Dythamtribes pour Yuyu:
Elévation:
Au-dessus des étangs, au dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l´onde,
Tu sillones gaiement l´immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l´air superieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leurs poids l´existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d´une aile vigoureuse
S´élancer vers les champs lumineux et sereins;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
-Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!
Baudelaire, Les Fleurs du mal.
J´avais besoin de cette sur-élévation, besoin d´air pur, besoin d´une hauteur non négligeable pour assumer le devoir qui me conduit aujourd´hui, besoin d´un air des passions, de rêverie.
Une remarque sur le genre de lecteur qu´il me faut ici, pas ceux aux gros doigts et aux petites oreilles, finalement je ne veux pas de lecteur, ici j´écris pour une seule lectrice...
Nous faut-il un prélude? Je ne pense pas..., ici il n´y a ni début et encore moins de fin, en tout cas je l´espère, qui écrit cette ode à la plus charmante des créatures? Moi, un vieux grigou racorni? Sûrement pas..., c´est un coeur éxalté!
Néanmoins ici il n´est pas question de moi, mais de Yuyu, à qui j´ai beaucoup à me faire pardonner, si ici aussi je puis encore à quelques pardons...