Bon, alors voilà une fan fic que je suis en train d´écrire, sur le thème de RE. C´est bien la première fois que je m´essaye à le fan-fic, mais je ne suis pas à mon premier coups d´essai au niveau nouvelle... maintenant j´espère que ça plaira !
Mille-Visages
Adam et Eve
I.
J’ai toujours eu une vie calme. J’avais une maison dans le Massachusetts, dans un village près de Boston. Je crois m’en souvenir. Ce dont je suis sûre, c’est que je m’étais passionnée en histoire. Mon enfance avait été bercée dans les contes et les légendes de la Nouvelle-Angleterre. Des histoires de sorcières, avec de terrifiants monstres. Finalement, j’aurais peut-être mieux fait d’y croire.
Mieux valait tard que jamais. Quand je me suis réveillée dans ce laboratoire, j’avoues que je fus tout d’abords déboussolée. J’avais du mal à me souvenir de qui j’étais exactement. Ce n’est revenu que par bribes, lentement. Ma maison, mon doctorat reçu au Miskatonic. Je ne me rendais pas encore compte de ce qui m’entourait. Ce n’est que lorsque j’eus retrouvé la mémoire que le décor autour de moi sembla s’éclaircir. D’abords la table d’opération où j’étais allongée. Puis la salle en elle-même. Un homme était couché au pied de la table, un médecin très probablement. Quelque chose me disait que cet homme était mort, mais la raison, qui m’était si chère, me poussa à retourner son corps. Je poussais un cri à la vue de ce visage blême, des yeux révulsés, de sa chair tirée sur sa peau comme si toute son eau s’était brusquement évaporée. Je ne cédais que rarement à la panique, mais il me fallut une dizaine de minutes pour reprendre mes esprits. Le choc fut atténué lors de la découverte des deux autres corps, un infirmier et un homme de la sécurité. Ils éveillèrent, au contraire, un intérêt tout scientifique. Le premier portait les mêmes symptômes que le médecin, il n’avait pas de blessures particulières. Le garde, lui, avait été roué de coups. Son bras droit suivait un angle étrange. Il était couché sur le ventre, mais je n’eus pas le courage de le retourner. La flaque de sang qui l’entourait m’en dissuada, comme la vue rapide de son visage, caché sous sa casquette. Quelqu’un lui avait défoncé le crâne.
Un instinct de survie me poussa à lui prendre son arme – dont il n’aurait sans doute plus besoin – et à sortir. Je n’aurais pas pu rester en compagnie des trois cadavres, et décidais donc de découvrir le reste du laboratoire. Le couloir respirait l’ambiance apocalyptique. Il avait dû être le témoin de longues et sanglantes luttes. Le sang avait jailli sur les murs et laissé des empreintes funestes d’un spectacle qui l’était tout autant. Sous la lumière blafarde des sirènes d’alerte, un détail m’échappa au premier abord. Pourtant, en remontant le long corridor, je dus me rendre à une conclusion non moins étonnante que l’analyse des cadavres : il n’y avait aucun corps ici. Si il y avait eu de terribles combats, il aurait dû rester des preuves de ces évènements violents. Je ne me plaignais pas de ne pas avoir encore rencontrer de charnier, mais il fallait se rendre à l’évidence, ceci était bizarre.
Il y avait une sorte de hall d’accueil. Peut-être un standard pour l’aile du bâtiment où je me trouvais. Derrière le guichet, l’ordinateur ne marchait malheureusement pas, mais il y avait un plan des lieux. Je me trouvais donc dans un centre de recherche. J’avais espérer que cela ne fut qu’un hôpital, tant pis.
Un bruit sinistre me fit sursauter alors. Dans la pénombre des couloirs, je ne vis qu’une silhouette, titubant doucement, sans rien dire. Cet homme était certainement blessé. « Qui êtes-vous ? Vous êtes blessé ? » fis-je. Aucune réponse. L’homme avançait toujours, d’un pas lent et imprécis. Il atteignit bientôt un trait de lumière et je pus le contempler dans toute son horreur.
