Le petit Russe est hilare, son français devient correct et son jeu s’est transformé. Il rêve de rencontrer le Lokomotiv Moscou en Ligue des champion
On avait pris l’habitude d’un Sytchev en pointe, sorte de joker récurrent auxquels les supporters croyaient aussi fort qu’ils chantaient leur " Kalinka" avec le nom du petit Russe en guise de refrain.
Un Sytchev se réfugiant peu à peu derrière la barrière de la langue, au fil de performances ne tenant pas la distance d’une saison. Le buteur miracle de l’hiver avait eu du mal à être celui du printemps. Rien que de plus normal, de plus logique que ces difficultés rencontrées par un garçon de 19 ans, changeant brusquement d’univers.
Aujourd’hui, finalement, la pression est retombée. Drogba, Mido, Vachousek sont arrivés et personne ne compte plus sur Sytchev pour changer le cours d’un match comme la saison dernière. Il laisse le poids de l’attente aux nouveaux venus. Et on retrouve un Russe souriant, hilare même, qui s’exprime avec un plaisir évident dans un français correct.
" Cette chaleur! C’est dur! 36 degrés ! Incroyable! En Russie, 30, c’est le maximum!"
De la Sibérie à la Méditerranée, il est certain que le changement a été de taille. Et on ne l’a certainement pas mesuré à sa juste valeur, parce que le petit Russe a tout de suite marqué. " Quand je suis arrivé, je ne connaissais rien de l’équipe, rien du foot français. Il fallait que je m’adapte à tout: le jeu, l’environnement. Cette saison, j’ai pu effectuer la préparation avec l’équipe, c’est beaucoup plus simple, plus naturel."
De fait, alors qu’on lui prédisait un statut de remplaçant, de joker, Sytchev a été titularisé deux fois, fût-ce à un poste inhabituel. Mal à l’aise la saison dernière quand il avait joué côté droit, il y montre plus de bonne volonté aujourd’hui.
" Je permute avec Vachousek"
" C’est bon de jouer derrière deux attaquants. Milieu droit, j’ai l’occasion de revenir dans l’axe quand on attaque, je permute souvent avec Vachousek. Les occasions de but sont rares, mais je fais l’effort. J’ai toujours beaucoup bougé, de toute façon."
Il est d’ailleurs juste de reconnaître que s’il est parfois un peu brouillon, Dmitri s’est montré à l’origine d’une belle occasion de but en première mi-temps, en débordant sur la gauche, lancé par une talonnade de Mido, avant de centrer en retrait pour Drogba. L’un des plus brillants exemples du jeu collectif marseillais en cette soirée inaugurale au Vélodrome. Ce Vélodrome où Sytchev se sent si bien.
" C’est en cela que la Coupe d’Europe c’est plus fort que la Coupe du monde: tu joues un match décisif chez toi. Et je pense que contre l’Austria, ce sera essentiel."
Car, bien évidemment, le petit Russe rêve de Ligue des champions. " J’aimerais rencontrer le Lokomotiv, pour retourner à Moscou."
Si tel était le cas, il pourrait donner des leçons de français à ses compatriotes et leur apprendre sa phrase préférée: " Je crains dégun."