refusé : pour cause de PC qui est au toilettes : le PC du BS ne fait pas caca ![]()
faites que mon modem ne plante pas ![]()
Wismerhill_ Posté le 26 novembre 2004 à 19:50:33
refusé : pour cause de PC qui est au toilettes : le PC du BS ne fait pas caca
->ta aps compri
il dit ça pour m´emmerder parce qu´il c très bien qu´il ne va pas au toilette
toniox
je plaisanté : v pas te refuser un combat pour ca ![]()
euh y date de kan c combat? c t koi vos grades respectifs?
keyzer->moi j´étais soldier mais yuna n´avait pas encore évolué
Yuna dégaina EMrrald et assena 2 coup à l´oiseau qui lui lança BraiserX mais il lui revint et le guérit.
je vois de boomrang pourtant!
elle c gouré, j´y crois aps
moi qui pensais qu´un BS avec yuna ct dans la poche(fodrait qu´on fasse un BS un d´ses quatre keyzer
)
euh lé un peu bcp tro hyper court ce combat : ok yuna était mege mais kan meme : ca se tu pas en 3 glaciers kan meme d´autant plus que l´oiseau se soigne a plusieurs reprises
refusé : ca auré été un pti peu plus décrit et bien tourné joré accepté mais la : c fade, se passe rien, loiseau meurt hyper vite meme en se soignant...... pas terrible ce combat!
keyzer, mais bon je m´attendais a ça.......
bon v bouffer a++
@++++ keyzer bon bah moi j´y go j´vé sur le site, si vous m´chercher envoyez moi un mess privé ![]()
oh put1 c mort kan je re,bon bah v piker ff8 a ma frangine(vien la écorché,g plein de soins pour toi
) ![]()
intro : je me ss penché vers les nain qui mon appelé Thor chez heux qui veut dire Gus et ou j´ai vécu en tant que Nain
L´EPOPEE DE GUS
Chapitre premier :
Dans le château du Roi de la montagne
Les pas de Thor résonnaient le long de l´obscur couloir qui menait à la Forge. Toute sa vie, il avait parcouru le dédale de tunnels creusés dans la montagne, et connaissait par cœur le plan de la forteresse comme tous les Nains de Karaz Lok. Depuis des temps immémoriaux les Nains apprenaient à connaître leur montagne et à s´y repérer les yeux fermés dès l´enfance. Cela permettait, en cas d´invasion ennemie, d´éteindre toutes les torches afin de pouvoir évacuer les femmes et les enfants en toute sécurité. Les jeunes Nains jouaient même à faire la course dans l´obscurité sans se cogner, tant leur connaissance des souterrains était grande malgré leur jeune âge. Thor, lui, avait passé l´âge des jeux. Sa barbe cachant maintenant entièrement son cou, il venait enfin d´être reconnu comme adulte, malgré ses soixante ans! L´âge importait peu pour les Nains, et les soixante printemps de Thor étaient bien peu de chose en regard de la longévité exceptionnelle de cette race; un Nain pouvait espérer vivre des centaines d´années, et la plupart d´entre eux mouraient à la guerre ou accidentellement : bien peu étaient ceux qui finissaient dans leur lit! L´âge comme la sagesse étaient donc calculés selon la longueur de la barbe, ou celle des cheveux pour les femmes. Le plus vieux Nain de la forteresse ( et par conséquent le plus sage!) pouvait s´enorgueillir d´une magnifique barbe de plus de trois mètres de long; c´était le conseiller personnel du Roi de la Montagne et il totalisait pas moins de trois cent quarante-sept années d´existence . Bror, le père de Thor, était à cent soixante-quatorze ans un Nain " dans la force de l´âge". Il était maître forgeron de Karaz Kok et sa réputation s´étendait à toutes les forteresses avoisinantes.
Thor avait longtemps attendu le jour où il pourrait enfin devenir forgeron à part entière. Depuis de longues années, il n´était qu´apprenti et ne faisait que des corvées ou de petits travaux comme le forgeage de fers à cheval de basses qualités destinées aux Hommes de la vallée. Il rêvait depuis longtemps d´entrer à son tour dans la Guilde des Forgerons comme l´avaient fait avant lui son père, son grand-père et tous les fils aînés de sa famille depuis des générations. Le grade de Disciple Forgeron allait lui être attribué aujourd´hui après l´examen par le maître des runes de Karaz Lok de la hache de guerre qu´il venait de terminer, et qui représentait l´exercice ultime à accomplir pour entrer dans la Guilde. Ce grade lui permettrait enfin de forger des armes, des bijoux et des machines sophistiquées et de donner libre cours à son art. La préparation de la hache lui avait demandé six mois d´efforts et de soins, et tous ses amis s´accordaient à dire qu´elle était magnifique : aussi Thor ne ressentait aucun doute dans son esprit en se dirigeant ce matin-là vers la Forge de la Montagne.
