Interview : Alain Perrin
Alain Perrin assume sa part de responsabilité dans le camouflet infligé par Lyon. Et si le Manager Général reconnaît avoir eu du mal à trouver le sommeil, ce n´est pas à cause des sifflets mais uniquement de la défaite. " Je suis insensible aux louanges et aux critiques", déclare-t-il.
Alain, vous disiez dimanche soir vouloir revoir la partie pour vérifier vos impressions. L´avez-vous fait ?
Alain Perrin : " Oui. Mon sentiment était que mes joueurs avaient tout fait pour prendre le match par le bon bout, en s´appropriant rapidement le milieu de terrain, mais que cette domination et cette présence aux abords de la surface n´avaient pas été suffi. C´est le cas, nous n´avons pas été bons dans les zones de vérité, comme à Strasbourg, et nous l´avons payé cher. Et puis, la réussite n´était pas non plus de notre côté à l´image de tous ces tirs déviés".
La motivation de votre équipe est-elle en cause ?
A.P. : " Non. L´envie était là, on l´a vu dans l´engagement que nous avons mis d´entrée de jeu. Mais cette motivation n´a pas été canalisée. Il y avait trop de nervosité, et donc de perte de lucidité. Ce qui rendait nos approches désordonnées, et nous exposait aux contres de Lyon. Une fois menés au score, cette situation est devenue encore plus difficile à gérer".
Cette mauvaise gestion de la pression n´est-elle pas inquiétante avant les réceptions du Real, de Paris ou de Monaco ?
A.P. : " Déjà, on ne choisit pas son calendrier. Quant à la pression, c´est maintenant à nous, le staff, d´apporter de la sérénité autour des joueurs. Mais franchement, cet excès de motivation chez eux ne m´inquiète pas. Ce serait beaucoup grave s´ils en manquaient ou s´il avaient tendance à baisser les bras".
Cette défaite a-t-elle mis en évidence les limites de l´OM face à une formation de niveau européen comme Lyon ?
A.P. : " On a clairement démontré certaines limites sur ce match. Mais mes joueurs disposent aussi de ressources importantes et de qualités. Si on regarde bien les 90 minutes, on peut dire que si nous avions transformé nos situations positives, nous aurions pu espérer beaucoup mieux. Sur certaines occasions, cela s´est joué à peu de choses. Et si nous avions pu mener, Lyon aurait alors du se découvrir et ainsi nous offrir des positions intéressantes".
Vous sentez-vous personnellement responsable de cette déconvenue contre le Champion de France en titre ?
A.P. : " De par ma fonction, j´ai forcément une responsabilité à assumer. C´est moi qui ai mis en place cette équipe. J´avais opté pour une stratégie offensive comme toujours au Vélodrome, et aussi parce que la victoire était importante. Ca n´a pas fonctionné, nous n´avons pas réussi à exploiter nos occasions".
Une partie du public vous a pris pour cible à la fin du match. Est-ce que cela vous a empêché de dormir ?
A.P. : " Je suis insensible aux louanges comme aux critiques. Je sais très bien que cela fait partie du jeu. Si j´ai mal dormi, c´est parce que nous avons perdu. Après une défaite, je refais toujours le match, j´anticipe sur la préparation de la rencontre à venir,…"
Comment mieux aborder les futures affiches ?
A.P. : " Peut-être en étant un peu moins prétentieux sur le plan du jeu offensif. Nous devons d´abord penser à nous sécuriser".
Est-ce que l´équipe est actuellement trop dépendante de Didier Drogba ?
A.P. : " Je ne le crois pas. Il n´est pas seul à pouvoir marquer. Je suis persuadé de la qualité de Mido, par exemple. Actuellement, il enrage tellement de ne pas marquer qu´il a tendance à trop se précipiter dans ses actions. Mais dès qu´il en aura mis un, je suis persuadé que tout ira mieux pour lui".
Grâce aux rencontres internationales, vous bénéficiez de 15 jours de battement avant le déplacement à Lille. Comment allez-vous utiliser ce temps ?
A.P. : " Tout le groupe ne sera pas là, puisque nous avons des sélectionnés, mais nous allons discuter et travailler les gammes. Quand on se retrouve confronté à une équipe comme Lyon, on s´aperçoit qu´il nous manque du travail en commun pour favoriser les automatismes. Cette coupure va également nous permettre de nous oxygéner. La dernière a débouché sur cette mauvaise série. Il est à espérer que celle qui commence aujourd´hui sera plus bénéfique".