Ce n'est pas un cliché, en réalité, c'est l'exploitation d'un stéréotype bien connu des contes de fée : la figure de l'ogre. Sauf que tout est de travers, tout est décalé, c'est le foutoir pas possible ! Il y a plusieurs explications à cela :
il ne fait aucun doute que l'on perçoit Big Mom comme un ogre, son appétit est vorace est graphiquement c'est un personnage qui prend toujours de la place dans les cases ; elle est certes gigantesque mais c'est un personnage asphyxiant, volumineux, qui possède les caractéristiques de l'ogre : l'embonpoint, l'importance de la bouche et la proéminence des dents ; cette figure de l'ogre est doublée d'une couche "stéréotypée" de plus : celle du parrain mafieux ;
l'appétit de Big Mom est physique mais aussi symbolique : elle a faim de pouvoir et veut dévorer le monde entier ; dans cet arc, il s'agit du Germa 66. La rencontre entre les univers du conte de fée et de la mafia sont déjà très déroutants, et on ne peut pas parler de cliché concernant le personnage puisqu'elle réunit trois univers bien distincts, bien référencés (piraterie, conte de fée et mafia), ce qui en fait un personnage unique et vraiment réussi.
toutefois, la question est celle du sauvetage : est-il cliché ? La situation ne me semble pas clichée pour deux raisons : la première est l'absurdité de l'image l'ogre rassasié (Big Mom) qui tient dans ses mains une figure qui normalement devrait être plus puissante ou plus terrifiante (même s'il ne s'agit que de Brook, il incarne en quelque sorte la mort). Il y a un premier décalage que je trouve très drôle si on regarde les images indépendamment de l'histoire ; enfin, dans cette situation où le conte de fées est au centre des représentations, le sauvetage reprend justement un code bien connu : la répétition d'un schéma pour parvenir à un succès (le premier frère partità l'aventure mais revint bredouille, le deuxième frère idem mais le troisième frère réussit). C'est exactement la même chose, sauf qu'au lieu des trois frères, ce sont Chopper, Carrot et Nami.
En conclusion, je pense que cet arc est excellent, il décale sans cesse les références aux contes de fées et fait ressortir le caractère purement terrifiant de l'équipage de Big Mom : une famille mafieuse, qui ruine littéralement le conte de fée et le fait virer au cauchemar. L'équipage de Big Mom, c'est l'ogre qui a mangé le Petit Poucet, c'est le loup qui a dévoré le Petit Chaperon Rouge et la Mère-grand ; c'est Maléfice feat. la sorcière de Blanche-Neige !
Je fais juste une petite parenthèse : un cliché c'est littéralement une "image", tellement répétée qu'elle devenue usée, vidée de sa substance. Mais l'univers de One Piece dose généralement très bien les clichés : à partir d'une image a priori banale, et grâce au métissage des univers et à leur parodie, Oda crée des situations toujours universelles (on les comprend, et on a l'impression de les avoir déjà rencontrées), mais à partir de références saugrenues qui, mises ensemble, créent un univers décalé, inattendu et surtout unique. Impossible de parler de cliché, ici, pour moi.
Pour la relation entre l'arc de Big Mom et celui de de Water Seven, il y a de véritables parallèles à dresser, et tu les as bien résumés, je suis plutôt d'accord avec toi. En revanche, il y a aussi d'énormes différences ; en réalité, ce n'est pas un miroir, c'est un peu une sorte d'écho, mais avec tout de même de quoi être largement autonome. L'intrigue de One Piece fonctionne par écho et ça fait depuis le début que c'est comme ça, mais il ne faut pas imaginer que ce soit aussi simple que prévu, chaque arc est motivé par des intrigues complexes et non par une simple envie de créer une représentation en miroir.