Peu à peu le long souterrain qu´il suivait depuis dix bonnes minutes s´élargit tandis qu´un vent chaud montait des profondeurs : c´était la chaleur dégagée par le haut fourneau de la Forge qui parvenait loin en avant dans la forteresse. Bientôt Thor perçut le tintement des marteaux sur les enclumes, puis le chant des forgerons au travail. Ces chants étaient graves et solennels; ils parlaient de trésors perdus, de vieilles rancunes jamais vengées et de gloire passée, choses qui passionnaient les Nains au plus haut point mais qui laissaient indifférentes les autres races. Les hommes et les elfes appréciaient peu les chants des Nains, et avaient d´ailleurs rarement l´occasion de les entendre. La plupart des chants étaient écrits et interprétés dans la langue secrète des Nains qu´ils ne parlaient qu´entre eux et n´apprenaient à personne hormis leurs enfants, c´est pourquoi ils ne les chantaient guère devant les autres. Les chants écrits en Langage Commun étaient les moins beaux, et la voix grave et sourde des Nains avait valu à leurs chants une réputation peu flatteuse auprès des hommes. Lorsque Thor pénétra enfin dans la Grande Salle où les forgerons étaient au travail, ceux-ci entonnaient la Chanson de la Forge, leur chanson. Le couloir qu´avait suivi Thor débouchait sur une plate-forme étroite qui surplombait toute la salle; chaque fois qu´il arrivait là il prenait quelques secondes pour contempler le spectacle magnifique qui s´offrait à ses yeux : la lumière vacillante du grand feu entretenu de jour comme de nuit éclairait toute la pièce, lui donnant un aspect mystérieux renforcé par le son puissant de l´imposant soufflet de forge qui alimentait en air le brasier. Ce souffle semblait être celui de la montagne, comme celui de sa respiration lente, forte et régulière. Ce souffle donnait vie au cœur de la forteresse. Quinze forgerons Nains étaient au travail, et Thor leur trouvait une allure magnifique; ils étaient semblables à leurs lointains ancêtres, ceux qui côtoyaient les Dieux et qui avaient forgé les plus beaux objets jamais créés. L´idée de devenir l´un d´entre eux était pour Thor la source d´une fierté sans bornes.
Il fut subitement tiré de sa rêverie par la voix de Gimbur, le Maître des Runes en personne, qui l´interpella du bas de l´escalier où menait la plate-forme.
_" Viens ici, rêveur! Nous avons à parler!"
Sa voix était rude, et il passait pour un Nain bourru, ce qui lui avait valu un surnom qu´on aurait pu traduire par " regard sévère" en Langage Commun. Le fait est qu´il ne se montrait jamais aimable, tout juste poli, et qu´il ne parlait que très brièvement, fuyant les longues conversations. Thor savait cependant que Gimbur sous des dehors peu engageants pouvait témoigner d´une réelle amitié et ne se donnait cet air renfrogné que pour être à la hauteur de la réputation de sévérité qu´on prêtait à tous les Maîtres des Runes. En descendant les quelques marches qui le séparaient encore du vieux Nain, Thor remarqua la hache qu´il avait forgée pendant à la ceinture de Gimbur. Le Maître des Runes, voyant sur quoi se tournaient ses regards eut alors un léger sourire qui disparut bien vite.
_"C´est une bonne arme! dit-il. Je l´ai examinée longtemps et vraiment tu as fait là du beau travail. Ton père peut être fier de toi. Disant cela il tourna les yeux vers Bror qui martelait distraitement un vieux fer à cheval pour avoir l´air occupé, mais qui ne perdait rien de la conversation entre le Maître des Runes et son fils. Je me suis permis, reprit Gimbur, de prendre un peu d´avance sur ce qui était prévu; les vents de magie étaient très favorables la nuit dernière et je ne pouvais pas laisser passer l´occasion de graver une si belle hache. J´ai pu lui faire porter trois runes très puissantes et elle les a bien supportées. C´est une bonne arme! répéta-t-il.
_Trois runes! murmura Thor
_L´une d´elle est même une Rune Jalouse". En prononçant ces paroles il put lire la stupéfaction sur le visage de l´apprenti : les Runes Majeures ou Runes Jalouses comme les nommaient les Maîtres des Runes étaient les plus puissantes et l´on ne pouvait les graver que sur des objets d´une grande qualité de fabrication. Le travail des postulants au titre de forgeron était habituellement gravé d´une ou deux runes mineures, et souvent ces objets cassaient sous la puissance magique qui leur était insufflée. Le test était alors raté et l´apprenti n´avait plus qu´à recommencer. En prenant le risque de graver d´une rune si puissante la hache de Thor, et en lui en faisant porter encore deux autres avec, Gimbur avait voulu mettre à l´épreuve son travail mais aussi montrer la confiance qu´il avait en lui. Il était impossible de lui faire subir examen plus dur à passer: un objet ne pouvait en effet recevoir plus de trois runes et il ne pouvait y avoir deux runes majeures sur un même objet. Thor était donc désormais en possession d´une arme très puissante, et il venait d´entrer dans la Guilde de façon extrêmement brillante.
_"C´est un grand honneur pour….commença-t-il, mais il fut interrompu par Gimbur qui tenait à rester distant :
_Trêve de bavardages! Prépare-toi plutôt pour la cérémonie de ce soir. Bienvenue dans la Guilde. J´ai à faire maintenant," ajouta-t-il en tournant les talons. Il disparut bientôt dans un petit couloir qui menait à ses appartements.
