Verlaat et ses souvenirs marseillais
Le patron de la défense de l´Austria est une vieille connaissance : Franck Verlaat. Avec son club formateur, l´Ajax, il était venu s´imposer 0-3 à Marseille, en Coupe des Coupes. Il évoque aussi son passage à Auxerre, son arrivée en Autriche, et le tour préliminaire de la Ligue des Champions.
Ta première confrontation contre l´OM remonte à 1988. C´était un soir de coupe d´Europe, un certain OM-Ajax…
Franck Verlaat : " Oui mais j´étais encore très jeune. J´avais 19 ans et je découvrais tout. Tout était nouveau pour moi. Ce dont je me souviens, c´est avant tout le résultat ( NDLR : l´Ajax s´était imposé 0-3 au stade Vélodrome".
Tu es arrivé dans le championnat de France en 1992, à Auxerre. Quel souvenir gardes-tu de la Ligue 1 ?
F.V. : " J´en garde de bons souvenirs. A cette époque, la plupart des joueurs français évoluaient encore en Ligue 1. C´était avant l´arrêt Bosman. Le niveau de jeu était très bon. Avec Auxerre, on a toujours terminé dans les cinq premiers. On a également réalisé de bons parcours en coupe de l´UEFA, à plusieurs reprises. En 1994, nous avions même remporté la Coupe de France. C´était vraiment une bonne période".
Et de l´OM ?
F.V. : " C´était une grande équipe. L´atmosphère du stade était pesante quand on y jouait avec Auxerre. Quand l´OM se déplaçait, tout se jouait à guichets fermés. Tout le monde voulait battre l´OM. Comme aujourd´hui. Le club a gardé cette énorme réputation. Il continue à remplir les stades".
Tu as continué à suivre le championnat de France après ton départ d´Auxerre ?
F.V. : " Oui bien sûr. Surtout Auxerre. Quand on a joué dans un club, on s´y intéresse toujours, par divers moyens. On le suit à la télé, on achète des journaux. Je continue d´acheter des journaux français".
Trouves-tu que le niveau de la Ligue 1 ait changé ?
F.V. : " C´est difficile à dire. Depuis que je suis parti, les joueurs ont changé. C´est plus facile de juger un championnat lorsqu´on y joue. On en connaît mieux les joueurs. Et en Allemagne, on voit très peu le championnat de France. On peut juste voir quelques rencontres de Coupe d´Europe. C´est trop peu".
" Bastia s´intéressait à moi"
A Stuttgart, tu as évolué sous les ordres de Joachim Löw. Son arrivée à Vienne t´a-t-elle influencé dans ton transfert ?
F.V. : " En réalité, trois équipes s´intéressaient à moi. Il y avait surtout Bastia. Je voulais bien retrouver la France, mais nous n´avons pas trouvé d´école internationale allemande pour mes enfants. Ils ont surtout grandi en Allemagne. C´était un facteur important pour moi. C´est un choix de famille.
Ensuite, il y avait Munich 1860 et l´Austria de Vienne. C´est le challenge sportif qui a fait pencher la balance. Jouer la Ligue des Champions est toujours très intéressant. Et bien sûr, je connaissais déjà Joachim Löw. C´était important.
Je sais qu´à mon age, je n´aurai plus beaucoup de chances de jouer à ce niuveau. C´était l´occasion de signer un dernier contrat. J´avais tellement envie de jouer. Il me faut maintenant apprécier le moment présent".
Tu as découvert le championnat d´Autriche. Qu´en penses-tu ?
F.V. : " Il y a quelques équipes de bonne qualité. A l´extérieur, la plupart des formations jouent très regroupé, très défensif. On a parfois l´impression que la victoire ne les intéresse pas. Mais il faut comprendre que ces équipes jouent avec leurs possibilités, entre solidité et agressivité. Elles jouent aux frontières du possible. Ce que je remarque aussi, c´est la bonne organisation défensive en général. A 2-0 ou 3-0, le schéma de jeu reste le même".
Où en es-tu dans ton intégration ?
F.V. : " Ca s´est bien déroulé. Je ne suis pas du genre à rester dans mon coin. Je préfère aller vers les autres. Je n´ai jamais eu de problème dans ce sens. Je joue dans l´axe de la défense, mais il m´arrive de monter au milieu du terrain, parce que ce championnat est moins exigeant qu´en France ou qu´en Allemagne".
" En deux matchs, on joue notre saison ! "
Le match contre l´OM est un rendez-vous important pour l´Austria de Vienne…
F.V. : " Oui mais pas seulement pour nous. On arrive à la dernière phase de qualification, et l´on commence à jouer des clubs venant de pays comme l´Ecosse, la Belgique, l´Autriche, la Suisse…Certaines de ces équipes sont championnes en titres dans leur pays. En deux matchs, elles jouent presque toute leur saison ! C´est bizarre. Jouer la Ligue des Champions, ça change tout. Il ne faut pas se rater".
C´est votre objectif immédiat, à Vienne ?
F.V. : " Bien sûr. En ce moment, nous sommes concentrés sur ce tour préliminaire. Nous préparons désormais la rencontre".
Comment juges-tu cette équipe de l´Austria de Vienne ?
F.V. : " Je la trouve très bonne. Elle repose sur un effectif stable. Mais elle a besoin de matchs au plus haut niveau pour progresser. En Autriche, il n´y en a pas toutes les semaines. Ce n´est pas comme en Coupe d´Europe. L´Austria de Vienne dispose d´une belle marge de progression.
Jouer l´aller à domicile, c´est handicapant ?
F.V. : " C´est ce que disent les gens en général. Beaucoup pensent qu´il vaut mieux recevoir pour le match retour, pour pouvoir profiter de son public. Mais si une équipe s´impose 4-0 à l´aller, comme ce fut le cas pour Pasching contre le Werder de Brême en coupe Intertoto, cela change tout ! "
Propos recueillis par Laurent Casalengo
La presse autrichienne suit l´OM
En vue de la rencontre de Ligue des Champions entre l´Austria de Vienne et l´OM, la presse autrichienne commence à s´intéresser de très près aux faits et gestes des hommes d´Alain Perrin. Une journaliste de l´ORF ( Osterreicher Rundfunk-Fernsehen), l´équivalent de France Télévision en Autriche, suit à la trace les joueurs de l´OM, et ce jusqu´à mardi. Elle est imitée depuis vendredi par un confrère d´un magazine sportif hebdomadaire : Sport Woche.