Crossover
DINO CRISIS - RESIDENT EVIL
Survie entre deux mondes
Par x-1-alpha
Partie 1. « Edward City. »
CHAPITRE I : Poursuite infernale
Les deux hommes couraient à en perdre haleine en plein milieu de la rue dévastée pour fuir l’Albertosaure.
Le carnivore était à une vingtaine de mètres derrière eux mais entamait une dangeureuse diminution de la distance les séparant.
L’homme qui devançait le second de quelques enjambées remarqua la porte d’une boutique ouverte dans un bâtiment sur le trottoir de gauche. Sans s’arrêter, il se dirigea vers ce salut sans oublier de faire signe de la main à l’autre de le suivre.
Son coeur battait à deux cents à la seconde et il avait l’impression que sa poitrine imploserait d’ici quelques secondes. La seule idée de trébucher avant d’y arriver le terrifiait ; il entendait les pas lourds du chasseur qui se rapprochait inexorablement.
Il fit bien attention d’éviter de ne pas se prendre les pieds dans des cables éléctriques qui gisaient à même le sol, arriva sur le trottoir et s’engouffra dans l’édifice à travers la porte.
Deux secondes plus tard, l’autre homme entra à son tour au moins aussi essoufflé.
Ils allèrent aussi loin possible de l’entrée, se plaquant contre le mur de l’autre côté, à quelques mètres.
L’Albertosaure arriva lentement en grognant. C’était une bête imposante de la taille d’un Allosaure, peut être plus gros, mais sa texture écailleuse était beige et il était moins rapide. Une chance pour eux. Il tenta de passer sa gueule à travers le passage que les humains avaient emprunté, en vain. L’entrée était beaucoup trop étroite. Mais cela ne l’empêcha pas de repérer ses proies à l’autre bout de la pièce. Il poussa un rugissement assourdissant qui terrifia encore plus les deux survivants, les observa quelques instants puis, voyant qu’il lui était impossible de les débusquer, il s’en désintéressa assez rapidement.
L’animal commença ensuite à s’éloigner, probablement pas sans regrets.
Lorsque les pas lourds ne furent plus qu’une rumeur lointaine, la tension qui s’était emparée des humains s’apaisa.
Le plus âgé, celui qui avait couru devant, était affublé d’un uniforme d’éboueur très crasseux.
Une grosse tache d’hémoglobine sèche recouvrait son pan de pantalon gauche mais ce sang ne lui appartenait pas. Ce n’était que celui d’une femme qu’il avait tenté de secourir en désespoir de cause il y avait quelques mois.
Il examina l’endroit dans lequel ils se trouvaient. Un comptoir poussiéreux, des fauteuils rouges alignés le long d’un mur dont certains déchirés, et de nombreuses affiches sur les murs : « VISITEZ L’INDE » et autres « LA FRANCE, UN PAYS DE RÊVE »... Aucun doute, ils s’étaient réfugiés dans une agence de voyages. Il vit deux autres portes dans la pièce, l’une d’elles portait l’inscription : « ADMINISTRATION ».
L’homme jeta ensuite un regard vers son compagon qui portait une sacoche noire sur le dos. Ses fringues étaient rudimentaires et il avait plutôt l’air de se porter bien. Il devait être assez jeune.
- Eh, ça va ? ! demanda l’éboueur à l’autre d’une voix assez grâve.
Le gars était encore essoufflé le dévisagea en lançant un regard étonné, qui devint agressif.
- Quoi ? Vous... vous me demandez si ça va ? C’est tout ce que vous avez trouvé ? On vient de se faire poursuivre par un... un T-Rex et vous, tout ce que vous... ! dit-il d’une voix proche de l’hystérie lorsque l’éboueur leva la main d’un geste sec.
Ils tournèrent la tête vers la porte.
Quelque chose approchait. Des pas lourds retentissaient non loin d’ici.
Le plus jeune avala sa salive et murmura :
- Oh non, encore lui...
- Taisez-vous, dit l’autre.
