Arrivé voici moins d’un an dans des conditions difficiles, l’international suisse se dit prêt à assumer de plus grandes responsabilités. Et pas seulement parce qu’il porte actuellement le brassard de capitaine
Fabio Celestini apprécie cette période de stages, qu’il avait manquée l’année dernière, pour les rapports humains qu’elle crée - Photo Bruno SOUILLARD CAPBRETON- A chaque début de saison, on s’attarde inévitablement sur les nouveaux venus, ceux qui excitent la curiosité et sont appelés à apporter un plus à l’équipe.
On en oublie parfois l’évolution naturelle de joueurs déjà en place.
Cette année, Fabio Celestini pourrait bien prendre une nouvelle dimension, et pas seulement en raison du brassard qu’il porte au bras.
" Sur le terrain, le capitanat ne change quasiment pas mon rôle et mon attitude. J’essaie simplement de parler davantage avant le match, dit-il. Frank Leboeuf est parti et il revient à chacun de prendre plus de responsabilités. Un seul leader n’est pas suffisant. Et l’exemple se donne par le comportement, pas seulement avec des mots."
Il faut croire que le comportement de Celestini a toujours inspiré le respect. Il portait le brassard de l’équipe nationale suisse des moins de 20 ans.
Il faisait partie des leaders de l’équipe de Lausanne à 22 ans. Il est devenu capitaine à Troyes au bout de quatre mois et endosse aujourd’hui la fonction à l’OM en l’absence de Manu Dos Santos.
" Je ne me force pas à être ainsi, reprend-il. Je me sens toujours des responsabilités. Mais je trouve quand même qu’à Marseille, tout est allé très vite. On m’a demandé beaucoup de choses alors que je souffrais physiquement et que c’était également dur mentalement. Dans ces conditions-là, on ne peut pas se permettre de consacrer beaucoup de temps aux autres. La saison dernière, il fallait surtout que je m’occupe de moi.
Le lien entre la Suisse et Marseille
" Je suis arrivé de Troyes à une semaine du début du championnat, quasiment sans préparation. Personne ne me connaissait. J’ai appris énormément mais je n’ai pas eu le temps de vraiment me lier avec mes coéquipiers. C’est pourquoi j’apprécie particulièrement ce mois de stages. C’est un plus."
A voir Fabio Celestini aussi à l’aise, on a du mal à se souvenir qu’il est olympien depuis moins d’un an...
" Eh oui, à peine onze mois, rappelle-t-il. Il faut parfois une saison aux nouveaux joueurs pour s’adapter à Marseille. Moi, ça s’est fait presque instantanément. Même si c’est difficile, je suis fier que l’on me considère comme un leader après si peu de temps."
Etonnant, pour un Suisse débarquant chez les Méditerranéens.
" Attention! rectifie-t-il. J’ai un passeport suisse mais ici, c’est comme si j’étais chez moi, en Italie. Ma famille est originaire de Pérouse et on parle tous italien à la maison. On aime faire la sieste, jouer aux boules... Le côté carré des Suisses me plaît aussi. Mais je me verrais très mal jouer en Allemagne par exemple."
Un Suisse, rigoureux, d’origine italienne...
N’y aurait-il pas un peu de Bertarelli dans ce Celestini?
Et si l’OM battait le Real Madrid?
" Ah! Marseille a une grosse cote chez nous, reprend-il au bond. Il faut reconnaître que la Coupe de l’America ici, ça aurait une autre gueule que dans les autres villes candidates. Le moteur, ça reste le foot. Et le lien, c’est peut-être un peu moi, même si personne ne m’a rien demandé. Pour le défi suisse, Marseille paraît être la solution la plus logique. Mais attention! Nous sommes un petit pays, avec quatre langues, une population issue en grande partie de l’immigration et donc une grande facilité d’adaptation."
Si Marseille a fait la Une des journaux suisses la semaine dernière, c’est surtout pour sa... défaite contre le Servette de Genève.
" Ça a été repris partout, explique Fabio. Pour eux, battre l’OM reste une performance, même en match amical. Ça amène des certitudes. C’est un peu comme si nous-mêmes, on jouait contre le Real Madrid et qu’on s’imposait 2-0. Sympa, non!
" De toute façon, tous les adversaires veulent nous battre, vous l’avez encore vu avec les Roumains de Craiova."
" Jouer avec Vachousek, c’est du pain bénit"
On a aussi vu un Celestini particulièrement à l’aise avec le dernier venu, Stepan Vachousek, pourtant en petite forme. " C’est du pain bénit d’évoluer avec lui!, s’exclame le capitaine. Son jeu est facilement lisible. Il me fait penser à Rothen. Je sais ce qu’il va faire à l’avance. Ça permet de ne pas courir inutilement et donc d’éviter de grosses pertes d’énergie comme la saison dernière. Les efforts à fournir sont moins importants et plus efficaces. Il joue simple et juste. Déjà, contre Montpellier, il y a eu des enchaînements incroyables."
Fabio est séduit. Et il attend aussi beaucoup d’un duo Drogba - Mido.
" L’an dernier, il était très difficile de varier le jeu, surtout quand Fernandao était blessé. On n’avait pas la possibilité de jouer long, explique-t-il.
" Il y a un match où nous avons adressé trente-deux centres sans aucune occasion à l’arrivée. Certains ne devaient pas être vraiment exploitables mais quand même! Il est important de faire valoir une présence dans le jeu aérien, une puissance physique devant le but, sur les coups de pied arrêtés...Ce devrait être le cas cette saison avec Drogba et Mido."
Peut-être les Olympiens parviendront-ils même à gommer un autre défaut constaté lors de l’exercice précédent: l’absence de prises de risques sur les frappes lointaines. " C’est vrai, admet le Suisse. Nous n’avons pas inscrit un but en dehors de la surface de réparation. On s’est entêtés à vouloir aller dans le but avec le ballon."
Avec de telles statistiques, l’OM n’en a pas moins terminé à la 3e place du championnat.
" On ne pouvait espérer mieux, c’était vraiment le maximum, reconnaît Fabio.
Cette année, il s’agira de viser encore plus haut et la Ligue des champions constituera aussi une vitrine extraordinaire... si on passe le tour préliminaire. Dans le cas contraire, il faudra se montrer ambitieux en Coupe de l’UEFA. Les challenges vont être nombreux et c’est excitant.
" Un OM en course pour des titres, ça devrait recommencer à faire peur."
Transferts : dossiers au point mort
CAPBRETON - A l’exception de la signature d’un contrat de 5 ans de l’attaquant international égyptien Mido, aujourd’hui au Caire, pour un montant de 6 millions d’euros annoncé par l’Ajax, pas de nouvelles sur le front des transactions olympiennes.
Le dossier Boumsong est au point mort, celui de Mexès en attente, comme les autres. Notamment celui de Pedretti pour lequel l’OM ne peut proposer mieux à Sochaux, dans l’immédiat, qu’un prêt avec promesse d’achat la saison prochaine. Et ce, même si le joueur a fait de Marseille sa priorité. Celle d’Alain Perrin et de Christophe Bouchet, bien entendu très intéressés par l’international doubiste, reste en revanche fixée sur un défenseur central. Et ensuite, un arrière latéral.
" Ça va bouger", rassure le président, qui veut se tenir à une fourchette de prix actuellement pratiquée par les autres clubs européens, hors buteurs patentés ( 3 millions d’euros de l’Inter pour Fadiga, 3,5 millions d’euros du Real pour Milito)...