Hemdani: " Une vitrine pour le club"
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La régularité de Brahim Hemdani n’est plus une surprise: son investissement est une référence. Il n’est pas le joueur le plus médiatique de l’OM, ce qui ne l’offusque guère
Brahim monte régulièrement dans l’estime des supporters, il obtient méthodiquement la reconnaissance qu’il mérite. Son plus grand mérite est de rendre lumineux un travail souvent obscur mais tellement précieux pour l´équilibre du collectif.
- Brahim, il a fallu vite digérer pour se reconcentrer sur le championnat ?
Brahim Hemdani: " Notre but est de gagner à Ajaccio, car on est dans ce club pour répondre à une somme importante de matches et faire les meilleurs résultats possibles."
- Un déplacement en Corse est toujours particulier...
B.H.: " C’est l’opposition de deux villes du sud, on s’attend à un accueil chaleureux. Mais bon, on nous a demandé de faire mieux que la saison dernière. Nous n’avons donc pas le choix avec un tableau de marche à respecter. Il est de notre devoir de gagner le maximum de matches pour terminer dans les deux premiers."
- Le discours à la mode en ce début de saison est la récupération, le turn-over. Vous êtes pourtant l’un des rares à jouer régulièrement.
B.H.: " Je n´ai pas envie de récupérer, de souffler, je me sens bien. Il est hors de question que je m’arrête. Arrêter ne me traverse même pas l´esprit et puis, physiquement, tout est ok. Si je dois rester sur le banc, je gérerai mais ça ne me ferait pas plaisir. Je veux jouer, c´est tout."
- Vous êtes un boulimique de la compétition ?
B.H.: " Je le deviens. Jouer tous les trois jours, c’est plaisant, on n’a pas le temps de gamberger. On est dans une logique où on veut réaliser les meilleurs résultats et les meilleurs matches possibles. On passe d’une compétition à l’autre et, ça, c’est excitant."
- Cela demande pas mal de sacrifices, une hygiène de vie rigide ?
B.H.: " Oui, ce n´est pas l´entraînement en lui-même qui est important pour bien récupérer C´est tout ce qu´il y a autour. Ne pas trop sortir, être attentif à la nourriture, c’est primordial. On passe son temps à se reposer, à faire des siestes pour avoir un nombre d´heures de sommeil conséquent. Eviter les marches inutiles aussi, les déplacements en voiture; toutes ces petites choses anodines qui, au bout du compte, font la différence."
- L’OM a commencé la rencontre contre Vienne avec la même ossature que la saison dernière, à deux éléments près...
B.H.: " La même équipe que la saison dernière ? Tiens, je n´avais même pas remarqué. Cela ne nous a pas empêchés de bien aborder le match. Nous n’avons pas eu trop de difficultés dans le jeu si ce n´est qu´on s´est mis en danger en perdant le ballon. Il faut diminuer ce taux d´erreurs pour rendre la prestation collective plus performante. Ne nous leurrons pas: il y a encore beaucoup de boulot pour rechercher le maximum d´efficacité."
- La polyvalence de l’équipe est une richesse mais ne pas être fixé régulièrement à un poste n’accentue-t-il pas le déchet ?
B.H.: " C´est une excuse, pas une réalité. C´est surtout un problème de concentration et d´envie de bien faire. C´est souvent lorsqu´on se relâche qu´on perd ces ballons."
- Vous êtes fier d’avoir participé au retour de l’OM sur la scène européenne ?
B.H.: " C’est une vitrine pour le club. Personnellement, ça ne me fait rien. Les matches qui nous attendent sont autrement plus difficiles que celui du tour préliminaire, il n’y a qu’à voir le tirage."
- Les débats étaient plus engagés qu’en championnat...
B.H.: " C´était plus hard notamment dans les duels mais c’est la densité des contacts qui construit la différence. Il est indispensable d’être costaud physiquement et mentalement."
- C’était parfois limite...
B.H.: " Dans certains cas, on pensait qu´il allait siffler ou mettre des cartons. Au contraire il a laissé jouer. On sait à quoi s’attendre prochainement. Au niveau de l’arbitrage, c´est beaucoup plus souple, cela laisse la porte ouverte à un engagement plus total. C´était un arbitre international, il a l´habitude de ce genre de match ça sera comme ça dans la Ligue des champions. Nous, sur le terrain nous avons parfois essayé de lui faire comprendre que certains tacles étaient déplacés."
- Il vous a semblé ouvert au dialogue ?
B.H.: " Oui, oui. Il était détendu et ferme. Il savait où il voulait amener le match, il contrôlait bien son sujet. A un moment, je suis allé le trouver pour lui dire d’intervenir, il m’a répondu: " C´est moi le shérif . " Donc, nous, on a rien à dire.
- C’est un bon investissement en somme pour les rendez-vous nationaux ?
B.H.: " Ça rejaillira. Une opposition telle que celle-ci servira de référence pour mieux contrôler les matches de championnat."
Thierry MURATELLE