ALBERTVILLE
Mercredi soir, sur la pelouse du stade olympique d’Albertville, Lamine Sakho fut sans conteste le Marseillais le plus dangereux. Une frappe stoppée in extremis par Roth, le gardien du Servette de Genève, une reprise contrée d’extrême justesse et, pour conclure, un but, le seul de son équipe, inscrit rageusement. Le bilan de l’attaquant était plutôt flatteur dans un ensemble encore à cours de forme.
" Et pourtant, j’ai, moi aussi, souffert physiquement", dit-il avec sourire. Pas question donc de se ménager, Sakho s’investit à fond dans cette première phase de préparation. " C’est nettement plus intense que la saison dernière". Il court, saute, tacle, frappe et transpire sans néanmoins savoir si son avenir est toujours à Marseille. Drôle de situation. Drôle de dilemme.
" Personnellement, je ne me pose aucune question. Pour l’instant, je ne pense qu’à être plus fort physiquement en travaillant, en respectant à la lettre le programme élaboré. Le mercato, et tout ce qui peut en découler, n’a pas à interférer sur la vie du groupe".
Sakho élude d’abord le sujet avant d’y revenir. " C’est vrai que plusieurs clubs français s’intéressent à moi. Mais je n’ai rien décidé. Nous sommes d’ailleurs quelques-uns dans le même cas.
" Une chose est sûre, si je reste, je vais tout faire pour être le plus performant possible, le plus percutant aussi.
" Je travaille pour être plus méchant devant le but"
" Les années se suivent et ne se ressemblent pas forcément. La saison passée, j’étais un peu perdu sur le côté dans un nouveau poste. J’ai eu trop tendance à me concentrer uniquement sur mon rôle défensif, oubliant que le plus important était pour moi d’attaquer".
Bilan: seulement quatre petits buts marqués la saison dernière en championnat, plus un autre en coupe de la Ligue. " Je peux faire mieux, beaucoup mieux, assure Sakho. Mais pour cela, il faut que je sois plus " méchant", que j’aille davantage vers le but. Depuis le début de la préparation, c’est quelque chose que je travaille beaucoup".
L’ancien Lensois sait pertinemment que seule l’efficacité pourra lui permettre de surmonter la concurrence. Symbolisée notamment par l’arrivée de Didier Drogba et probablement d’un autre attaquant de gros calibre. " Cela fait partie du jeu. Je le répète, si je continue c’est pour m’imposer, pas pour regarder les autres. Même si Didier est très bon joueur.
" La perspective de la Ligue des champions est également un élément très motivant. C’est une expérience que j’ai follement envie de vivre".
A 25 ans, Lamine Sakho ne veut surtout pas parler de virage déterminant dans sa carrière. A un mois de la reprise du championnat, il joue volontairement la carte de l’optimisme pour mieux masquer ses incertitudes. Se réjouissant de l’ambiance qui règne dans le groupe olympien à Albertville. Repoussant le plus loin possible le spectre d’un possible départ qui demeure toujours d’actualité.
" Tout est super. Evidemment, dans quelques jours, nous serons encore plus nombreux. Mais ce n’est pas pour cela que l’on va vivre sous tension.
" Avant de penser à notre avenir, mieux vaut se concentrer sur l’intérêt l’OM".
En Savoie, l’esprit de groupe a vraiment pris de l’altitude…