OM: hausse généralisée des abonnements
Elle était attendue, la voilà effective entre 5,5% et 33% selon les secteurs. Le club a redécoupé le stade pour valoriser certaines zones. Quant aux virages, une réunion, hier matin, a fixé l’augmentation à 19,04%
" On ne peut pas exercer du chantage auprès des supporters en prétextant une augmentation de prix pour construire une grande équipe. Notre démarche est inverse: retrouvons des résultats conformes au standing du club, ensuite, seulement, nous discuterons d’une hausse."
Ainsi parlait Christophe Bouchet dans La Provence du 31 -mai 2002, à l’heure du lancement de la campagne d’abonnement pour la saison 2002-2003, un mois seulement après son intronisation. Ne souhaitant pas installer une rupture avec les supporters, le président olympien n’avait pas brisé d’emblée la politique tarifaire mais n’en avait pas moins constaté le différentiel existant entre l’OM et d’autres clubs. En appréciant la marge, il avait préparé le terrain, en somme, à une augmentation des abonnements dans des délais assez courts. Virages: on se serre
la main à 100 euros
L’échéance est arrivée: servi par les résultats, une qualification en Coupe d’Europe, un tour préliminaire en Ligue des Champions, le club va pour la première fois depuis quatre ans appliquer une hausse généralisée, quand bien même, du côté des virages, on ne manque pas de rappeler que le passage à l’euro avait contribué à une légère hausse de l’ordre de 3,96euros. Les virages, justement, où le dossier apparaissait le plus sensible. Dans leur immense majorité, les groupes n’avaient pas caché leur mécontentement sur l’éventualité d’une hausse estimée à 50%, ne correspondant ni à leur aspiration ni aux possibilités du portefeuille de leurs adhérents.
Une dernière réunion hier matin a permis de refermer le dossier, chacun partant satisfait des accords passés puisqu’un compromis a été trouvé: le club proposait une option à 105 euros une autre à 110, les supporters argumentaient autour de 94. Tout le monde a opté -pour -100 euros, soit le prix auquel le club vendra la place aux sections, lesquels ensuite majoreront en fonction du prix de leur cotisation ( en règle générale 15 euros), magazines, etc. Soit en moyenne, 6 euros le match, un coût compétitif comparé à une place de cinéma.
" Il y a des prix pour tout le monde"
Dans les discussions, le club s’est engagé au maintien du nouveau tarif pour les deux prochaines saisons, même si le championnat 2004-2005 ne comptera que 34 journées, soit deux de moins au Vélodrome. Mais les sections se réservent le droit d’ouvrir une nouvelle session de négociation à la baisse en cas de non-qualification pour la Ligue des champions au terme du prochain exercice. La hausse dans les virages atteint 19,04% ( soit une plus-value de 448000 euros), une augmentation généralisée à l’ensemble du stade avec des variations de 5,7% pour les balcon sud et nord à 33,33% pour Ganay centre-haut. Celles-ci sont calquées " en fonction du redécoupage du stade", précise Christophe Bouchet. Les spectateurs trouveront leur bonheur à travers les quinze secteurs instaurés, hors virages: " L’important est que chacun puise où bon lui semble, conclut le président olympien. Il y a des prix pour tout le monde avec des différences sensibles dans certaines zones. Dans notre esprit, nous avons préservé une harmonie de prix en fonction de la situation géographique par rapport au terrain."
Cette nouvelle conception permet à l’OM, en quête permanente de ressources supplémentaires, de tirer un meilleur profit de son atout public, en s’alignant sur les tarifs pratiqués dans les autres clubs français. Dans leur ensemble, les supporters ne critiquent pas le procédé, ils y lisent une forme d’ambition. Logique, dès lors, qu’ils prêtent une oreille plus attentive aux noms des futures recrues, et que leur exigence, en terme de résultats mais aussi de qualité de jeu, monte d’un cran. Quitte à investir un peu plus, autant en avoir pour son argent.