L’éboueur prit le bras du jeune et le traîna jusque derrière le comptoir. Ils se baissèrent de sorte d’être moins visible par l’Albertosaure, ou autre créature inconnue qui arrivait.
Ils attendirent quelques instants et virent, comme ils s’y étaient attendus, le carnivore qui les avaient pris en chasse. L’animal passa devant la porte en marchant tranquillement mais ne s’arrêta pas.
Lorsqu’il se fut éloigné, le jeune dit :
- Ces enfoirés de lézards ne nous laisseront donc jamais en paix ? !
L’éboueur rigola.
- A votre avis ? ! Cette ville est une véritable aubaine pour eux. Ils ont de la nourriture à volonté et cette bouffe est on ne peut plus facile à attraper.
- Oui mais... pourquoi personne ne vient à notre aide ?
- J’en sais trop rien, et ce n’est plus mon problème...
- C’est le problème de tous les gens bloqués ici ! coupa le jeune d’un air dégoûté. Comment pouvez-vous penser que...
- Je pense ce que je veux... Monsieur ? !
- Drayton, Richard Drayton
- Entendu, appellez-moi Deke dit l’homme plus âgé.
Drayton soupira.
- Bon, qu’allons-nous faire à présent ?
L’éboueur secoua la tête le regard vide.
- Faites ce que vous voulez. Quant à moi je dois retrouver ma femme... En priorité.
- Depuis quand la recherchez-vous ?
- Je ne l’ai pas vue depuis une semaine...
Le jeune homme paru embarrassé.
- Oh... vous... vous parlez de l’attaque en périphérie ?
- Oui, elle même.
Il y avait eu une attaque massive de Raptors ce jour là, au sud de la ville en périphérie au moment où une importante réunion organisée par le maire ( qui était déjà le troisième depuis l’accident d’il y avait six ans) dans le but d’aborder le problème des guerres des gangs qui faisaient rage. Pas moins de deux cents personnes avaient été réunies en plein air et le discourt fut interrompu lorsque les carnivores débarquèrent sans prévenir. Il y eu de lourdes pertes humaines et aujourd’hui encore il était dangeureux d’approcher de cette zone en raison de la fréquence des attaques des Raptors. L’un des nombreux clans qui résidait là-bas tentait de tenir mais la situation ne devait pas être excellente pour eux. De plus, l’armée avait quitté la ville à la hâte pour s’établir dans les anciennes scieries situées à deux kilomètres en surplomb de la cité à feu et à sang. Ce qui faisait que l’armement était devenu très limité.
La femme de Deke s’était rendue sur les lieux lors de la réunion et il n’avait plus de nouvelles depuis. Ce qui l’obsédait par dessus tout. Elle était son seul raccrochement, sa seule vraie raison de vivre dans ce monde de terreur.
Ne pas savoir si elle vivait toujours ou non ne lui permettait pas de se décider de son avenir et il tenait à savoir la vérité, quitte à risquer sa vie plus qu’il ne le devait...
- Nous devrions rejoindre les autres maintenant, non ? demanda la voix peu assurée de Richard.
- Oui, s’il sont pas partis sans nous... ou bien s’ils ne sont pas tout simplement morts.
- Ca vous arrive d’être optimiste des fois ? dit le jeune d’un ton irrité.
- Seulement dans notre ancien monde, répliqua Deke en rigolant avant de se rendre vers la sortie.
L’éboueur fit quelques pas vers la sortie puis le jeune en fit autant... jusqu’à ce qu’un grognement guttural ne les fasse stopper. Il venait de très près d’ici et tous deux reconnurent sans mal l’animal.
- Un Ra... commença le jeune mais il n’eut pas le temps de finir qu’une masse verte-beige surgit de la rue et entra brusquement dans l’agence pour se jeter toutes griffes dehors sur Deke qui n’eut le temps de comprendre ce qui arrivait.
La victime poussa un cri avant que le monstre ne plonge ses dents dans la gorge de l’éboueur, le faisant taire à jamais. Drayton ne bougeait plus tandis que le sang continuait de gicler et que le Raptor arrachait férocement des lambeaux de chair fraîche.
