Liens MRAP/ Extrême gauche
Ce mouvement n’aime pas que l’on rappelle ni ses liens avec Moscou, ni sa curieuse conception de l’antiracisme. Le 2 juin 1995, l’organisation portait plainte pour diffamation contre François Nordmann, adjoint au maire du 20e arrondissement et chargé des relations avec les communautés ( puisque membre des B’naï B’rith), qui avait déclaré : « le MRAP est d’un antiracisme sélectif et est notoirement manipulé par le PCF. » Propos reprenant ceux de Jean Pierre-Bloch : « Le MRAP tient directement ses ordres du Parti communiste(Paris-Hebdo, 16 janvier 1980 ) ». De même, un troisième extrémiste juif, Henri Hadjenberg, confirmait : « Cette association est à la remorque du Parti communiste français(Meeting du Renouveau Juif organisé le 24 février 1981 à la Mutualité) », tandis que pour son coreligionnaire Paul Giniewski, le MRAP doit être « considéré comme d’obédience communiste(Droit et Libertés, décembre 1977 ) . »
On peut se demander pourquoi la LICRA attaque une organisation amie. Ces propos sont à replacer dans le contexte de l’époque. La LICRA est le canal d’expression des extrémistes juifs. Si des extrémistes juifs sont membres du MRAP, ils n’en constituent pas la majorité. Or, les années quatre-vingt coïncident avec la phase finale de la lutte entre les nationaux-communistes ( Brejnev, Marchais) et les internationalistes. Il est vrai que les rapports entre le MRAP et le PCF dépassent la simple courtoisie : ainsi, les premier locaux du MRAP furent ceux de la société d’édition de L’Humanité ; pour l’année 1978, le MRAP a disposé d’un stand dans les cinq fêtes communistes(Orléans ( 4 juin), Essonne ( 11 juin), Annecy, Limoges et Amiens ( 17-18 juin)) qui se sont tenues lors du mois de juin. Il est vrai qu’en mars de cette année là, Gaston Plissonier ( le « commissaire politique » en chef du PCF) a mentionné son entière approbation des principes qui animent le MRAP. Il va de soi que le MRAP est invité à chaque Fête de l’Humanité et que le PCF envoie des représentants à chaque congrès du MRAP. Le Congrès du MRAP du 20 janvier 1976 avait attiré des personnalités communistes de premier plan : Marcel Paul, André Karman ( maire d’Aubervilliers), Francis Combes ( Jeunesses Communistes) ; Jacques Lederman et Alphonse Véronèse ( de la CGT dirigée alors par Henoch « Henri » Krasucki) . Lors du Congrès de 1980, le PCF délégua quatre représentants : Gisèle Moreau, Jean Garcia, David Wizemberg et Marcel Zaidner ( ce dernier étant par ailleurs collaborateur aux Cahiers du communisme). Lors du Congrès de 1987, Henri Martin représentait le PCF et Toufik Baalache les Jeunesses Communistes.
La dialectique du MRAP est caractéristique d’un mouvement marxiste : outre la défense des Rosenberg, le MRAP s’illustra par le soutien de Staline lors de l’affaire du « complot des blouses blanches » : le psychiatre Louis le Guillant publia en février 1953 dans La Nouvelle critique un article intitulé Médecins criminels ou science pervertie un article reprenant la thèse stalinienne ; harangue anticapitaliste lors des funérailles de Benoît Frachon ; apologie de la Révolution Française(L’Humanité, 17 novembre 1987) ; favorisation de l’immigration-colonisation pour créer un sous-prolétariat allogène manipulable ; apologie de l’URSS et de ses soi-disant réussites qualifiées par Louis Mouscron de « remarquable épanouissement économique, social et culturel. »(Droit et Libertés, octobre 1974.).
Tempore Illis, le MRAP s’appelait le MNCR(Mouvement National Contre le Racisme). Il fut créé par Charles Lederman, dont nous avons abondamment parlé au chapitre 01, dans la ville de Toulouse, ville-phare de l’extrême gauche de par la présence massive des partisans de la dictature de Valence refoulés par Franco et sévissant dans notre pays. La base du MNRC était l’UJRE ( Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide), une organisation communiste dont le secrétaire général Albert Youdine était membre du PCF depuis 1934 et dont le président, Charles Lederman, était membre du PCF depuis 1926. Même si cet ashkénaze n’eut officiellement aucune fonction dans l’appareil dirigeant du Parti communiste, il fut tout de même très lié au PCF : fils d’un couple ayant des responsabilités dans le PC polonais, il sera candidat PCF aux législatives de 1986 et 1988, sénateur communiste du Val-de-Marne de 1977 à 1995, conseiller régional PCF d’Ile-de-France de 1977 à 1986 tout en étant conseiller municipal de Maison-Alfort. Avocat de profession, il fut celui du PCF et de la CGT… La première dirigeante du MNCR fut Régine Speiser, secrétaire de l’ancien numéro un du PCF, Marcel Cachin.
