. Cette première phase terminée, l'action se règle en quelques secondes. Du grand art. On est à l'antipode, par exemple, d'un Sengoku Basara, où le moindre combat prend des proportions gigantesques aux allures dantesques (ce sont deux styles différents !).
Soyez prudent en revanche, c'est un anime qui demande d'être particulièrement attentif. Les personnages parlent peu, tout comme le narrateur. Si vous manquez ces moments, bien vite vous n'y comprendrez plus rien. À regarder seul (de préférence), ou avec une(des) personne(s) triée(s) sur le volet, réputée(s) pour son(leur) silence !
En résumé, Shigurui est à mes yeux un incontournable, à condition de ne pas être effrayé à la vue du sang et des tripes. Non, pour voire plus loin ; à condition de ne pas être effrayé par les atmosphères sombres et malsaines.
Note :
Au Japon, cette série est interdite aux moins de 15 ans et est considérée comme une oeuvre ultra-violente où le sang coule à flot. La description anatomique des combats n'épargne aucune horreur au spectateur qui se retrouve confronté à une description où chaque blessure, transparaît dans un soucis du détail effrayant.