Conscient de la mission ardue qui attend désormais l’OM pour poursuivre sa route européenne, Steve Marlet en veut surtout à son équipe de craquer trop vite psychologiquement. Déçu, l’attaquant des Bleus attend une vraie réaction face à Lyon.
Steve Marlet, comment expliquez-vous qu’une équipe puisse montrer deux visages aussi distincts au cours d’une même rencontre ?
Disons que nous avons un groupe jeune. Nous avons un peu tendance à très vite douter. Nous avons peut-être du mal à nous libérer et c’est pour ça que nous avons souvent tendance à attendre de se prendre un but ou une mi-temps, comme mardi par exemple, pour réagir. Nous sommes malheureusement un groupe qui réagit plutôt qu’il n’agit. C’est dommage.
Le discours d’Alain Perrin à la pause a dû être énergique ?
Oui, il nous a tout simplement dit qu’il fallait absolument réagir car nous avions rarement été aussi inefficaces dans tous les domaines.
N’est-ce pas aussi un peu le message que vous tentez actuellement de faire passer à vos coéquipiers sur le terrain ?
Disons que, de mémoire, en Ligue des Champions, ça ne nous est arrivé qu’un petit peu à Madrid et là. Nous n’en avons pas vraiment parlé, mais c’est le constat que nous avons fait après ce match. Donc, effectivement, pour les matchs futurs et notamment à l’extérieur – en championnat, nous avons un petit peu le même problème – il faudra se baser là-dessus. Et essayer de se libérer car ce n’est pas un problèmes de qualités techniques ou autres. Les qualités, nous les avons. C’est plus un problème de mental. Nous devons arriver à nous libérer d’entrée et à prendre conscience de nos qualités.
Pensez-vous que ce blocage provienne uniquement de là ?
Non, pas essentiellement. Après, il y a toujours bien entendu des petits détails techniques, tactiques… Mais, déjà, si nous arrivons à gommer rapidement cette première chose, à nous libérer rapidement dans le match et à nous lâcher… Il y aura sans doute du déchet technique, mais, au moins, nous jouerons comme il faut le faire.
« Nos adversaire ont trouvé la parade »
Croyez-vous toujours à une qualification directe ou pensez-vous déjà à assurer la troisième place afin d’être reversé en UEFA ?
C’est difficile. Je serais tenté de dire qu’il reste deux matchs et que nous allons jouer le coup à fond tant qu’il est toujours jouable. C’est l’état d’esprit qu’il faut avoir. Maintenant, c’est fortement compromis car Porto a besoin de points et, sachant qu’il reçoive le Partizan, nous les voyons mal lâcher le morceau. Nous allons donc donner tout ce que nous avons. Sachant que, plus que le match où nous recevons Madrid, celui où nous nous déplaçons au Partizan sera l’un des plus importants. Nous allons jouer les deux matchs à fond. Si, par miracle, nous avons le bonheur d’accrocher une deuxième place, tant mieux. Effectivement, si cela nous permet d’assurer notre position de troisième pour l’UEFA, tant mieux aussi.
Cela paraît d’autant plus compromis que le Partizan semble très costaud sur sa pelouse ?
Oui, c’est costaud. Aller gagner là-bas serait vraiment une réelle performance. Porto s’y est cassé les dents, Madrid aussi en ayant même beaucoup de difficultés. Techniquement, c’est une équipe très dangereuse. Chez nous, à dix, ils nous avaient quand même posé des problèmes, donc nous savons ce qu’il nous reste à faire. La tâche qui nous attend est assez énorme. C’est la Ligue des Champions, à nous de réagir comme une grande équipe.
Pour vous, qui êtes aussi venu à Marseille pour disputer cette épreuve, ces résultats doivent vous laisser un petit goût amer ?
Oui, effectivement puisque, à part le match de Madrid, les deux matchs contre Porto me laissent un goût amer dans la mesure où nous n’avons jamais été surclassés. Au match aller chez nous, nous avons eu le match en mains à partir du moment où nous avons marqué. Après, nous avons pris ce but, nous avons commencé à déjouer et à douter et, ensuite tout s’enchaîne. Mardi, c’est la même chose. Nous n’avons pas pu nous libérer en première mi-temps, mais, dès que nous avons accéléré, on a vu que nous étions aussi bons qu’eux, voire meilleurs. Ca laisse quelques regrets.
Avez-vous l’impression que quelque chose se soit cassé à l’OM depuis la défaite de Strasbourg ?
Non, pas cassé, mais c’est plutôt au niveau des adversaires. Ils ont peut-être pris conscience que, en nous imposant un pressing, ça nous posait des problèmes énormes. Tous les matchs que nous avons perdus, c’est souvent parce qu’on nous a imposé un gros pressing et que nous n’avons pas su réagir derrière. C’est vrai que ça a démarré depuis ce match de Strasbourg. Depuis, les adversaires semblent avoir trouvé la parade, ce qui est dommage ( rires). Et nous n’arrivons pas à réagir par rapport à ça.
« Nous vivons avec le « folklore » de Marseille »
Tout ce qui s’est passé ces derniers temps autour de l’OM n’aurait donc pas forcément fragilisé le groupe plus que ça ?
Ca ne nous a pas aidés, mais le groupe s’est essentiellement fragilisé suite à ce que nous avons fait sur le terrain et pas par ce qu’il y a eu autour. Quand nous sommes sur le terrain, nous ne pensons pas à tout ce qui se passe autour, nous sommes concentrés par rapport à ce que nous avons un faire. Tout simplement. Le problème est que nous n’avons pas su réagir sur le terrain. Maintenant, effectivement, ça ne nous a pas aidés.
Vous devez, vous joueurs, regretter de voir les affaires externes venir empiéter sur le côté sportif ?
Oui, c’est vrai, mais c’est Marseille. C’est un peu le « côté folklore » du club, qui est toujours en proie à quelques affaires. Par ci par là, à droite à gauche… Un jour, c’est Barthez, un autre Runje, ensuite ça va être autre chose. Nous le savons. Nous vivons avec ça et voilà. Maintenant, ça n’empêche pas que ce soient nous qui jouons sur le terrain. Pas les journalistes. Ce qui passe sur le terrain n’appartient qu’à nous. Les problèmes que nous avons viennent donc de là, pas de ce qu’il y a autour.
Qu’est-ce qui pourrait remettre l’OM sur les rails du début de saison ?
Déjà, faire la différence par rapport à un concurrent direct. Dans ce sens, le match de dimanche va être très important, puisque, à part Nantes, nous n’avons pas encore joué contre un gros concurrent direct. A savoir le PSG, Lyon ou Monaco. Il faudrait que nous arrivions à nous surpasser lors de l’un de ces gros matchs. Si, ensuite, nous avions le bonheur de nous imposer et de faire le trou avec Lyon, ça serait bien. Et ça remettrait tout le monde sur de bons rails.