un ptit dernier:
N´Diaye croit en son étoile
MARSEILLE - de notre correspondante
L´ancien Lillois Sylvain N´Diaye joue peu à l´OM ( cinq matches dont trois comme titulaire). Mais sa chance approche.
SYLVAIN N´DIAYE est toujours content de retourner à Bordeaux. Même si ce n´est jamais ce que l´on met le plus en avant dans sa carrière, il a effectué deux années en tant que stagiaire aux Girondins et connaît donc bien le Haillan. « Gernot Rohr est venu me chercher, raconte-t-il, alors que je jouais à Rodez. La première année, je m´entraînais avec le centre de formation mais j´ai eu la chance de faire quelques séances avec le groupe pro. C´était l´époque des Zidane, Dugarry et autres, l´année où ils ont battu Milan ( 0-2, 3-0, en quart de finale de la Coupe de l´UEFA 1995-1996). La deuxième année, j´ai intégré le groupe pro de Rolland Courbis et, en fin de saison, j´ai signé un contrat pro de quatre ans. Je ne suis rentré que pour un match contre Nice mais il me reste de bons souvenirs de mon passage à Bordeaux. C´est là que j´ai commencé à apprendre le foot de haut niveau. »
Il espère que Perrin lui fera de nouveau confiance au stade Chaban-Delmas. Après presque un mois de banc de touche, il est entré en jeu contre Rennes ( 2-0) et a été titularisé contre Monaco ( 2-0) mercredi soir en Coupe de la Ligue. Mais il n´a pas très bien compris pourquoi, après avoir joué les premières rencontres, il s´est retrouvé ainsi mis à l´écart. « Je pense que c´était un choix tactique, suppose-t-il, avec un seul vrai milieu défensif et un relayeur meneur de jeu. L´entraîneur a souvent mis Fabio ( Celestini) et Camel ( Meriem), c´est un choix que je me dois de respecter. À moi de faire la preuve ensuite à l´entraînement que je dois jouer. »
« J´en avais ras le bol »
L´international sénégalais ne l´a pourtant pas toujours pris avec autant de philosophie. Il y a une quinzaine de jours, il était tout près de craquer. « Une semaine avant de partir en sélection, j´en avais ras le bol d´être sur le banc. J´ai discuté avec Jean-Philippe Durand, qui m´a remis dans le droit chemin. Il me connaît assez bien et m´a encouragé en m´expliquant que ce n´était pas le moment de lâcher, que même si l´entraîneur ne m´utilisait pas maintenant, il fallait lui montrer qu´il pouvait compter sur moi. Je sais que quelqu´un qui ne joue pas doit montrer plus que les titulaires aux entraînements. Mais c´est vrai que l´une de mes qualités, c´est la gnac et je le montre plus en compétition. » C´est même, selon lui, ce qui a fait toute la richesse de la période lilloise qu´il cite souvent en exemple : « Parce que cette aventure fut extraordinaire, nous avions envie d´avaler les victoires. Et cette volonté de toujours battre l´adversaire nous a fait aller de l´avant. Si je peux apporter cela... »
Avec Lille, justement, il a souvent déjoué les pronostics. L´OM n´a pas gagné depuis vingt-six ans à Bordeaux, mais cela ne lui fait pas peur. Ce qu´il appelle sa petite étoile veille toujours. « J´espère que ma petite étoile va porter chance à l´OM, rêve-t-il. Je crois qu´elle m´a suivi parce que ( il réfléchit), ils auraient pu me tirer dessus et ils ne m´ont pris que la voiture ( *). Pour le reste, je n´ai pas trop joué mais je ne m´inquiète pas. La saison est longue, j´ai encore trois ans de contrat devant moi, je suis là pour gagner ma place même si c´est vrai que je ne m´attendais pas à être relégué sur le banc sur une si longue période. Finalement, mon étoile est toujours au-dessus de moi. »
( *) Sylvain N´Diaye s´est fait violemment menacer et voler sa voiture, dimanche dernier avant le décrassage, sur la petite route qui mène à la Commanderie, à quelques mètres du centre d´entraînement de l´OM.