si tu as besoin de chasser, ne blesse pas : tue.
Si tu n´es pas sûr de tuer, garde ta flèche.
Lancelot se souvint toute sa vie de ce conseil qui devint la règle de ses combats : ne porter que des coups efficaces. Et ceux de ses adversaires qui survécurent, c´est que volontairement il les épargna.
Pour l´instant il regardait Viviane avec des yeux pleins d´adoration et si ecarquillés par l´attention et le besoin de bien comprendre, clairement, et tout de suite, ce qu´elle lui disait, qu´ils en paraissaient rond comme des cerises.
Frolle se rua vers Arthur, et frappa de sa masse. L´épée d´ Arthur, Escalibur, trancha le manche de la masse qui alla se perdre en tourbillonant. Mais au passage elle heurta la tête du jeune roi, lui arrachant un grand morceau de peau avec les cheveux, et fêlant l´os du crâne.
Arthur secoua la tête comme a une piqûre de guêpe et frappa de nouveau, alors que Frolle sortant son épée du fourreau.
Escalibur fendit l´écu d´oliphant, creva l´oeil droit de l´Aléman, lui ôta la joue jusqu´aux dents, lui ouvrit l´épaule et trancha l´os, et, en se retirant, coupa l´oreille du cheval de Frolle : Wolke. La main droite de Frolle s´ouvrit, laissant tomber son épée, tandis que l´énorme cheval, henissant sous la douleur et la surprise, se cabrait puis s´emportait, disparassait dans la fôret avec son cavalier qui mugissait comme un taureau.
Ce fut le silence et la paix. Arthur remit son épée au fourreau. Il porta sa main à sa tête et le sang coula sur le manche de son haubert. Il cligna des yeux : il voyait une lueur dans l´herbe. Quand il rouvrit grand ses paupières la lueur était toujours là. Il poussa un cri de joie en en reconaissant la cause : cétait la lame de l´épée Marmiadoise qui flamboyait.
Il descendit de cheval, saisit l´épée fameuse, la releva, et la brandit vers les hautes branches, en hommage et en merci a Dieu. Sa poignée était faite d´un os du dragon qui gardait la Toison d´or. Jason avait tué le dragon, mais la poignée de son épée s´étant rompue, il l´avait remplacée par un os de la bête fantastique, celui qui se trouve dans son coeur et lui donne son courage et sa fureur.
Arthur remonta à cheval, tira Escalibur de son fourreau et montra les deux épées l´une a l´autre afin qu´elles se connaissent et s´aiment et ne s´affrontent jamais. Une épée dans chaque main, il riait de bonheur. Le sang chaud de sa tête lui coulait dans le cou. La fôret tournait autour de lui, son cheval oscillait comme un navire, des sons étranges lui emplissaient les oreilles. Il ne savait plus ou il était. Le cheval qui avait soif, se mit en marche vers l´oderu de l´eau
Viviane s´était étendue sur l´herbe à côté de la source, pour se sécher au soleil et avait sombré d´un seul coup dans le sommeil comme un petit enfant.
Pour ne pas la réveille, le cerf blanc avait cessé de respirer et de peser sur les graminées. En un geste de modestie, Viviane en fermant les yeux, avait posé sa main droite au bas de son ventre et son autre bras en travert de sa menue poitrine. Mais dans son sommeil ses bras avaient glissé, et il ne demeurait de son double geste que l´intention et la grâce.
Merlin, ravi, fit éclore à a la pointe de ses petits seins deux marguerites, posa une branche de menthe sur ses yeux, une prunelle sur ses lèvres et sur le minuscule demi-sourire rose de son sex, un rouge-gorge endormi.
si c pas bo sa...