Ca grattait dans le placard. Maman ne voulait pas qu´on l´ouvre, mais ce soir-là, ca grattait encore plus que d´habitude. Je ne savais pas trop ce que c´était. Quand j´étais plus jeune, on m´avait dit que c´était le placard secret où on ne devait pas regarder. Mon oncle m´avait même dit qu´il y avait un animal velu... une sorte de marmotte me disait-il. Mais c´était une marmotte spéciale. Elle n´était pas comme une marmotte qu´on trouve dans les montagnes. Celle-ci devait être plutôt agressive vue l´instance avec laquelle elle grattait contre le placard.
J´allais avoir 15 ans et à 15 ans papa disait qu´on devenait un homme, qu´on pouvait prendre et des décisions et que j´allais pouvoir défendre ma petite soeur. Je voulais bien le croire mais ce quelque chose dans l´amoire me filait un sacré coup de froid dans le dos. Depuis tout jeune la famille a allimenté cette histoire... je ne savais pas vraiment si c´était des histoire. Mon voisin avait dit que c´était que des bobards pour que je puisse garder en tête que y´a des choses qu´on doit ignorer dans la vie et qu´il ne fallait pas se poser de questions. C´était facile à dire ça aussi.
Pourtant, ça grattait, encore, toujours avec plus d´insistance. Ca arrivait généralement au début du printemps un peu comme si ce qu´il y avait dans l´armoire ne demandait quà s´épanouïr avec les premiers rayons de soleil de l´extérieur. C´est bien connu, du moment qu´on nous interdit quelque chose, il faut forcément qu´un jour ou l´autre on outre-passe l´interdiction. Peut-être que c´était le but de cette interdiction. Il fallait peut-être attendre que je sois en âge d´aller jeter un coup d´oeil là où les mystères avaient tant pesé.
Il devait être deux ou trois heures du matin. La maison semblait endormie et la fenêtre de ma chambre était restée ouverte: je ne savais pas pourquoi d´ailleurs. Je me demandais même si ce truc dans le placard n´était pas seulement qu´ l´objet de mon imagination. Je m´étais peut-être inventé tout une histoire. Je me dirigeais alors vers le placard pour mettre un terme à cette affaire. Histoire ou pas, j´étais bien décidé à, soit tout découvrir, soit rien découvrir et arrêter avec ces histoires de gamin.
La porte du placard n´était pas vérouillée. Bizarre, j´avais essayé de l´ouvrir une fois, maman m´avait surpris et grondé. La porte était vérouillée à cette époque, mais cette fois-ci, elle ne l´était pas.
La porte grinçait un peu à l´ouverture et il y avait une petit lueur à l´intérieur du placard. On ne voyait pas grand chose. Il n´y avait pas l´air d´y avoir une marmotte ou un animal velu. Je ne voyais pas ce qui pouvait m´être interdit de voir. Il y avait une bougie: c´est ça qui éclairait l´intérieur du placard. Il y avait un peu d´air qui sortait, un air plutôt frais. Ca devait être ca qui faisait grincer la porte... c´est donc ça qui grattait ? Une porte un peu grinçante avec une bougie, c´est ça qui m´avait été défendu de voir ?
Un souffle plus fort fit s´éteindre la bougie. Je retourna jusqu´à ma chambre et pris ma lampe de poche pour mieux voir ce qu´il pouvait bien y avoir là-dedans...
À suivre...