Un départ plus qu’idéal
« Pour tout basketteur, le rêve c´est d´aller jouer en NBA. C´est là qu´il y a les meilleurs joueurs. En France, tu parles aux gamins, ils connaissent tous les mecs de la NBA, pas un seul de Pro A ». Il est venu, il a vu, il a vaincu. Après seulement deux saisons, Tony Parker à décroché le ciel, la lune et les étoiles. Cette fulgurante adaptation ne fût pourtant pas simple, devant le scepticisme de celui qui est maintenant son mentor sur le terrain, le MVP Tim Duncan, et les violents coups de gueule de son coach, l’ancien militaire et espion Gregg Popovich. Mais l’ancien pensionnaire de l’INSEP a tout de suite démontré qu’il avait du répondant. La force de caractère qui l’a amené là où il est désormais : en haut de l’affiche.
Tout commença il y deux saisons. Le 30 octobre 2001, Tony Parker devenait, à 19 ans et 166 jours, le plus jeune joueur à revêtir le maillot des San-Antonio Spurs, le plus jeune meneur titulaire de l’histoire de la NBA et accessoirement, le seul Français â être sélectionné à la fois pour le rookie game et à figurer dans les cinq meilleurs débutants. Une première année faste pour apprendre, même avec des défaites comme la sévère élimination par les Lakers en demi-finales de Conférence ( 4-1). Une première ligne de stats plus qu’encourageante : 9,2 points, 4,3 passes et 1,16 interception de moyenne.
Un exploit démoniaque !
La saison 2003 allait donc commencer avec un TP devenu chouchou du public texan et faisant déjà partie des meubles. Moins d’appréhension, moins de pression, le Français s’est affirmé en vrai dépositaire de la santé de son équipe : quand TP va, tout va. Quand il est en deçà, les Spurs coincent. En matière de statistiques, on aura connu des progressions plus impressionnantes d’une première saison à l’autre. Mais Tony Parker a lui en main les rênes d’une des plus grandes équipes NBA. Et c’est à 20 ans à peine qu’il les mènera au titre, l’année de la retraite de l’Admiral, David Robinson. San-Antonio finira premier de la saison régulière avant d’éliminer successivement Phoenix, les Lakers, Dallas puis New-Jersey en finale. Un exploit démoniaque, dantesque pour un petit Français débarqué de Pro A. Car s’il aura eu des hauts et des bas durant ces play-offs, TP aura su prendre feu aux bons moments, notamment contre les Lakers, qu’il terrassa à lui seul, marquant 29 points et inscrivant quatre tirs primés consécutifs ! Il terminera la saison régulière à 15,5 points et 5,3 passes, et finira deuxième marqueur des Spurs en finale avec 14 points de moyenne. Un talent fou, une maturité extraordinaire.
Cigare au bec, bague de champion au doigt, TP et sa clique pouvaient savourer et entonner le célèbre : « On est champions, on est champions… » Fidèle à lui-même, Tony sait qu’il n’est pas arrivé là tout seul : « Je dédie ce titre à toute ma famille, à tous mes coachs, à la France bien sûr et à tous ceux qui ont participé à mon évolution. C´est comme dans un rêve. Il y a deux ans, je regardais ça devant ma télé en France et maintenant je le tiens ( le trophée). Franchement, c´est un pur bonheur. » Un si grand exploit pour une joie tellement simple…
L’Euro 2003, première désillusion
La maturité de Tony Parker s’exprime notamment dans sa loyauté. Abdul-Wahad ou Moïso avaient auparavant boudé la sélection, préférant se consacrer à leurs franchises. TP, lui, sait ce qu’il doit aux instances nationales, plus particulièrement à l’INSEP, lieu béni qui l’a vu accomplir ses premiers exploits. « J´avais des contacts avec plusieurs clubs, et j´avais même déjà choisi de partir à Cholet. Après ma visite de l´INSEP, j´ai changé d´avis ». En 1998, il finira premier de N1 au classement par point, à l’évaluation aux interceptions, mais seulement septième aux passes décisives, lacune qu’il est train de combler avec classe cette année. En 2000, il sera sacré Champion d’Europe juniors avec l’équipe de France et élu MVP du tournoi. Première consécration pour celui qui disait vouloir jouer en NBA à l’âge de 10 ans. Mais la suite de ses aventures en bleu, avec les seniors cette fois, va s’avérer catastrophique, pour ce qu’on peut qualifier de plus grande désillusion de sa très jeune carrière. Une fois de plus cependant, Tony n’aura rien à se reprocher. Portant l’équipe sur ses épaules pour pallier la « démission » de certains, se battant jusqu’aux dernières secondes des matches, il ne pourra empêcher l’horrible élimination de l’équipe de France aux Championnat d’Europe en Suède et la non-qualification pour les JO qui en découlera.
Mais si les fautifs ont d’ores et déjà renoncé définitivement à la sélection, TP est prêt à en devenir le patron. Un patron de 21 ans !