A lire cet article de l´excellent site web ( dont je fais parti héhé) http://www.vinceremu.com
« On s’est vite remis en question »
Nisa Saveljic, le défenseur central du Sporting Club de Bastia, apporte cette année son expérience et sa rigueur à la jeune arrière-garde bastiaise. Après ses trois premiers mois sur l’île, le monténégrin a accepté de tirer un premier bilan pour les lecteurs de Vinceremu. Dans la première partie de notre entretien, Nino revient en détail sur les circonstances mouvementées de son transfert et ses premiers pas sous le maillot bleu.
Revenons en préambule à cet entretien sur les circonstances de ton arrivée à Bastia. A quand remontent les premiers contacts avec le club corse ?
La première personne qui m’a parlé du Sporting, c’est mon très bon ami Lilian Laslandes, il y a pas mal de temps déjà. Mais comme je jouais à Sochaux j’y ai pas vraiment prêté attention, ca se passait bien à ce moment là et j’étais concentré sur notre parcours en championnat. Et puis je ne savais pas vraiment quelles étaient les intentions du club. Mais quand au bout de deux mois de négociations sans résultat à Sochaux le club m’a laissé libre, la voie était libre pour signer à Bastia, d’autant que Gili et les dirigeants tenaient à ce que je signe le plus vite possible. J’étais aussi contacté par des clubs anglais, mais les discussions sont toujours très longues avec eux, et je trouvais les ambitions du SCB séduisantes.
Qu’est ce qui c’est passé avec Sochaux pour que tu en viennes à quitter le club alors que l’équipe avait des résultats, qu’il y avait l’UEFA en ligne de mire et qu’un groupe prometteur semblait s’être formé ?
Si j’ai quitté Sochaux, ce n’est pas par rapport au groupe, ni au staff technique à qui je n’ai aucun reproche à faire, ni même par rapport à Jean-Claude Plessis, le président du club, mais les négociations se sont trop mal déroulées pour que je puisse faire comme si de rien n’était. Le club voulait prolonger mon contrat d’un an, mais certaines personnes dans l’équipe dirigeante, au premier rang desquelles Bernard Genghini, s’y sont opposées, estimant que j’avais 33 ans et que c’était risqué de me faire confiance. Les discussions ont été vraiment pénibles. Et pour moi, c’était un manquement intolérable à la parole donnée en début de saison. Et çà, pour moi y a rien de pire. Malgré tout, j’ai hésité, parce qu’il y avait beaucoup de raisons qui me retenaient, Guy Lacombe, avec qui le courant passait très bien, le président, les supporters, mais une fois que je m’était dit « je pars », c’était définitif dans ma tête. J’ai quitté un groupe ambitieux et plein d’avenir, mais Bastia, c’est un nouveau challenge.
Tu es le premier joueur avec qui le Sporting a eu des contacts avancés. Tu n’as pas été inquiet de voir l’état de l’effectif lors de la reprise, au point même d’en arriver à te demander si tu avais fait le bon choix ?
C’est sûr, c’était un peu difficile, mais pour un club comme Bastia, et c’était pareil à Sochaux, il est d’abord nécessaire de vendre des joueurs dont la cote est élevée avant de procéder à la moindre acquisition. Cette année c’était Essien. C’est pas aisé à gérer. Le plus difficile c’est pour les dirigeants, qui font un maximum, et çà on le savait, donc c’était rassurant. Malgré de bonnes performances chaque saison, le Sporting n’arrive pas à afficher des résultats réguliers, et c’est en grande partie à cause de çà. Si on change huit ou neuf joueurs chaque année, c’est presque impossible d’être opérationnels sur l’ensemble d’une saison, et les supporters doivent le comprendre, et se montrer patients.
Cette année, une fois de plus, c’est pareil...
Le plus compliqué, c’est de trouver les automatismes. Après un très bon départ à Paris, on a souffert à Furiani, sur une pelouse terrible en plus qui facilitait pas les rapports entre les joueurs et les lignes, qui, sans prendre en compte ce facteur, faisaient connaissance et avaient déjà du mal à se trouver. Mais grâce à l’état d’esprit exceptionnel qui anime ce groupe, on a réussi à se remettre en question, à s’interroger tous ensemble pour comprendre où était le problème. On savait qu’on avait du potentiel, mais on devait arriver à analyser ce qui nous empêchait de l’exprimer à plein.
Quels sont tes souvenirs de Furiani en tant que joueur adverse, avec Sochaux ou Bordeaux ?
De très très mauvais souvenirs. Jamais je gagnais. Que ce soit avec l’une ou l’autre des deux équipes, on savait qu’on repartirait bredouilles. Et puis Furiani, c’était quelque chose l’année dernière, parce que je jouais contre mon pote Lilian Laslandes, et que çà, c’est toujours un grand moment pour tous les deux !
Quel est ton bilan au bout de quelques mois sur l’île ? L’intégration s’est bien passée ?
J’ai l’impression d’être là depuis plus de trois ans ! Je me sens comme chez moi, les corses ont la même mentalité que les gens de chez moi, tout le monde se gare en double file, personne se prend la tête ( rires) ! La mentalité ressemble beaucoup à celle du Montenegro. Et puis c’est tellement beau.
En plus, je connaissais déjà Flo ( Maurice) et Cauet avant de venir, alors j’arrivais pas dans l’inconnu. Et je dois surtout remercier Nicolas Penneteau qui s’est vraiment occupé de moi, m’a fait visiter, m’a présenté plein de monde.
Ca c’est énorme comme avantage, parce que se sentir bien, ça permet de montrer plus vite ses qualités, et de manière générale cet état d’esprit rejaillit sur tout le groupe.
Est-ce que tu penses que physiquement vous étiez prêts à débuter la saison lors du coup d’envoi, au Parc des Princes ?
Bien sûr, la préparation était complète, mais ça ne fait pas tout. Il faut voir comment chaque joueur s’est préparé individuellement. Beaucoup ont rejoint le groupe sur le tard, parfois au dernier moment, et c’est pas facile de mettre tout le monde à niveau. Bernard Cauet, par exemple, ne jouait plus depuis plus de quatre mois, ce n’est pas facile pour lui. Après le match nul contre Paris ( 0-0), on a chuté au niveau forme physique, c’est vrai, mais le mental compte aussi énormément. Contre Metz, on ne va pas revenir sur l’état lamentable de la pelouse, mais franchement ça ne nous a pas aidé. Mais on est aussi passé collectivement à côté de la rencontre. Après la défaite à Monaco ( 0-2), on s’est réunis tous ensemble et on a discuté longuement de ce qui n’allait pas. A Toulouse, même si la qualité de jeu n’était pas extraordinaire, on a au moins fait preuve d’un état d’esprit irréprochable.
Entretien réalisé par sébastien
Mercredi 17 septembre 2003