Son visage présentait des dizaines de morsures qui s’étaient infectées, et suintaient de liquides blancs dégoûtants. Ses yeux étaient dénués d’expression. Je déglutis avec peine et serrais le revolver dans mes mains. Je levais l’arme et visais l’être qui s’approchait.
« Attends ! »
II.
Le zombi avait maintenant disparu, il s’était engouffré dans un couloir ténébreux. Le jeune homme qui m’avait interpellé était assis sur le guichet de l’accueil, et me regardait avec un sourire. Son visage m’était étrangement familier. Je repensais aux premiers mots que nous avions échangé…
« Attends ! cela ne sert à rien, il est incapable de te faire du mal, avait-il dit.
- Pardon ? c-comment ça ? bafouillais-je.
- Il est inoffensif, il va faire le tour et partir je ne sais où. Ne t’inquiète pas. Tu es Mary Sullivan, c’est cela ?
- Comment sais-tu ? qui es-tu ? demandais-je, perdu entre la satisfaction de parler à un être humain et le malaise que celui-ci produisait en moi.
- Je le sais… ici, c’est un peu mon domaine. J’y suis né tu sais ? Mais n’aies crainte, je ne te veux pas de mal. Je veux t’aider au contraire. Je sais que tu n’as aucun souvenir d’avant, à part ceux qu’ils t’ont mis dans le crâne, mais cela va changer. Nous allons reprendre ce qui nous appartient de droit !
Je le regardais sans comprendre ce qu’il disait. Ses yeux pétillaient de vitalité, et de quelque chose de bien plus malsain. Il me sourit une dernière fois, et disparut dans un couloir sans que je puisse l’en empêcher. Le seul être humain et je venais de le perdre. Je courus dans le corridor où il s’était enfoncé avec une rapidité étonnante sans pouvoir le rattraper.
Je décidais donc de trouver un moyen de m’enfuir de ce lieu. A force de tourner, je finis par trouver une baie vitrée qui donnait sur un jardin. Je me glissais hors d’une ombre pour m’appuyer contre la vitre et regarder à la lueur de la lune la végétation qui avait poussée en tout sens. C’était peut-être là ma seule chance de m’enfuir, je décidais donc de la saisir. Ne voulant aller plus loin, je cassais à l’aide de mon arme la vitre, et la franchissais d’un pas. C’est alors que me vinrent ces maux de tête. D’un coups, je me retrouvais à genoux, ma tête traversée d’éclairs de douleurs incroyables. Je ne pouvais avancer. J’hurlais sans entendre le moindre son, à part des cris qui semblaient venir de l’extérieur. La douleur était intolérable. Lorsque enfin elle quitta mon cerveau, je me rendis compte que j’étais allongé au milieu des feuillages, la vitre que je venais de briser devant moi. Je me relevais et jugeais préférable de rester dans le bâtiment. J’avais le sentiment qu’il ne fallait pas rester dans le jardin.
J’entendis un bruit venir d’une salle. Un bruit rapide, comme un bruissement léger. Je fis quelque pas. Mes doigts serraient maladroitement l’arme du garde, j’avançais, mal assurée. Je n’étais pas sûre de la démarche à suivre. Il doit y avoir une règle stipulant que l’être humain est, par principe, attiré par les bruits inquiétants à l’origine douteuse, et comme je n’y dérogeais pas, je préférais mourir maintenant, que fuir.
III.