Richard Drayton regardait la créature tueuse se rassasier de son camarade qu’il ne connaissait même pas. Il était mort à en juger par les morceaux de viande que le monstre déchiquetait avec avidité mais sans difficulté aucune.
Le Vélociraptor n’avait même pas détaché le moindre regard en direction de l’homme terrifié, celui-ci n’osant pas faire le moindre mouvement.
Ses yeux parcoururent d’une façon vive la pièce dans lequel il était. Le monstre occupé à dévorer Deke ( ou ce qu’il en restait, le dino ayant commencé à entamer la poitrine) ne le voyait pas ; c’était une chose, mais il interdisait tout passage car situé devant la porte menant dehors.
Il y avait cependant deux autre voies de sortie potentielles : une porte menant à l’administration et une seconde sans particularité. Il n’hésita pas et fonça vers le passage conduisant aux bureaux.
La porte dont la poignée était couverte de poussière s’ouvrit dans un grincement horrible digne des films d’horreur, il passa la porte, risqua un regard sur le dinosaure et la claqua derrière lui.
Dos plaqué contre la porte, il attendit. La bête l’avait vu se déplacer, c’était une certitude ; leurs regards s’étaient croisés au moment où il l’avait regardée.
Le monstre allait-il tenter d’entrer ? Si cela était le cas, ses chances d’en réchapper étaient nulles. La porte semblait aussi solide qu’une feuille de papier.
Quelques secondes passèrent. Rien. Il ne sentit aucun choc contre la porte, aucune griffe ne traversa le bois pour venir l’empaler.
Rassuré mais toujours aussi tremblant, il risqua quelques pas en avant tout en évitant soigneusement de marcher sur les bris de verre gisant sur le sol. Cela provenait de la lampe au néon fixée au plafond ; elle avait dû éclater.
Drayton se trouvait dans un petit couloir qui conduisait dans une pièce parsemée de quelques bureaux d’employés, séparés par des semi-cloisons.
Quelques pots contenaient des plantes jaunies ressemblant plus à des amas de feuilles mortes qu’autre chose.
L’endroit n’était pas saccagé, à part une ou deux chaises tombées sur le sol et des feuilles de dossiers dispersées un peu partout. L’administration n’avait pas dû être très fréquentée depuis la nuit de l’accident.
Il régnait ici une atmosphère pesante, étouffante. Les fenêtres étaient toute fermées et l’air n’avait probablement pas été renouvelé depuis des années.
Richard effectua une fouille minutieuse de la salle durant une dizaine de minutes mais ne découvrit rien de très utile. En fait il espérait, et surtout lui fallait, une arme mais à part quelques vieux stylos et lampes de bureaux, c’était peine perdue.
Cependant cette recherche lui permis de trouver une porte dans une arrière salle devant servir à l’archivage de vieux dossiers. Il y avait là un trou de petite taille creusé dans le mur par lequel entraient des liannes mais qui pourrissaient un mètre plus loin à cause du manque de luminosité au fur et à mesure qu’elles avaient progressé dans la pièce. Ce trou communiquait sur l’exterieur.
Le jeune homme ouvrit la porte et une brise légère vint l’accueillir. Ici, dans une petite allée, la végétation avait tenté de prendre possession de l’endroit. Il y avait du lierre sur le sol et les murs, recouvrant même ce qui avait tout l’air d’être un cadavre humain. Au delà, le passage débouchait sur un petit parc qui avait dû être très fréquenté par les enfants dans le passé à en juger par le nombre de balançoires, tourniquets et autres jeux de plein air qui s’y trouvaient. Mais combien d’enfants restait-il dans ce monde ?
L’homme avança dans l’allée pour avoir une meilleure vue de l’endroit. Il se souvenait être venu ici dans le temps, mais ce temps là remontait à il y a bien longtemps, une époque où on ne frémissait pas à la seule idée de sortir dehors.