Premier français à remporter le titre NBA, Tony Parker a été consacré lundi par le journal L’Equipe « Champion des champions français de l’année 2003 ». A seulement 21 ans, TP succède au palmarès à Carole Montillet. Le nouveau phénomène du sport français livre sa joie sur www.tonyparker.net.
Tony, vous avez été élu aujourd’hui par le journal L’Equipe « Champion des champions français de l’année 2003 ». Que représente pour vous cette distinction ?
C’est un honneur et ça me rend très fier de savoir que les journalistes de L’Equipe aient voté pour moi pour être le champion français de l’année. C’est d’autant plus flatteur que je joue aux Etats-Unis. C’est une très belle récompense. C’est vraiment gratifiant surtout que c’est la première fois qu’un basketteur reçoit cette récompense. Je suis fier de représenter le basket français. C’est de bon augure pour la suite.
Depuis votre titre NBA, vous avez pris une nouvelle dimension dans le paysage médiatique français. Comment vivez-vous votre nouveau statut ?
Très bien ! Cet été, quand je suis arrivé en France, je me suis rendu compte de ma popularité. J’y avais pensé plus d’une fois avant de poser les pieds sur le sol français mais tant que tu ne l’as pas vécu, tu ne sais pas trop à quoi t’attendre. Quand tu le vis en vrai, c’est incroyable. J’ai eu la confirmation à travers l’équipe de France et notre match à Bercy avec les Spurs que je n’étais plus perçu de la même manière. J’ai été étonné de voir que le public français suivait mon parcours aux Etats-Unis. Ça me donne envie de continuer à bien jouer pour que le public français puisse encore rêver.
Quel souvenir garderez-vous de cette finale face aux Nets ?
Ce sont pour moi des moment inoubliables. C’était vraiment génial. Je réalisais mon rêve de gosse. Je devenais champion NBA. Franchement, je vais avoir de belles images à montrer à mes enfants.
Cette finale était présentée comme un combat entre Jason Kidd et vous. Ce n’était pas déstabilisant ?
Non, au contraire. Ça m’a motivé encore plus de voir que les médias présentaient cette finale comme un duel entre le meilleur meneur de jeu du monde et moi. Finalement, cette situation m’a fait élever mon niveau. J’ai encore mieux joué que d’habitude.
« Gagner encore, gagner toujours plus de titres »
Malgré ce titre, Jason Kidd a failli signer aux Spurs durant l’été. Les négociations ont été entamées alors que vous étiez en vacances. Comment avez-vous vécu cette période ?
Je ne peux pas dire le contraire, c’était un peu difficile. Avec le titre, j’étais persuadé que les Spurs allaient me garder et qu’ils allaient faire de moi leur meneur indiscutable. Ça m’a fait un peu mal au début quand j’ai appris que Kidd était à San Antonio pour discuter. Finalement, ils ne l’ont pas pris. Tout s’est donc bien terminé.
Mais vous n’avez pas eu le sentiment d’être trahi par les Spurs après tout ce que vous aviez pu leur amener ?
Non, pas trop parce que les Spurs essaient chaque année de rendre l’équipe encore plus forte. J’arrive à comprendre la façon dont ils voient les choses. Mais moi, je n’étais pas trop chaud pour laisser ma place à Kidd.
A 21 ans, vous êtes déjà champion NBA. Que pouvez-vous espérer désormais ?
Gagner encore, gagner toujours plus de titres. Je ne vis que pour gagner. Et puis individuellement, je sais que je peux encore progresser. C’est d’ailleurs ce qui fait la force des grands joueurs de vouloir toujours progresser et d’être le plus complet possible.
« L’Euro, le plus gros échec de ma jeune carrière »
Il y a eu ce titre en juin mais vous avez connu une grosse désillusion avec l’équipe de France lors de l’Euro…
Ah, l’équipe de France… C’est vrai que c’était un mauvais passage. C’est pour l’instant le plus gros échec de ma jeune carrière. Je l’ai d’ailleurs toujours en travers de la gorge mais bon, maintenant que j’ai repris la saison avec les Spurs, je commence à oublier petit à petit. Mais cet échec me donne envie de revenir encore plus fort et d’accomplir quelque chose de grand avec cette équipe de France.
Pensez-vous être présent l’année prochaine pour les qualifications de l’Euro 2005 ?
Pour l’instant, non. J’ai plein de choses à faire, comme l’organisation de mon mariage. A mon avis, pour la première fois depuis très longtemps, je vais penser à moi. J’ai toujours mis l’équipe de France en premier pendant mes étés. Mais là, j’ai vraiment envie de faire d’autres choses, comme travailler mon jeu, mon tir, faire de la musculation. Ma quatrième année en NBA sera très importante parce qu’il s’agira de ma dernière année de contrat avec les Spurs. Je ne veux pas me louper.
2008, JO de Pékin, la France affronte les USA en finale. Rêve ou réalité ?
( Rires) Ça me fait sourire parce que j’y pense de temps en temps. Pour que ce rêve se réalise, il va falloir continuer à bien travailler ensemble. Bobo ( Boris Diaw) et Mike ( Mickaël Pietrus) jouent en NBA et si on arrive à avoir de bons intérieurs – comme Jérôme Moïso et Johan Petro -, je pense qu’on peut faire quelque chose de bien.