Je poussais doucement la porte. Non que l’ouvrir à la volée eut changé la situation, mais mon rythme cardiaque ne l’aurait certainement pas supporter. Je sentais mon sang taper dans mes tempes comme une foule marchant au pas. Ma main tremblait sur la clenche. La porte s’ouvrit avec une lenteur calculée. Mes yeux fouillèrent dans les ténèbres à la recherche de la source du bruit. J’avançais prudemment. La salle représentait un petit laboratoire. Les néons clignotaient frénétiquement, et s’éteignaient de façon aléatoire. Les bureaux étaient recouvert de débris de verre qui miroitaient sous la lumière chaotique. Un pas après l’autre, je me frayais un passage au milieu des restes de ballons et de tubes qui gisaient au sol. Une légère griffure de verre attira mon attention. Cela venait d’un coin plongé dans les ombres de la pièce. Les ombres battaient à l’unisson comme un cœur, j’approchais, je retenais mon souffle, comme si il pouvait se trouver derrière des quelques meubles encore debout l’horreur qu’en moi-même je n’aurais jamais pu voir.
Je n’y trouvais qu’un homme, tremblant en position fœtale. Je rangeais mon arme et glissais vers lui. Il ne m’avait pas remarqué, murmurant pour lui, les yeux fermés comme si il refusait de voir quelque chose. Je posais ma main sur son épaule, et dit : « Ca va aller monsieur ? » L’homme recula d’un bond en m’apercevant. Il tenta de s’enfuire à quatre pattes, mais je le rattrapais aisément. « Attendez, ne vous inquiétez pas ! fis-je en essayant de le maîtriser.
- Lâchez-moi ! Lâchez-moi espèce de monstre ! » s’écria-t-il en s’étouffant. Je le lâchais soudainement, et il sortit de je ne sais où une arme, qu’il braqua sur moi. « Espèce de monstre, reprit-il, espèce de monstre ! Je sais ce que vous êtes réellement ! Ne bougez pas !
- De quoi parlez-vous ? Vous savez qui je suis ? demandais-je, en y comprenant plus rien.
- Taisez-vous ! Taisez-vous ! hurla l’homme. Il tremblait comme une feuille. Il balbutiait des phrases incohérentes dans un désespoir le plus total avant de se remettre à crier de façon hystérique. Et il était armé, donc dangereux.
- Calmez-vous… dis-je doucement.
- C’est trop tard… Trop tard ! Je leur avais dis ! C’était de la folie ! J’ai tout essayé ! Mais ils ont cru qu’ils seraient plus malin que Marcus… plus malin que ces enfants de malheur…
- De quoi parlez-vous ?
- J’ai vu ce que vous avez fait… Dans le jardin… Aux zombis… Je sais ce que vous êtes…
- Alors que suis-je ? lui fis-je en le regardant droit dans les yeux. Il n’arriva pas à le soutenir.
- Vous êtes… Vous êtes… »
Sa main se serra sur l’arme. Une balle partit et s’enfonça dans le mur au fond de la pièce. Il était pris de secousses. Il déglutit avec difficulté, et lâcha un « Vous ! » plein de haine et de dégoût. Ses yeux s’écarquillèrent comme si il venait de comprendre quelque chose qui restait hors de ma porter. Du sang perla aux bords de ses lèvres. Puis roulèrent sur ses joues des larmes de sang. Il se mit à pleurer comme un martyr biblique et des larmes de sang s’écrasèrent au sol. Je ne comprenais pas ce qu’il lui arrivait. « Pas moi… Mon dieu non, pas moi murmurait-il entre ses sanglots. » Il leva une dernière fois son arme, et posa le canon sur sa tempe.
« Pas moi… »
Mon cri se mêla au bruit de la détonation, et lorsque sa tête éclata, je me mis à vomir tout ce que je pus, sans pouvoir me contrôler.
IV.