L’existence du MNRC fut éphémère : en juin 1946, il fusionna avec la LICA, devenant l’Alliance Antiraciste. Cependant, en décembre 1948, ce fut le divorce pour des raisons que nous aborderons plus loin. Même si les statuts ne furent déposés que le 5 mai 1950, le MRAP fut créé lors du Congrès du 22 mai 1949, sous le nom suivant : Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et pour la Paix. Si le MRAP n’eut d’existence officielle légale durant un an, sa création officielle est contemporaine de celle de l’Appel de Stockholm : lors du deuxième Congrès du MRAP ( 11 juin 1950), les 2034 délégués présents demandèrent d’ailleurs aux adhérents de signer le dit appel… Lors de ce Congrès, l’orateur principal fut le député communiste F... Florimond Bonte(Conférencier à la L\ Les Amis de l’Humanité. ( date non précisée, cité par Pierre Saint-Charles, la F‹ M‹ au Parlement, La Librairie Française, 1956, page 82.), parlementaire déchu et emprisonné en avril 1940 pour cause d’alliance entre nazis et communistes. Les trois premiers dirigeants du MRAP étaient des personnalités juives liées au communisme : André Blumel, Léon Lyon-Caen et Pierre Paraf. Même s’il n’était pas officiellement membre du PCF, Blumel se livra à l’apologie de Staline qu’il félicita pour son soutien à Israël(L’Observateur, 19 février 1953). Léon Lyon-Caen, lui, fut membre du PCF et dirigeant d’une organisation cryptocommuniste, L ‘Association internationale des Juristes Progressistes, à ne pas confondre avec l’Union internationale des Juristes Progressistes, dirigée par son fils Gérard Lyon-Caen, également membre du PCF. Le dirigeant occulte du MRAP fut le secrétaire-général Charles Palant, candidat aux législatives du 2 janvier 1956 sur une liste communiste. Ce dernier succéda à Albert Lévy, à ne pas confondre avec le substitut du procureur de Toulon qui n’est qu’un homonyme ( vraisemblablement membre de la LICRA) et dont nous reparlerons. A la différence de l’autre, ce Lévy là est cantalou et dirigea la section du PCF de Fontenay-aux-Roses ( il est membre du PCF depuis 1950) et fut secrétaire général ( comme au PCF) du MRAP depuis 1953. Qualifié de « dernier stalinien de Paris » par ses frères ennemis de la LICRA(Le Droit de vivre, mars 1976), il fut décoré Chevalier de la Légion d’Honneur par Nicole Questiaux(Ministre socialiste de la Solidarité Nationale, proche de Lionel Stoléru et de Alain Minc, elle a été démasquée en juin 1982 par Serge de Beketch qui publia un entretien qu’elle avait eue avec un responsable du PCF ( Jack Ralite) pour le compte duquel elle espionnait le Conseil des Ministres. Ceci lui coûta sa place alors qu’elle avait refusé de démissionner suite à l’affaire Lucet ( responsable patronal « suicidé » par la CGT dans les Bouches-du-Rhône)) en présence de trois notables du PCF ( Roger Martelli, Henri Meillat et Liliane Brozille) et du premier secrétaire de l’ambassade de RDA !
Au MRAP, c’est Lévy qui dirigeait et gérait la revue Droit et Liberté, dont les principaux collaborateurs étaient également membres du PCF : Jean-Pierre Giovenco ( sous la signature de Stephen Merres) et Jean-Louis Sagot-Duvauroux ( adhérent en 1974). L’actuel secrétaire-général du MRAP est officiellement Mouloud Aounit, un Algérien qui n’est naturalisé français que depuis le 17 mars 1986(Décret 1440DX85 du 11 février 1986. Il a acquis la nationalité française suite à son mariage le 30 juin 1984 avec Annie Esquin, elle-même naturalisée française de fraîche date…) est employé à la mairie communiste d’Aubervilliers ( à part cela, il n’y a aucun lien entre le MRAP et le PCF…) où il est censé être le directeur de la permanence d’accueil, d’information et d’orientation de la ville. Inutile de dire qu’on ne le voit pas souvent à son bureau. Visiblement, cet emploi fictif là est beaucoup moins intéressant que ceux de Tibéri… Le cursus au MRAP d’Aounit permet de confirmer les liens entre cette association et le PCF : après avoir fait ses premières armes au sein du Comité de Soutien des étudiants sierra-léonais de Paris-VII ( la « prestigieuse » université de Saint-Denis voisine de la non moins « prestigieuse » université de Villetaneuse où Aounit a passé une maîtrise en 1976) ; il fut président de la fédération du MRAP de la Seine-Saint-Denis ( hébergée par la mairie communiste de Stains). Comme par hasard, la Seine-Saint-Denis est le dernier fief du PCF… et le principal fief du MRAP, qui y compte quatorze comités locaux. On retrouva Aounit aux côtés du PCF lors de plusieurs manifestations, notamment pour la demande de levée du blocus imposé par les Etats-Unis à la dictature cubaine ( voir annexe 02) ou la demande de grâce pour l’assassin raciste . A noter qu’il participa comme orateur à un meeting de la LCR à Saint-Ouen le 8 juin 1996, ce qui ne fait que confirmer l’idéologie extrémiste et hostile aux libertés du MRAP. Le 1er mai 2000, le MRAP défilait aux côtés de la CGT, de la LCR, de Lutte Ouvrière, et de la CNT. Le MRAP est également lié à la F\et même à des groupes terroristes d’extrême gauche, comme nous le verrons dans les paragraphes et les chapitres suivants.