Thor était au comble du bonheur et son père qui ne cachait plus sa fierté lui fit de loin un grand sourire. Le père et le fils n´échangèrent aucune parole mais Thor savait que ce soir, après la cérémonie, une grande fête de famille allait être organisée où il recevrait enfin les chaleureuses félicitations de Bror. Pour patienter jusqu´au soir il alla aider son ami Dwaïn à polir quelques pièces de métal, tâche ingrate qui avait cependant le mérite de ne réclamer aucune attention particulière, ce qui convenait tout à fait à Thor, bien trop joyeux pour l´instant pour exécuter correctement un travail un peu sérieux. Bror, tout à sa fierté de voir son fils entrer dans la Guilde, martelait depuis cinq bonnes minutes le même fer à cheval à présent difforme et tout aplati. Il ne s´en rendit compte que lorsque son cousin Fâli, passant auprès de lui, lui fit remarquer en riant le peu d´utilité de son travail. Un peu confus, il alla se joindre à une équipe de forgerons qui descendait dans les mines des profondeurs de la Montagne afin d´y installer un système d´évacuation de l´eau.
La journée passa lentement. Thor rêvait à ses créations futures tout en polissant le métal, et écoutait d´une oreille distraite la conversation de Dwaïn. Son ami était rempli d´admiration pour lui, et l´enviait secrètement car lui aussi devait bientôt passer l´examen d´entrée dans la Guilde. Il avait choisi de préparer comme œuvre à présenter au Maître des Runes une arquebuse, et se creusait la tête depuis des semaines pour empêcher le canon de l´engin d´exploser dès la première utilisation. Cet incident était fréquent avec toutes les armes à feu et Dwaïn appréhendait le moment où il testerait son arme pour la première fois. Pour se rassurer, il refaisait sans cesse ses calculs de résistance de l´acier par rapport à la puissance de la poudre, et prenait à tout moment l´avis de ses aînés. Thor qui venait de passer son examen constituait pour lui un interlocuteur de choix, et il le submergeait de questions. Cependant, à force de n´obtenir de sa part que des réponses évasives et des conseils inutiles, il finit par se lasser et reprit son polissage.
La fin de l´après-midi approchait, et les Nains s´apprêtaient à abandonner leur travail pour passer à table lorsque l´on entendit dans la salle un terrible craquement, suivi d´appels au secours qui provenaient du couloir du puits de mine. Immédiatement tous les Nains se ruèrent en direction de l´origine du bruit. Thor courait en tête, de toutes ses jambes, car il avait reconnu dans la voix qui appelait à l´aide celle de son propre père. Après un temps qui lui parut une éternité, il arriva enfin devant le puits de mine d´où provenait les cris, et fut horrifié du spectacle qui s´offrit à sa vue: le treuil auquel était suspendue la nacelle dans laquelle avaient pris place les ouvriers Nains qui remontaient de la mine avait cédé sous le poids, et les malheureux avaient fait une chute mortelle de plus de trente mètres. Seul son père avait pu s´agripper à un câble et se balançait dans le vide juste au-dessous de lui. Il gémissait de douleur, et jetait vers son fils des regards désespérés. Thor s´empara immédiatement du câble et tira de toutes ses forces pour le remonter. Il entendait les autres Nains qu´il avait largement distancés arriver derrière lui, et criait à son père de tenir bon tout en le tirant à lui; mais malgré toute sa volonté, il ne parvenait pas à le hisser d´un pouce. Les autres forgerons arrivèrent enfin dans la salle. Ils n´eurent cependant pas le temps de lui venir en aide : derrière lui le câble qui était coincé par les débris du treuil se libéra brusquement et se mit à lui filer entre les doigts. L´acier lui brûla les chairs et ses mains s´ensanglantèrent alors qu´il faisait des efforts désespérés pour retenir le filin. Il criait tandis que la douleur s´intensifiait inexorablement, et atteignait un point que nul être vivant n´aurait pu supporter plus longtemps. Dans un hurlement de souffrance et de rage, Thor lâcha le câble.
suite:
Chapitre deux :
Le serment du Tueur
Le vent glacé qui soufflait sur les collines désertiques traversait facilement le léger manteau de lin de Thor, et rendait sa marche encore plus pénible. Il décida de s´arrêter au bord du sentier contre le tronc d´un vieil arbre mort, à l´abri de la morsure du froid. Depuis son départ de Karaz Lok trois jours auparavant il n´avait fait que cinq pauses très courtes et n´avait pas dormi. Il suivait volontairement ce sentier désert qui menait vers des contrées désolées afin de s´éloigner des routes commerciales très fréquentées et totalement sûres. Il n´avait pas rencontré âme qui vive sur son chemin depuis deux jours, et les dernières personnes à l´avoir vu ne lui avaient pas adressé la parole, avaient baissé les yeux et s´étaient éloignées sans se retourner. Il était désormais un solitaire, un exclu volontaire et sa vie ne lui appartenait plus: il était devenu un Tueur.
La mort de son père avait détruit sa vie à jamais. Après l´accident on avait remonté les corps du puits de mine et Thor avait veillé la dépouille de Bror toute la nuit. Le soir qui devait être celui de son entrée dans la Guilde et par conséquent l´instant le plus important de sa vie s´était transformé en un cauchemar qui le hanterait jusqu´à la fin de ses jours. Il n´avait pas versé une larme, n´avait pas proféré un son pendant la longue veillée funèbre et les pensées s´étaient bousculées sans répit dans son esprit. Personne n´était responsable de l´usure du treuil qui avait déclenché la catastrophe, et tous les témoins avaient vu Thor tenter de sauver son père à tout prix; tous avaient vu ses mains ensanglantées et horriblement brûlées par le frottement de l´acier; tous reconnaissaient qu´il eût été impossible à n´importe qui de retenir le câble et pourtant…Pourtant Thor avait choisi de porter seul le poids de cette tragédie. Il était le dernier espoir de son père, il avait pu lire sa détresse dans le regard qu´il lui avait jeté, et aurait dû le sauver ou mourir avec lui en tentant de le faire. Au lieu de cela, la douleur lui avait fait lâcher prise et Bror était mort par sa faute. Ce raisonnement aurait pu paraître absurde à un humain mais pour un Nain, il était tout à fait plausible. L´honneur de Thor était entaché à jamais à ses propres yeux, et il n´avait aucun ennemi contre qui exercer sa vengeance. l´Ordre des Tueurs lui avait fourni la dernière porte de sortie possible en l´acceptant dans ses rangs.