« Elle est peut-être consciente ? On devrait l’aider ! »
J’ai senti une main tomber sur mon épaule. Un sauveur. Une grande silhouette indistincte, qui m’aida à me relever. J’étais confuse, je ne savais pas très bien ce que je faisais. Un verre d’eau… je crois qu’on me tend un verre d’eau. Un visage amical au bout du bras qui tient le verre. « Vous êtes en sécurité, mademoiselle. »
Je regarde longuement les deux hommes devant moi. L’un dit s’appeler William Edickson, un chercheur ici. Il est plutôt petit, de ce type de personne que l’on s’attend à voir jouer avec des éprouvettes et des tableaux de chiffres. L’autre prétend se nommer Shepard, agent de la sécurité, et fait parti de ces hommes dont le passé a marqué leur visages au burin. Ils tentent eux aussi de se sauver, m’ont-ils dis. Je sens que quelque chose ne va pas, mais ils m’ont vraiment aidé, et je pense que je peux leur accorder ma confiance. « Que s’est-il passé ici ? demandais-je, une fois remise de mes émotions.
- En fait, on en sait trop rien, répondit William. Tout est arrivé si vite… D’abords la panne d’électricité. Dans tout le bâtiment… je suppose qu’il a…
- Un incident technique l’interrompit Shepard, en le fustigeant de son regard martial. C’est parti de presque rien, et voilà l’ampleur que ça a prit. Toutes les merdes qui étaient gardés ici se sont libérés d’un seul coups. Et les portes coupes-feu se sont fermées mystérieusement.
- Les merdes, repris-je, les zombis ?
- Les humanoïdes mutés dirons-nous, précisa William. Nous ne sommes pas dans le folklore vaudou !
- Quoique ce soit, c’est la merde ! trancha Shepard. Faut qu’on essaye de se sortir d’ici. Et vite.
- Très vite, murmura William en posant ses yeux sur un détail. » Je suivais son regard. Il s’était fixé sur la blessure qui couvrait l’épaule de Shepard, et qui mouillait de sang sa chemise bleue. « Vous avez été blessé ! m’étonnais-je.
- Ouais, remarqua ce dernier. Et c’est plutôt douloureux. »
William reprit en bégayant son récit. La panne d’électricité, les sorties qui se bouclent soudainement. « J’ai vu… dit-il avec difficulté, j’ai vu mes collègues, de l’autre côté de la porte, être dévorés par… par des créatures qu’on aurait cru impossible… les mutations se sont produises en si peu de temps.
- Il n’était pas dans les labos, expliqua Shepard. Il devait encore vérifier le système de sécurité des installations du centre. Quand les portes se sont fermées, il a été enfermé à l’extérieur. Un coups de chance. »
Cette remarque fut accueilli par William avec un juron d’une étonnante vulgarité.
« Quelles étaient les recherches menées dans ces labos ? demandais-je. William et Shepard se regardèrent.
- Les recherches étaient purement pharmaceutiques ! dit William en se pressant.
- Alors qu’est-ce que je fais là ? Je ne suis pas d’ici, je ne sais même pas où l’on est ! A qui appartient ce complexe ?
- Vous êtes dans les Alpes autrichiennes, et ce complexe appartient à Umbrella, lâcha Shepard. Quand à votre présence, j’en ai aucune idée ! »
Ne pouvant tirer plus d’informations aux deux compères, je décidais de les questionner sur leurs plans. Ils comptaient passer par les sous-terrains pour rejoindre l’extérieur.
Les sous-terrains.
Cette idées me parut instantanément stupide.
La suite viendra plus tard. J´essaye de garder le rythme pour fournir les chapitres suivants assez rapidement !
En attendant, dites-moi vos critiques, c´est toujours bon à savoir !
Mille-Visages
V.
