La Provence de lundi :
On a beau retourner l’effectif olympien dans tous les sens, un mois après la fin du championnat, au moment où intervient la reprise, on ne trouve pas la moindre trace d’un quelconque bouleversement. Rien, pas l’ombre d’une recrue, d’un visage nouveau.
Et au bout du compte, un groupe quasiment identique à celui de la saison passée, hormis les départs de Frank Leboeuf, Jérôme Pérez et Sébastien Grégori.
Pour trouver le signe tangible d’un réel changement, il faut alors se tourner vers la formation. Là, où l’OM est en passe de combler le retard accumulé au fil des années en gommant une bonne fois pour toutes cette image, ce cliché de club inaccessible aux jeunes espoirs régionaux.
Des nouveautés pour être plus performant
José Anigo, responsable du centre, en sait quelque chose. Lui qui, en sept ans de présence sur les terrains de La Commanderie, a été le témoin actif de l’évolution engagée. Il évoque pour nous les grandes lignes de la politique actuelle du club en termes de relève.
- Désormais, José Anigo ne sera plus seul pour gérer l’ensemble du cycle de préparation des joueurs. Eric Thierry s’occupera de la préformation entre repérage, recrutement et organisation.
- Durant l’année, l’internat devrait déménager de la " Bastide" à La Commanderie. Sur place, cinquante couchages seront ainsi disponibles pour les jeunes mais également pour leurs familles. Selon des normes trois étoiles. " Le fait d’avoir ainsi à notre disposition toutes les structures en interne, hébergement, terrains d’entraînement et suivi scolaire, constitue un atout indéniable au moment de convaincre les parents" explique José Anigo.
- Mais la principale nouveauté concerne la zone géographique choisie pour le recrutement. " Nous viserons à 90% des joueurs issus de la région PACA, assure Anigo. Pour les 10% restants, nous nous tournerons vers l’étranger et vers les 8 centres de formation existant en France. La filière sénégalaise sera, elle, maintenue". -
- Convaincre sans tomber dans la surenchère
Malentendus, craintes, méfiance vis-à-vis du projet sportif, l’OM peine encore à convaincre les parents. " Aujourd’hui, le problème principal est l’argent pas le projet sportif, indique José Anigo. Toutes les négociations tournent autour de l’argent et des profits éventuels. J’ai même vu un agent me demander combien je comptais rémunérer un gamin de 12 ans. Les " mangeurs de sous" sont partout et la formation obéit aujourd’hui aux mêmes règles que le monde professionnel. C’est totalement aberrant.
" Nous refusons pour notre part d’entrer dans le jeu malsain de la surenchère. Pratique pourtant courante ailleurs. Il n’est pas rare que certains de nos éléments sous la pression d’autres centres, décident de nous quitter. Et comme ils ne peuvent pas le faire directement, ils passent alors un an dans une structure amateur de la région avant de rejoindre ensuite le club pro qui les a contactés". Drôle de procédé...
Amener 3 jeunes chez les pros tous les 2 ans
On l’a vu cette saison, les portes de l’équipe première ne sont plus fermées aux jeunes du club. Ils sont ainsi sept à avoir partagé l’atmosphère du groupe professionnel. " C’est là une avancée extraordinaire, se réjouit Anigo. C’est tout à l’honneur d’Alain Perrin qui est attentif et réceptif aux efforts que nous faisons.
" A terme, poursuit le responsable du centre, nous nous fixons un objectif de 2 à 3 jeunes chez les pros tous les 2 ans".
Moins de joueurs pour plus de qualité
La fin de la saison dernière a été marquée par le non renouvellement de plusieurs contrats chez les jeunes espoirs olympiens. On citera entre autres les exemples de Michel Gafour ou Jérôme Pérez. " Mon travail s’arrête aux portes des pros, explique José Anigo. C’est ensuite Alain Perrin qui décide. Mais le principal est de toute façon de former de bons professionnels, qu’ils restent ou non à Marseille.
" Dans l’avenir nous devons impérativement resserrer les effectifs en termes d’élite. Lens, Sochaux, Auxerre, Nantes tablent sur 40 à 50 jeunes pour leur centre de formation. A l’OM, il y a 120 joueurs.Il ne faut plus désormais que la recherche de quantité se fasse au détriment de la qualité".
L’OM désormais proche des meilleurs
" En termes de résultats, de sélections et de structures, l’OM fait aujourd’hui partie des cinq meilleurs clubs français, considère Anigo. Il nous reste simplement maintenant à aligner dans l’équipe première 3 ou 4 joueurs issus du centre pour être parfait". Sacré défi...