Ses mains avaient été soignées et même s´il garderait toute sa vie de profondes cicatrices il pouvait s´en servir normalement. Sitôt après sa guérison il était aller trouver Frerïn, qu´il savait être membre de l´Ordre des Tueurs et lui avait demandé de le faire entrer dans la secte. Ce dernier ne lui avait posé aucune question, ne lui avait jeté aucun regard de pitié ou de compassion, et s´était contenté de marmonner quelques réflexions personnelles dans sa barbe sans sembler prêter attention à la requête de Thor Frerïn Sans-Regrets ( c´était là son surnom) était un Nain important, bien plus encore que ne l´imaginaient les habitants de Karaz Lok qui connaissaient son appartenance à la secte des Tueurs sans pour autant savoir quel rôle exact il jouait dans cette organisation secrète. Son visage était très pâle, presque blanc, ce qui est très rare chez les Nains, et une flamme brûlait sans trêve au fond de ses yeux. Les autres Nains ne l´aimaient pas beaucoup et il était toujours seul. On ne savait pas grand-chose sur lui sinon qu´il venait de la région de Karaz a Karak où il avait une fille unique pour toute famille, et qu´il allait et venait entre les forteresses Naines sans qu´on sache trop pourquoi ni comment. Il séjournait depuis trois semaines à Karaz Lok et n´allait pas tarder à partir selon toute vraisemblance : son sac était déjà fait et sa chambre était entièrement rangée et nettoyée lorsque Thor était allé le trouver. Après quelques minutes de pesant silence il avait lâché brusquement quelques mots, disant qu´il attendrait le jeune Nain dans la Salle du Temple le soir même, et l´avait congédié sans plus d´explications.
Thor devait garder longtemps les images de la cérémonie en mémoire. Lorsqu´il était entré le soir dans la Salle du Temple ce n´était pas un Nain qui l´attendait mais dix. Tous avaient la tête recouverte d´une cagoule orange vif, la couleur de l´Ordre, et étaient assis en cercle au centre de la salle. Ces Nains devaient être des habitants de Karaz Lok car Thor n´avait vu aucun étranger arriver à la forteresse ce jour-là et Frerïn était le seul hôte hébergé à ce moment-là dans la Montagne. La secte avait des membres un peu partout, et tous n´avaient pas fait le Serment des Tueurs: ils continuaient à mener une vie normale tout en faisant partie de l´Ordre et en participant à ses activités secrètes. Toutes ces choses restaient ignorées du reste de la population, et Thor en découvrant cette petite assemblée qui l´attendait avait été, comme on l´imagine, bien surpris de découvrir que la puissante organisation secrète avait des ramifications jusque dans sa paisible montagne natale.
_"Approche! avait dit une voix que Thor avait aussitôt reconnue comme étant celle de Frerïn. Il s´était avancé au milieu du cercle sans dire un mot, et avait attendu tandis que chacun des membres de l´assemblée semblait le juger du regard.
_"Tu as exprimé le souhait d´entrer dans l´Ordre, Thor fils de Bror" avait continué Frerïn. " Nous connaissons tous tes raisons, et nous nous associons à ta peine. Tu connais nos lois. Si tu acceptes de devenir l´un d´entre nous, tu renonceras à protéger ta vie, tu renonceras à céder à la peur de la mort, tu n´auras plus le droit de porter d´armure ni de bouclier au combat, et tu ne pourras plus reculer devant aucun danger. En contrepartie nous t´offrons la possibilité d´exercer ta vengeance. Ta haine n´a pas de corps, tu n´as aucun ennemi à tuer pour venger la mort de ton père ; rejoins nos rangs et tu retrouveras ton honneur dans une mort glorieuse au combat. Sache aussi que si tu fais le serment d´appartenir à notre Ordre tu ne pourras plus jamais le briser, et si tu ne trouves pas la mort au combat ton fils devra à son tour tenter de regagner ton honneur en faisant lui aussi ce serment. Tu ne seras délivré de ta parole que par ta propre mort ou par celle de l´un de tes descendants. Acceptes-tu ces conditions et fais-tu le serment d´obéir à nos lois?
_J´en fais le serment. répondit Thor d´une voix monocorde.
_Bienvenue parmi nous, Thor aux Mains de Sang."
Chaque Tueur avait en effet un surnom qui lui était donné à son entrée dans l´Ordre par le Maître de cérémonie. Il faisait en général référence à un trait particulier du nouveau venu, et devait être porté avec fierté jusqu´à la mort au même titre que le nom réel. Mais ces détails n´avaient aucune importance aux yeux de Thor Il n´avait pas non plus manifesté la moindre émotion lorsqu´on lui avait rasé presque entièrement le crâne, en ne laissant qu´une crête de cheveux qu´on avait teinte en orange pour montrer sa condition de Tueur aux yeux de tous. Cette coiffure était à la fois le symbole de la recherche de l´honneur perdu et un terrible avertissement lancé à l´ennemi pour lui signifier que son adversaire ne reculerait pas et préférerait mourir sur place.