L’idée me semblait stupide parce que, finalement, le pire était peut-être d’aller à l’aveuglette dans un lieu humide et froid. Et c’était ce que nous faisions. L’endroit est préservé dans une sorte de propreté crasse, tout ayant été fait pour observer des consignes d’hygiène vainement. Il menait à des égouts sous les laboratoires. L’eau ondulait lentement, sous l’éclairage blanc laiteux des néons qui marchaient encore, et recelait de miroitements oniriques. J’étais complètement hypnotisée par l’onde qui brillait calmement. Shepard me secoua sans ménagement et m’invita d’un grognement à le suivre. Il s’engageait sur une corniche qui longeait le courant nauséabonde. J’avais d’étranges sensations. L’eau semblait être un écran qui cachait quelques secrets en son sein. Des ombres se déplaçaient aux limites de mes perceptions, et fuyaient dès que je tentais de les éclaircir à la lumière de la raison. Je tus mes doutes, toutes fois, et emboîtais le pas à William sur l’étroit passage.
Shepard nous avait fourni une lampe torche chacun. Il m’avait expliqué comment me servir de mon arme. Je n’aurais en effet jamais pensé à lever le cran de sécurité… C’est lui qui ouvre la marche. Il doit connaître les lieux. Avec une assurance inquiétante, il s’avance dans les ténèbres des sous-terrains. Plusieurs fois nous nous arrêtons pour l’oreille à un bruit qu’aurait entendu William. Il n’y a que le bruit de l’eau qui se répercute sur les murs du tunnel. William insiste à chaque fois pour attendre, pour écouter. Il est sûr qu’il vient de derrière nous, ce bruit.
Finalement, Shepard instaure une pause. Il y a un poste, une sorte de bureau où je ne sais quoi qu’il fouille et qu’il déclare être sans danger. Nous nous y reposons donc. Un silence de plomb s’installe alors. Je regarde William : « D’où venez-vous ? Je suis sûr que je vous ai déjà vu ! demandais-je, histoire de parler un peu.
- Oui, j’y ai habité quelques temps, répond lentement William après avoir jeté un regard à Shepard. Mais ce n’est pas très intéressant. J’ai fait mes études et je suis venu ici, c’est tout…
- Et vous, Shepard ?
- Y’a rien à raconter, j’suis né à Chicago, j’y ai grandi, je me suis fait renvoyé de mon bahut et j’ai atterri dans la police, là où on est pas trop regardant sur vos diplômes. Finalement, je vais mourir ici.
- Pourquoi dites-vous cela ? On a encore des chances de s’en sortir !
- Ce que vous ne comprenez pas, fillette, c’est que cette blessure, là, c’est mon arrêt de mort. Ca me bouffe de l’intérieur, vous savez ça ? c’est leur virus qui…
- Shepard ! tente de l’interrompre William.
- Quoi ? De toutes façons, je vais crever, alors fais-moi un procès ! Leur saloperie de virus, qui se fait des nouilles dans mes entrailles. Quand il aura fini, j’serais comme ceux qui titubent dans les couloirs, un corps sans volonté, qui dévorera de la chair humaine et finira peut-être dévorer par les autres. C’est ça qui m’attend. Je n’ai pas de famille, vous voyez ? Quand je serais mort, il n’y aura personne pour pleurer, personne pour savoir qui j’ai été et ce que fut mon parcours. Ca sera comme si je n’avais jamais existé.
- On pourrait trouver un vaccin, avançais-je.
- Le vaccin ? je sais où il est le vaccin, mais on peut pas le prendre.
- Le vaccin se trouve dans le centre d’incubation, dans le complexe central, explique William. Il s’est verrouillé automatiquement lors de la coupure d’électricité.
- On pourrait trouver un moyen d’y accéder, non ? insistais-je. » William et Shepard se regardèrent longuement, se dévisagèrent dans ce qui semblait être un duel entre les deux.
