Appelez-le " Hide".
Hidetoshi Nakata n’est pas seulement un footballeur. C’est un phénomène hors norme, une véritable institution au pays du Soleil Levant.
La seule évocation de son nom provoque l’hystérie. Soulève les foules, explose l’audimat, dope l’enthousiasme de milliers de fans nippons pour qui Nakata s’impose en symbole.
Icône de toute une génération dans et hors des stades.
" Il est une révolution culturelle à lui tout seul, explique Suichi Tamura, journaliste à Tokyo. Il permet aux jeunes Japonais de se reconnaître en tant qu’individus et non plus en tant que communauté au patriotisme exacerbé. Cela n’a rien d’une mode, ça va bien au-delà."
" Hide" s’apparente ainsi à une tornade, balayant tout sur son passage dans une tempête médiatique. Dans un irrésistible élan marketing.
C’est donc un personnage extraordinaire, héros de manga, véritable popstar en Asie, que l’OM s’est mis en tête d’aligner dans son équipe.
Une star, une authentique star aux retombées insoupçonnées, au potentiel inestimable, dont on mesure encore mal l’impact que son éventuel transfert aurait pour Marseille.
Et si, aujourd’hui, l’opération dépend toujours du positionnement de la Ligue nationale concernant la " ristourne" des droits télé liés directement au joueur et du bon vouloir d’un Nakata qui, dans un premier temps, semblait privilégier une expérience anglaise, la simple hypothèse de sa venue du côté du boulevard Michelet déclenche les passions et suscite la curiosité au Japon. Là où la prévision dans l’organisation s’impose comme une démarche naturelle. Question de culture et de philosophie.
Les touristes japonais veulent voir le Vel’
" Depuis quelques semaines, nous recevons des dizaines de demandes de touristes japonais souhaitant passer quelques jours à Marseille afin de pouvoir suivre Nakata au stade Vélodrome, explique Patrice Brunet, agent pour " Gulliver’s Travel", le plus important tour opérateur nippon. C’est là le signe d’un changement radical d’habitudes. Généralement, les groupes effectuent une visite express de la ville, préférant séjourner à Avignon, Arles ou Aix."
Voilà donc la caractéristique d’un personnage atypique qui, par sa seule présence, peut drainer une clientèle nouvelle pour Marseille. Se muant alors en formidable ambassadeur de la ville dans toute l’Asie.
L’exemple de Pérouse est à ce titre frappant. Lorsqu’il débarque en Ombrie en 1998, dans une formation de milieu de tableau de Série A, la cité décolle et devient une étape incontournable des agences de voyage nippones, au même titre que Florence, Rome ou Venise.
L’image du " rebelle" pour les jeunes
La première année, le club vend également plus de 80000 maillots au nom de Nakata sans compter les milliers de produits dérivés aux couleurs du club vendus au Japon.
" Du jour au lendemain, raconte la porte-parole de Galex, l’équipementier de Pérouse à l’époque, la cité fut submergée par une vague japonaise. Les commerçants ont dû s’équiper en un temps record de sabots pour cartes de crédit afin de satisfaire la fringale d’achats des touristes."
Nakata ne représente pas seulement l’image du footballeur prodige au pays du base-ball roi. " Hide" incarne aussi aux yeux de millions de jeunes en rupture avec le modèle japonais empreint de tradition, le " rebelle" dans toute sa splendeur.
Durant le Mondial, aux journalistes qui l’interrogent, il répond par onomatopées. Il refuse aussi de signer des autographes assurant que ce privilège n’est réservé qu’aux artistes. Il se teint les cheveux en rouge, collectionne les tenues vestimentaires les plus délirantes.
Idole au Japon, Nakata connaît en revanche un parcours sportif moins rectiligne dans le Calcio. Après Pérouse, ce sera l’AS Rome. Il n’y reste qu’une saison souffrant de la concurrence avec le héros local, Francesco Totti. On retiendra néanmoins ses deux buts marqués à Turin face à la Juve. Un doublé offrant le titre aux " Giallorossi".
Ensuite, c’est Parme à l’été 2001 pour un transfert estimé à 13 millions d’euros. Mais là encore, avec Lamouchi et Micoud, il passe beaucoup trop de temps sur le banc. La moindre de ses apparitions continue pourtant à faire la Une des principaux médias japonais qui, sur place, possède tous une armada d’envoyés spéciaux mobilisés sur l’ensemble de la saison.
L’affaire dans les mains de Thiriez
Las d’un rendement en demi-teinte dans un championnat où les vedettes se bousculent, " Hide" a donc décidé cette année de faire ses valises et de quitter l’Italie.
Pour Marseille ?
Difficile à l’heure actuelle de l’assurer même si, sous le maillot blanc, il serait de nouveau l’attraction, celui que tout le monde veut s’arracher. L’affaire est désormais entre les mains de Frédéric Thiriez.
Selon des sources proches de l’instance nationale, le président de LFP ne serait guère favorable à ce que l’OM bénéficie des ressources générées par la venue de Nakata. Soit plus de cinq millions d’euros.
Sans l’accord de la Ligue, Marseille ne pourrait alors pas assumer le poids d’une transaction d’un montant de 5 millions d’euros auxquels viennent s’ajouter les 2,5 millions d’euros de salaire annuel.
En attendant une réponse, qui devrait intervenir en début de semaine, l’hypothèse Nakata continue à agiter les supporters de l’idole.
Des fans très prévoyants qui ont déjà tracé la route menant de Notre-Dame-de-la-Garde au stade Vélodrome…
Pauleta: ça avance !
Depuis le refus de Pauleta concernant les propositions girondines de prolongation, l’OM est reparti à l’offensive dans le dossier de l’international portugais.
" Nous continuons à échanger fax et coups de téléphone avec nos homologues bordelais, explique Christophe Bouchet. Le plus complexe dans cette affaire est en fait de savoir si Bordeaux est réellement vendeur. Mais jusqu’à preuve du contraire, le club a tout intérêt à céder un joueur à qui il reste un an de contrat et qui souhaite changer d’air.
" Je pense que l’opération devrait avancer dès le début de cette semaine." On sait que le PSG est également intéressé par le deuxième meilleur buteur de L1…
Dans la fournaise d’Albertville
Les Olympiens sont arrivés à Albertville, hier en milieu d’après-midi, accueillis par une vingtaine de supporters. A peine installés, les joueurs, sans Alain Perrin qui devrait arriver ce matin, ont effectué quelques tours de terrain sous une température dépassant allègrement les 35 degrés.
Pour l’instant, 22 joueurs sont en stage dont Vachousek ( déjà très sollicité par les chasseurs d’autographes) et Sytchev. Aujourd’hui, Fabio Celestini et Daniel Van Buyten rejoindront le groupe. Durant cette semaine passée en Savoie, l’OM disputera deux rencontres. Demain, face au Servette de Genève au stade olympique d’Albertville et samedi à Pierrelatte contre Montpellier.