Enfin, Thor avait pris la hache qu´il avait forgée de ses propres mains et après avoir juré dessus qu´il ne faillirait jamais à sa quête ( ç´eût été un déshonneur impensable pour lui et pour tous les Membres de l´Ordre) il avait quitté l´assemblée et était allé faire son bagage. La nuit venue, sans avoir fait d´adieux à personne il était sorti de sa forteresse natale et avait pris le chemin du Sud, celui qui menait vers les contrées désolées où vivaient les tribus d´Orques et de Gobelins. Il devait à présent affronter tous les êtres maléfiques qu´il rencontrerait et en tuer le plus grand nombre possible avant de mourir à son tour.
Tous ces événements lui revenaient en mémoire alors qu´il se reposait de sa longue marche sur le bord du sentier. Il se demandait combien de temps il lui faudrait encore marcher avant d´atteindre le pays des Gobelins, et ce qu´il faudrait faire pour les trouver une fois sur place. Les Gobelins vivent en effet reclus dans leurs terriers dont les entrées sont soigneusement dissimulées et impossible à découvrir pour un étranger à leur clan, et ils ne sortent la plupart du temps que la nuit pour s´attaquer à des proies faciles comme les petits convois ou les voyageurs égarés. En aucun cas ils ne se risqueraient à affronter un Tueur, et toutes les chances de les approcher de près pour Thor se résumeraient à se faire égorger pendant son sommeil. Il savait tout cela, mais était décidé à aller là où le danger était le plus grand, quitte à mourir sans avoir pu tuer le moindre ennemi.
Thor était plongé dans ces macabres pensées lorsqu´il crut entendre au loin un chant, à peine perceptible à cause du vent violent qui soufflait sur les collines. Il se redressa immédiatement et tira sa hache de sa ceinture, puis jeta un œil derrière l´arbre mort en direction du chemin. Le chanteur se rapprochait. Thor ne pouvait pas encore le voir mais sa chanson se faisait de plus en plus audible et l´on pouvait à présent en comprendre les paroles. C´était un chant en Langage Commun, et la voix semblait être celle d´un humain. Cependant Thor restait sur ses gardes car les rares humains à s´aventurer sur ces terres étaient pour la plupart des brigands, et de manière générale les braves gens ne se rendaient jamais aussi loin des routes commerciales. L´homme semblait être seul car Thor ne distinguait qu´une voix, et ne percevait pas de bruits de conversations. Mais tout à coup la chanson cessa net et il n´entendit à nouveau que le hurlement du vent. Il ne voyait toujours personne sur le sentier et commençait à s´interroger sur ce mystère quand une voix derrière lui le fit sursauter:
_"Les Gobelins ne chantent jamais lorsqu´ils vous suivent! Ils se contentent de vous rejoindre silencieusement, de vous bondir dessus et de vous trancher la gorge par-derrière."
Thor fit volte-face. Un humain se tenait devant lui, les bras croisés, et le regardait en souriant.
_"Vous n´en rencontrerez d´ailleurs aucun par ici, maître Tueur. Ces collines n´intéressent personne à part les voyageurs comme vous et moi, fit-il en s´asseyant sur une grosse pierre.
_Qui êtes-vous? demanda Thor d´une voix menaçante, furieux d´avoir été surpris.
_Je vous l´ai dit, un voyageur. Mais il vaut mieux en effet que je me présente: mon nom est Ganyal, fils de Paryan. Je viens de Talabheim et je me rends dans le Sud.
_ Thor aux Mains de Sang, fils de Bror, pour vous servir" répondit-il un peu surpris. Il s´attendait en effet à avoir à combattre l´étranger une minute auparavant et voilà qu´il devait maintenant lui faire des politesses! " Pourquoi me suiviez-vous donc, et comment, si je puis me permettre, m´avez vous contourné sans que je m´en aperçoive?
_Eh mon Dieu! Je n´ai jamais dit que je vous suivais, et c´est par pur hasard que nous nous sommes rencontrés je vous le jure! Et pour répondre à votre seconde question , Thor aux Mains de Sang, sachez seulement que ma prudence naturelle me conseille toujours d´approcher discrètement une personne qui m´attend dissimulée derrière un arbre avec une hache à la main! Pouvez-vous à propos la remettre à votre ceinture; je crois que vous pouvez juger à présent que je ne représente pas un danger pour votre vie.
_Sachez que je ne crains jamais pour ma vie, répondit Thor en s´exécutant.
_Oh je sais tout cela, j´ai déjà eu l´occasion de rencontrer des Tueurs dans le passé. Mais je vois que le soir commence à tomber : que diriez-vous de poursuivre cette discussion autour d´un bon repas? Je suppose que vous n´en avez plus pris depuis assez longtemps à voir votre air abattu, et de toute façon les Nains ne refusent jamais de s´asseoir à une bonne table, pour autant que l´on puisse trouver quelque chose qui nous serve de table dans les environs!
_Je vois que vous connaissez bien mon peuple, Ganyal! J´accepte de grand cœur car je dois dire que je suis tellement affamé que je pourrais manger des cailloux! fit-il, ravi.