Alors que Shepard ouvrait la bouche, je fus prise de convulsions. Le mal de tête reprit de plus bel, me transperçant le cerveau. Un rugissement se fit entendre dans les égoûts, et Shepard sortit fusil au poing. Je titubais à sa suite, malgré les avertissements de William. Une créature émergea des profondeurs de l’eau et surplomba Shepard. Ce dernier plongea à couvert, et envoya une première décharge en direction du monstre, qui ne sembla pas moins puissant. Je tombais à genoux. La créature avait des airs humains, malgré une taille contre nature. Shepard fit feu encore et encore. Ce déferlement de chevrotines et le bruit qu’il fit me fendirent le crâne en deux. Je n’en pouvais plus. Je tentais vainement de me lever, mais glissais encore. J’entendis Shepard crier mon nom avant d’être fauché par un bras du monstre. Et je tombais dans l’eau glacial.
Hum... j´ai lu le début et c´est très bien, mais franchement je doute que cela soit ton premier essai ( peut etre en fic, mais pas en ecriture)
Oui, simplement en fan-fic. Mais j´écris beaucoup autrement. C´est tout simplement une sorte de défi pour moi : m´imposer un thème dès le départ... woâlà
Mille-Visages
VI.
« Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Je ne sais pas. J’ai été assommé par cette horreur. William ?
- Je crois que… Je me suis évanoui… »
Shepard eut un sourire qui en disait long sur ses pensées. Nous n’étions plus dans les égouts des sous-terrains. Autour de moi, c’était un simple bureau, où ils m’avaient allongé. « Nous vous avons retrouvé dans l’eau, vous flottiez tranquillement, fit William. Vous avez eu beaucoup de chance de vous en sortir !
- Où sommes-nous maintenant ?
- Shepard a jugé plus judicieux de remonter. La créature doit rôder encore dans les égouts. Le mieux c’est de trouver ici un moyen de s’en sortir.
- Qu’est-ce que c’était au juste ce truc ?
- Eh bien, il s’agit d’un…
- C’est un Tyrant, acheva Shepard. Allez, William, dites-lui ce qu’est un Tyrant.
- Euh… en fait, bégaya William en me regardant.
- Nous avons eu de la chance, cette saloperie n’est pas la pire du bestiaire. Si je vous disais qu’ils ont créé des monstres bien pire à celui-là, vous ne me croiriez pas. Et pourtant. Plus rapide, plus intelligent, plus fort, voilà ce qu’ils cherchaient. »
A mesure que Shepard parlait, je sentis les larmes monter. Je réprimais difficilement un sanglot. « Pourquoi ? Comment allons-nous faire pour sortir d’ici ? ». Shepard soupira, William détourna le regard. « Ca va aller, murmura Shepard, je trouverai une solution. ».J’avais une idée. Je levais la tête et les regardais tout les deux : « On va aux centre d’incubations. On trouvera peut-être le vaccin. C’est la seule chose à faire. Au mieux, on l’aura, on sera immunisé, on pourra peut-être contrer toutes les bêtes qui surgissent des profondeurs de ces lieux. Au pire, on meurt, et on sombre dans l’oubli, puisqu’il n’y aura que ça ici. » William et Shepard montrèrent quelques doutes. Je savais que Shepard ne dirait pas non, et en effet, il se montra plutôt motivé. William dut se motiver par défaut.
« La première partie du complexe est disposée en pentagone. Au centre se trouvent les jardins. C’est cette aile que nous avons quitté. L’aile suivante est aussi constituée en pentagone. Au centre se trouve les labos que nous cherchons. Vous m’avez bien compris ? » Je remuais la tête en signe pour signaler que ma compréhension des schémas abstraits s’était occupé de me traduire les gestes métaphoriques de Shepard. En gros, il nous suffisait de franchir le premier sas de sécurité pour rejoindre l’aile est, puis trouver sur le tas une solution pour infiltrer le contre. Facile.
Nous nous mîmes alors en route.
VII.
