Trevisan : " Si l’OM n’est pas champion, ce sera une grosse déception"
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Le gardien d’Ajaccio espère que l’équipe corse jouera avec ses valeurs morales, seul moyen selon lui de contrer un club marseillais où il garde les meilleurs souvenirs de sa carrière
Quand le tirage au sort de la Ligue des champions a placé Chelsea et la Lazio ensemble dans le groupe G, on n’a pu s’empêcher de penser que l’OM risquait de retrouver les mêmes adversaires qu’en 1999-2000. Et en songeant à Chelsea, difficile d’oublier Stéphane Trevisan, au moment où l’OM se rend à Ajaccio. Même si finalement, le club marseillais a tiré le Real et Porto.
Lui-même s’efforce de ne pas trop s’imprégner de ces souvenirs avant un match où il prône le respect " des valeurs qui font notre force" au sein de son étonnante équipe ajaccienne.
Mais il ne refuse pas d’évoquer l’OM, dont il a évacué les mauvais passages pour ne garder en mémoire que " les sensations, l’émotion, la reconnaissance, une certaine notoriété."
L’homme n’a pas changé, si l’on en croit tous les échos venus d’Ajaccio.
Toujours aussi ouvert, humble, réfléchi, joyeux. Le gardien a conservé l’acquis de Marseille.
" Je ne retiens que du positif de l’OM, qui m’a permis de grandir, de faire mon apprentissage, d’exister tout simplement."
Et pour cause, en un an, il est passé du banc de touche de Guingamp à la Ligue des champions. Et aujourd’hui, il a une pensée pour Cédric Carrasso.
" Des moments que je ne pensais jamais vivre"
" J’ai vécu des moments que je ne pensais jamais connaître au début de ma carrière. Et aujourd’hui, je me dis que c’était chouette pour Cédric d’être sur le banc à Chelsea; il en a forcément retiré quelque chose.
" Revoir l’OM à ce niveau, c’est un retour à la normale. Une fois que le ménage a été fait, le club ne pouvait qu’aller de l’avant. C’est important pour les gamins de pouvoir rêver en regardant l’OM.
" Dans le nord, ils grandissent peut-être en admirant Lens ou le PSG, mais pour tout le sud, LE club, c’est l’OM. Le voir affronter le Real, c’est une manière de redonner de l’espoir à des jeunes qui veulent devenir footballeurs. Ils rêvent à travers l’OM."
Malgré ou peut-être à cause de cette admiration, de cette affection qu’il porte à l’OM, dont il ira " saluer tous ceux que j’ai connus, après le match, parce que je les ai appréciés", Stéphane va donc tout faire pour infliger à l’équipe olympienne sa deuxième défaite.
" Pour la première, il faut relativiser. Si Lens-OM se rejoue dix fois, les Marseillais l’emporteront huit fois. Ils ont été les plus dangereux. Peut-être ne sont-ils pas encore capables d’être constants sur une rencontre, mais ils me paraissent les seuls, à l’heure actuelle, capables d’imprimer un rythme, d’enchaîner des séquences que personne ne peut suivre en L1."
Voilà donc pour le gardien de l’ACA la clef du match: empêcher les Olympiens d’enchaîner ces temps de forts, de prendre les rênes de la rencontre.
" Il faut les faire douter. Si l’OM prend confiance, adopte un rythme élevé, si leur jeu est en place, nous sommes en danger parce que ça va vite devant. Avec l’apport de Marlet, aujourd’hui, je pense que si l"OM n’est pas champion, ce sera une grosse déception.
" Nous devons perturber leurs premières relances, être agressifs avec une volonté offensive. Avoir une approche positive de la rencontre."
" Ne pas être attentistes"
Pour Stéphane, la référence négative, le match à ne pas renouveler, c’est justement le seul que l’équipe corse a disputé au stade François-Coty, contre Nantes. Un match perdu 3-1. La seule défaite de l’ACA en quatre journées. " Nous voulions sans doute bien faire, les gens attendaient beaucoup de nous et, en fait, nous sommes restés trop attentistes, nous avons manqué de combativité. Exactement ce qu’il ne faut pas faire contre des Nantais qui construisent bien. Si Ajaccio ne présente pas ce mélange solidité défensive-construction offensive, c’est perdu.
" Nous avons des valeurs. Sans elles, nous n’aurions pas gagné à Metz et au Mans, nous n’aurions pas fait match nul à Nice. Mais tout cela c’est dans l’approche du match. Techniquement, il n’y a pas d’équipe à la hauteur de l’OM en France. Pour des petits clubs comme nous, ce sont d’autres qualités, d’autres petits détails qui peuvent permettent de rivaliser sur un ou deux matches."
Battre l’OM, c’est toujours un objectif naturel en France, même si Stéphane Trevisan sait que ça ne tient pas à grand-chose. " L’an dernier, nous n’étions pas dans une bonne période et eux oui quand ils sont venus gagner chez nous. Et pourtant, ça a basculé de justesse.
" Ça reste un match très particulier, même si on ne nous en parle pas beaucoup au quotidien. L’OM compte de très nombreux supporters à Ajaccio."
M. A.
source : http://www.laprovence-presse.fr/editorial/articleOM.php?ID=12845