_J´ai heureusement autre chose à vous proposer." dit Ganyal en riant, et il sortit de sa musette un pâté, du fromage et une outre de bière.
La soirée se passa joyeusement, et les deux compères mangèrent beaucoup et parlèrent longuement. Ganyal ne posa aucune question sur les raisons qui avaient poussé le Nain à entrer dans l´Ordre, sachant que les Tueurs ne parlent quasiment jamais de ce sujet pénible. Il semblait bien connaître les Nains et se montra très amical avec son invité. Ils décidèrent de faire route ensemble à partir du lendemain et Thor s´endormit en toute confiance aux côtés de son nouveau compagnon, n´ayant de toute façon pas d´or ni quoi que ce soit de précieux sur lui, et sa vie, comme on le sait, ayant à présent une valeur tout à fait dérisoire à ses yeux. Quant à sa hache, l´homme n´aurait pu la lui prendre qu´en le tuant, car elle était attachée par une chaîne à son poignet. Ses appréhensions se révélèrent finalement injustifiées et le lendemain il fut tiré de son sommeil par Ganyal qui lui proposait une tasse de tisane en guise de petit déjeuner.
Gus: ça fait du pavé quand même, espace un peu lors des fics ![]()
Chapitre trois :
Le Pas des Gobelins
Pendant huit jours, Thor et Ganyal avaient fait route ensemble vers le sud; ils n´avaient rencontré personne sur leur chemin, pas même un animal, et les provisions commençaient à s´épuiser quand un soir Ganyal qui s´était éloigné pour aller chercher du bois pour le feu revint tout joyeux vers son ami.
_"J´ai aperçu du haut de cette colline une rivière que je connais bien, et qui mène à Barak Varr. Je sais où nous nous trouvons à présent : nous sommes aux portes des Terres Arides, entre le Roc de Fer et Rocher Noir exactement. Nous avons dû suivre un sentier que bien peu de gens empruntent, ma foi, et il conduit à des régions assez mal fréquentées! Mais au moins il y a du gibier par ici et nous pourrons manger un peu mieux ce soir, pour peu que j´arrive à réparer mon arc."
Le menu fut en effet meilleur que d´habitude ce soir-là, Ganyal ayant réussi à réparer son arc et à tuer une sorte de petit lapin qui se révéla excellent une fois cuit à la broche. La nuit Thor se mit à réfléchir: il avait entendu parler de ces régions et d´après ce qu´on lui avait raconté elles étaient peuplées de tribus de Gobelins qui faisaient du commerce avec les Orques des montagnes et qui n´attendaient qu´un chef de guerre suffisamment malin et populaire pour les rassembler et les emmener piller les riches cités portuaires du golfe Noir, à commencer par la plus importante d´entre elles, la ville fortifiée des Nains de Barak Varr. S´il descendait encore plus au Sud, il était certain de trouver suffisamment d´ennemis à affronter pour retrouver son honneur.
Le lendemain ils descendirent le long du cours de la rivière, et arrivèrent en fin de matinée à une croisée de quatre chemins. Un gué permettait de traverser la rivière et de prendre le sentier du Sud qui s´enfonçait au milieu d´une végétation basse très dense; au Nord-Ouest le chemin qu´ils avaient suivi continuait le long de la rivière jusqu´à Barak Varr ; le chemin du Nord-Est menait quant à lui tout droit vers la sinistre forteresse du Roc de Fer dont ils pouvaient apercevoir les tours à l´horizon. C´était un repère d´Orques, et il était inutile d´espérer y pénétrer sans une puissante armée.
_"Eh bien je pense que je vais aller là où j´aurai le plus de chances de rencontrer des Gobelins : au Sud! dit Thor en contemplant la lande qui s´ouvrait devant lui. Ganyal fronça les sourcils :
_Pour en rencontrer, vous en rencontreriez faites-moi confiance! Savez-vous ce que c´est que ce sentier qui part à travers les broussailles, malheureux? Non, bien sûr, vous n´aviez jamais quitté votre Montagne auparavant. Je vais vous le dire: on l´appelle le Pas des Gobelins, et il porte bien son nom : c´est la principale route commerciale entre les Terres Arides et les forteresses Orques du Nord, et c´est par là que passent les convois de marchandises et les armées de Peaux Vertes venant du Sud. Je sais le peu de prix que vous accordez à votre vie, vous autres Tueurs, mais croyez-moi si vous vous engagez ici vous irez rejoindre rapidement vos ancêtres sans avoir une seule chance de vous en tirer. Les ajoncs que vous voyez le long du sentier ont des épines si pointues qu´il vous sera impossible de vous réfugier dans la lande, et le Pas est si long qu´il vous faudrait au moins sept jours pour le parcourir de bout en bout. Une fois que vous serez surpris en plein milieu par une tribu de Gobelins vous serez bien avancé : ils vous cribleront de flèches et vous n´aurez pas le temps d´en tuer un seul! Autant vous diriger tout droit vers la forteresse du Roc de Fer, courir vers ses murailles et tenter de s´en approcher le plus près possible avant de s´écrouler percé de carreaux d´arbalètes! Vous feriez plaisir aux Orques, croyez-moi; ils doivent s´ennuyer ferme là-bas : les fous dans votre genre sont assez peu nombreux!"
