Pour te répondre je citerais un poème de Colette :
"Je suis le diable. Le diable. Personne n’en doit douter. Il n’y a qu’à me voir, d’ailleurs. regardez-moi,
si vous l’osez ! Noir, d’un noir roussi par les feux de la géhenne. Les yeux vert poison, veinés de brun,
comme la fleur de la jusquiame. J’ai des cornes de poils blancs, raides, qui fusent hors de mes oreilles, et des
griffes, des griffes, des griffes. Combien de griffes ? Je ne sais pas. Cent mille, peut-être. J’ai une queue
plantée de travers, maigre, mobile, impérieuse, expressive – pour tout dire, diabolique.
Je suis le diable, et je vais commencer mes diableries sous la lune montante, parmi l’herbe bleue et les
roses violacées… Gardez-vous, si je chante trop haut cette nuit, de mettre le nez à la fenêtre : vous pourriez
mourir soudain de me voir, sur le faîte eu toit, assis tout noir au centre de la lune !…"
Est-ce cette vision que tu as de moi ? 