Les couloirs n’étaient éclairés que par les lumières chaotiques des sirènes d’alarmes, qui formaient des ombres taillées à la serpe sur les débris qui traînaient dans les couloirs. William n’était pas rassuré. Il ne cessait de pester, d’insister sur le fait que cette idée était née de rien et qu’elle n’avait aucun sens. Nous nous jetions dans la gueule du loup selon lui. Shepard ne l’écoutait pas plus que cela, et continuait sans faillir son chemin. Il était de plus en plus pâle, toussait sans pouvoir s’arrêter. Lorsque nos regards se croisaient, il souriait en faisant comme si de rien, mais nous savions tout trois que la progression du virus dans ses veines ne faiblissait pas.
L’endroit était plus sinistre encore que je ne l’aurais cru. Des bruits étouffés nous parvenaient parfois, de source inconnue. Le fait que nous ne trouvions aucun cadavre avait aussi son impact sur nos nerfs. La vue d’un corps froid ne m’aurait pas rassuré autre mesure, mais la question qui se posait était « où peuvent-ils bien être ? ». Je doutais sincèrement que tous les scientifiques s’en soient sortis.
J’avais un mauvais sentiment, une impression qui me rongeait de l’intérieur. Nous étions arrivés devant un grand sas, éclaboussé de sang. William s’avança vers le boîtier, et commença à le dévisser. Shepard s’agenouilla à côté de lui. « Vous en avez pour combien de temps ?
- Je ne sais pas, je ne suis mécanicien moi ! on aura dû trouver une sortie plutôt que de revenir ici !
- On en a déjà parlé, fis-je. On reste, on trouve le vaccin, et on s’enfuit, c’est le mieux à faire.
- On se fera tuer avant, murmura William. »
Shepard se tut, puis sortit son arme de son holster et pointa le crâne de William. « Si vous savez quelque chose, il est temps d’en faire partager l’équipe, compris ?
- Les expériences faites dans l’autre labos étaient tenues secrètes, je vous jure ! » dit William entre ses dents, tremblant comme une feuille. Je regardais Shepard. « Mais qu’est-ce qu’il vous arrive ?
- Ce type-là a travaillé sur leur projet, il doit savoir de quoi il s’agit, murmura ce dernier avec dans la voix des intonations malveillantes. Il nous cache un truc pour sauver sa petite vie misérable. Ces mecs n’hésiteront pas à sacrifier n’importe quelle vie pour arriver à leur fin. La mienne ou même… la votre, Mary. »
Je regardais William, tremblant et sanglotant à moitié, penché sur le boîtier du sas dans une position misérable. « Shepard calmez-vous. Nous avons besoin de lui. – Je m’approchais du soldat – vous n’avez pas à le tuer. Prouvez-nous que vous avez encore assez de dignité pour fuir ce jeu de massacre. Si nous commençons à nous battre entre nous, nous sommes perdus. »
Le regard de Shepard exprimait sa confusion et sa détresse. Il s’en retourna et alla s’asseoir à l’écart. William reprit le piratage du sas, mais avec des gestes devenus frénétiques.
Alors que je décidais de m’avancer un peu dans les ombres, histoire de faire le guet, je fus prise d’un malaise soudain. Une douleur comme si plusieurs créatures sautaient dans mon crâne. Une douleur étrange, déconcertante. Je levais les yeux. Plusieurs silhouettes venaient d’apparaître, titubant dans notre direction. Je me retournais vers Shepard, qui se mit à tousser sans pouvoir s’arrêter. William hurla. Je me retournais vers les zombies qui avançaient lentement dans notre direction. Même avec la puissance de feu de Shepard, seule, je ne pouvais espérer les arrêter. Je regardais les différents êtres, et me concentrais sur la douleur qui battaient encore dans mon cerveau. Elle allait en s’amplifiant alors que les zombies prenaient du terrain. Je fermais les yeux et les visualisais. J’avais l’impression comme si un lien nous unissait, comme si ils étaient en mesure de réagir à mes pensées. Je formulais l’ordre de partir, de se détourner de nous.
Quelqu’un toussa derrière moi. Shepard venait de se relever. Lorsque je me retournais les zombies avaient disparus…