Interview Drogba par Football365 :
Fatigué mais rayonnant après son triplé face à Belgrade en Ligue des Champions mercredi, Didier Drogba apprécie surtout la performance collective de l’OM. La complicité et les automatismes naissants au cœur d’un groupe qui vit bien ont, selon lui, fait la différence. Reste à confirmer. Toujours.
Didier Drogba, quelle émotion mercredi soir…
Oui, c’est vrai que c’était un moment particulier parce que j’ai mis mon premier hat-trick depuis que je suis professionnel. Je pense que c’est inoubliable.
L’ovation du public a dû vous faire chaud au cœur ?
Oui, ça m’a fait chaud au cœur mais ça ne m’étonne pas de la part du public marseillais.
Grâce à vous, l’OM renoue avec l’avant-centre type, le buteur efficace qui n’existe plus depuis Tony Cascarino…
Je vous remercie pour ces éloges et… ( hésitant) je ne sais pas quoi dire quand j’entends tous ces superlatifs. Je suis simplement content d’avoir marqué, qu’on ait gagné et qu’on soit relancé dans cette Ligue des Champions.
Ces derniers jours, aviez-vous sentie votre montée en puissance individuelle qui vous a conduit à marquer cinq buts en deux matchs ?
Non. On a toujours envie de marquer mais on ne peut pas prévoir qu’on va marquer trois buts en Ligue des Champions. Sinon, ce serait trop facile. Mais cette montée en puissance, elle n’est pas personnelle et cette victoire, ce n’est pas que moi. Il y a tout un collectif, tout un groupe, tout le staff – même médical – qui est derrière ça.
Sentez-vous que vous avez passé un cap ?
Oui, je me sens mieux. J’arrive à enchaîner les matchs, à trouver des automatismes avec mes coéquipiers, notamment Mido. D’ailleurs, j’aurais aimé le faire marquer mercredi mais ce sera pour une prochaine fois. En attendant, on va continuer à créer une osmose dans ce groupe.
Quand on marque des buts à Marseille, on est tout de suite très exposé. Vous semblez prendre cela le plus sereinement possible…
Vous savez, je sais d’où je viens et le parcours pour en arriver là. Donc, je ne m’enflamme pas mais je savoure.
Sur le troisième but face au Partizan, on vous a vu venir vers votre banc. Pourquoi ?
J’ai tout donné sur l’accélération et j’avais le souffle un peu coupé. J’avais déjà demandé à sortir parce que j’avais pris une béquille qui me gênait et je commençais à ne plus être lucide dans mon jeu. L’entraîneur m’a dit de rester et de gérer un peu mes efforts.
Le Mans, Guingamp, l’OM, cela va très vite pour vous…
Oui, tout s’est enchaîné mais ce n’est pas venu tout seul. Il y a du travail de fourni et je pense que quand on bosse, ne serait-ce qu’un petit peu, on est un peu récompensé. Cela donne aussi envie de continuer à bosser pour connaître d’autres grands moments.
Sentiez-vous que vous aviez ce potentiel là ?
J’ai franchi une étape en venant ici mais déjà à Guingamp, j’avais un bon contexte pour m’exprimer. J’étais dans mon élément. Ici, je pense que c’est ce qui est en train de se reproduire. Je me sens de mieux en mieux. Un peu comme chez moi.
On reprochait l’an dernier de trop travailler défensivement, est-ce parce que vous délaissez ce domaine que Ça marche ?
Non, on a aussi notre part de travail sinon l’équipe serait amputée. A neuf contre onze, ce serait difficile… L’équipe joue beaucoup plus haut et fournit plus de jeu par rapport à l’année dernière. Donc automatiquement, on a l’impression d’avoir moins de travail défensif à faire mais il est toujours aussi important.
( A ce moment-là, Mido fait son entrée dans la salle et chambre son coéquipier : « La star ». Drogba éclate de rire)
Croyez-vous qu’il ( Mido) soit jaloux ?
Non, je pense qu’il est content pour moi. C’est quelqu’un de bien. On dit beaucoup de choses sur lui mais quand on le connaît, c’est quelqu’un de très gentil.
Après le match de Nice ( 2-1), Olivier Echouafni disait qu’il était difficile de vous supporter Mido et vous pendant toute une rencontre...
Surtout Mido ( rire). Parce que physiquement, c’est quelqu’un qui pèse et qui sait que son adversaire commence à être en danger donc il en remet une couche. Il ne s’arrête jamais.
Deux buts contre Nice, un triplé en Ligue des Champions, vous allez être très surveillé désormais, et ce dès le match contre Bastia ce week-end.
Oui mais si je veux franchir une étape supplémentaire, c’est là-dessus que je vais devoir travailler. A moi de varier mon jeu, d’essayer de trouver d’autres astuces pour perturber mes adversaires et de faire peur au maximum.