Thor n´avait pas dit un mot pendant que son ami cherchait à le convaincre de renoncer à cette folie et de l´accompagner à Barak Varr. Il savait que sa vie risquait d´être courte mais cela lui était bien égal; sa décision était déjà prise et il ne ferait plus marche arrière. Ganyal comprit à son regard qu´il ne changerait pas d´avis et n´insista pas.
_"Adieu donc, maître Thor! Ravi de vous avoir connu. Je dirai à votre famille que vous avez été brave... brave et stupide. ajouta-t-il en se retournant avant de s´éloigner en direction de Barak Varr.
_Au revoir Ganyal, fils de Paryan; et merci. Je ne vous oublierai pas."
Ganyal haussa les épaules sans se retourner et continua sa route. Il ne fut bientôt plus qu´un point à l´horizon, puis disparut tout à fait. Thor resta perdu dans ses pensées quelques minutes et se remit finalement en route. Il bondit par-dessus les pierres glissantes du gué, rejoignit l´autre rive et s´enfonça dans la lande par le petit chemin étroit au milieu des ajoncs.
Il marcha trois jours sans rencontrer le moindre Gobelin ni croiser d´autre chemin, et aussi loin que portait son regard il ne voyait que la plaine qui paraissait être sans fin. Pendant la journée il ne percevait aucune présence aux alentours et le soleil écrasant semblait étouffer tout bruit, mais la nuit venue le maquis s´animait et Thor pouvait entendre de mystérieuses bêtes, grosses et petites, se déplacer ou chasser tout près de lui. Il semblait même y avoir des sangliers sauvages, protégés des ajoncs par leur cuir épais; Thor avait entendu dire que certains Orques téméraires parvenaient à en dresser et à les chevaucher lorsqu´ils allaient au combat, chose qui lui paraissait assez improbable et qui pourtant était vraie. Cependant, toutes ces réflexions ne lui ôtaient pas de la tête qu´il s´était engagé sur ce sentier non pas pour découvrir à quoi ressemblaient les sangliers mais pour rencontrer et tuer des Gobelins; or, malgré les avertissements de Ganyal ceux-ci restaient introuvables. Pourtant, au soir du troisième jour, Thor aperçut enfin au cœur de la lande une lumière vacillante et lointaine qui semblait provenir d´une torche. Elle fut bientôt suivie de centaines d´autres, qui formaient un mince lacet ondulant au milieu de l´obscurité en direction de l´endroit où il se trouvait. Bientôt le Nain put entendre des cris perçants et des claquements de fouets; c´était manifestement une colonne de Gobelins qui remontait le Pas au trot sous les coups et les injures de ses chefs. Thor décida de se dresser au milieu du sentier, prêt au combat et attendant ses ennemis de pied ferme.
De toute évidence les Gobelins ne soupçonnaient pas qu´un étranger puisse se risquer aussi loin dans leurs terres, et la seule préoccupation de chacun d´entre eux était pour toute la durée de la traversée du Pas de se trouver le plus longtemps possible en tête de la colonne pour avoir l´honneur d´ouvrir la marche. Cet honneur étant ( pour une fois) sans danger, les candidats au poste d´éclaireur principal se bousculaient à la première place. Blok courait en tête du cortège. Il venait juste de doubler Gnarf en lui faisant un croche-pied, et tentait d´empêcher à tout prix Glo-Douk de le dépasser. Ce dernier lui avait mordu le doigt lorsque Blok lui avait mis la main dans la figure et tentait à présent de lui faire avaler sa torche. D´un coup de coude bien ajusté en plein menton, Blok s´en débarrassa habilement et se retrouva seul en tête. Jetant un petit coup d´œil par-derrière, il s´aperçut avec joie qu´il avait à présent plusieurs dizaines de mètres d´avance sur ses poursuivants les plus proches et eut un petit rire de satisfaction. Malheureusement pour lui sa joie fut de courte durée: il s´était à peine retourné qu´il trébucha contre une grosse racine et s´étala de tout son long dans la terre poussiéreuse du sentier. Relevant la tête en grommelant, Blok vit d´abord deux pieds juste devant son nez ; il leva alors les yeux et aperçut enfin Thor qui se tenait dressé devant lui ; il vit son regard froid, ses cheveux couleur de feu et la lame de sa hache qui reflétait sous la lune une lueur sinistre : c´en était trop pour lui. Se relevant d´un bond, il tenta de s´enfuir mais fut décapité sans avoir pu proférer un son et sa tête alla rouler dans le fossé au bord du sentier.
Thor prit une profonde inspiration. Sa hache venait enfin de tuer un ennemi, et luisait d´une aura surnaturelle. La magie runique dont elle était chargée venait de décharger toute sa puissance dans le coup qu´il avait porté, et bien qu´il n´eût tué qu´un misérable Gobelin, Thor sentait une extraordinaire facilité à manier son arme qui semblait animée d´une vie propre. Il se prépara à affronter les autres Gobelins qu´il entendait arriver en masse dans le sentier mais qui n´avaient pu voir ce qui s´était passé, le chemin décrivant une courbe juste à l´endroit où Thor se tenait. En déboulant sur les lieux, les premiers d´entre eux ( parmi lesquels se tenait Glo-Douk furieux d´avoir été semé par le pauvre Blok) aperçurent Thor qui les attendait debout devant le cadavre sans tête de leur compère. Ils n´eurent pas le temps de réaliser ce qui s´était passé et tombèrent également, victimes de la terrible lame. Ceux qui les suivaient eurent le temps de s´arrêter en pleine course, lâchèrent leurs torches en couinant de peur et tentèrent de faire demi-tour à toute vitesse, mais ils se heurtèrent à d´autres Gobelins qui arrivaient à leur tour sur les lieux et provoquèrent un bel accident. Bientôt le désordre fut total. Les Gobelins mouraient les uns après les autres sous les coups du Tueur, et ceux qui arrivaient à lui échapper refluaient dans le sentier et se retrouvaient bloqués par le reste de la colonne, ou sautaient dans les ajoncs et hurlaient de douleur, la peau déchirée par les épines acérées des taillis. Tous les Gobelins qui avaient vu le Nain et qui avaient pu lui échapper en retournant sur leurs pas effrayèrent leurs camarades par leurs cris ou leurs blessures, et allumèrent le signal de la panique générale, qui se propagea en un instant à toute la colonne. Le bruit courut qu´un puissant guerrier faisait une hécatombe parmi ses ennemis en tête de la colonne et que nul ne pourrait lui échapper ; d´autres affirmaient que la caravane était tombée dans une embuscade tendue par les Hommes de la vallée ; d´autres enfin ( et c´étaient les plus nombreux) n´affirmaient rien du tout et se contentaient de fuir en poussant des hurlements. Les chefs Orques qui encadraient les Gobelins tentèrent bien de calmer les esprits en distribuant des volées de baffes et de coups de fouet mais ils n´arrivèrent à aucun résultat et certains d´entre eux commencèrent même à fuir à leur tour.
meu non
Bah si je viens de finir le deuxième pavé, et j´ai mal aux yeux, j´ai pas envie de lire le troisième là...
suite du chapitre:
Pendant ce temps, Thor poursuivait ses ennemis en enjambant des dizaines de cadavres sur son chemin et en éliminant impitoyablement les retardataires. Les Gobelins étaient cependant parvenus à prendre un peu d´avance sur lui malgré leur fuite désordonnée, poussés sans doute par la motivation de garder leur tête en place sur leurs épaules, et, chose plus grave, avaient involontairement mis le feu aux broussailles en laissant tomber leurs torches dans leur course effrénée. Toute retraite était désormais impossible pour Thor, les flammes et la fumée ayant envahi le chemin derrière lui : il devait continuer à poursuivre les Peaux-vertes en fuite sous peine de mourir dans l´incendie de la lande.
Il courait depuis longtemps avec le feu à ses trousses et n´avait plus aperçu le moindre Gobelin depuis cinq bonnes minutes quand tout à coup une flèche siffla à ses oreilles. Un grand Orque Noir, caché dans l´ombre du sentier un arc à la main, venait de lui décocher sa dernière flèche et fouillait avec rage dans son carquois vide. Thor l´aperçut du chemin et le défia:
_"Viens donc te battre en pleine lumière, Peau-Verte! Ou peut-être as tu peur et préfères-tu rôtir parmi les broussailles avec les crapauds et les gorets sauvages?"
Le grand Orque poussa un grognement de colère et bondit au milieu du sentier, faisant preuve d´une agilité surprenante pour une créature de sa taille et de sa corpulence. Les Orques aiment les combats, et la mort n´est pas pour eux quelque chose d´effrayant, contrairement aux humains. Cependant l´adversaire de Thor sentait que le Nain n´était pas un guerrier ordinaire et cela le perturbait quelque peu tout au fond de son être. Thor quant à lui arborait un sourire funeste; il n´avait jusqu´ici pas combattu à proprement parler et avait simplement taillé en pièces une vingtaine de Gobelins apeurés qui ne lui avaient pas opposé la moindre résistance; la perspective d´un véritable duel à mort où seul le plus brave et le plus fort survivrait lui donnait enfin la satisfaction d´être face à son destin.
Le combat s´engagea. Thor para le premier coup de cimeterre de l´Orque qui s´était littéralement rué sur lui en poussant un féroce cri de guerre. Les attaques de son ennemi étaient puissantes et nombreuses, mais à chaque coup il parvenait à s´esquiver ou à bloquer la lame immense de l´Orque Noir avec sa propre hache qui était son dernier rempart avant la mort, puisqu´il ne portait ni armure ni bouclier. Ses propres coups frappaient sur le bouclier de son adversaire, ou rebondissaient contre sa grande cotte de mailles sans réussir à la transpercer, et Thor sentit bientôt que ses forces commençaient à s´épuiser en vain. Protégé par son armure, son ennemi ne se déplaçait presque pas et gardait son énergie avec beaucoup d´expérience pour amener le Nain à céder sous la fatigue du combat. Celui-ci devait en effet rester très mobile pour échapper aux terribles coups de l´Orque dont le visage couturé de cicatrices témoignait des nombreuses batailles auxquelles il avait participé dans sa vie. Tout autour des deux guerriers, le feu s´était répandu attisé par un vent violent et la fumée commençait à envahir le sentier. Thor cherchait désespérément la faille dans la défense de son adversaire qui continuait à le harceler sans relâche, et peu à peu ses coups commençaient à frapper dans le vide sous l´effet de la fatigue. Le grand Orque Noir s´en aperçut et poussa un grognement qui ressemblait à un rire : son ennemi ne pouvait plus lui échapper. Il lui porta une violente attaque qui ne fut repoussé que d´extrême justesse, mais qui parvint tout de même à infliger au Nain une longue coupure à l´avant-bras. Sous la douleur, il faillit lâcher sa hache. Harassé de fatigue, la fumée lui piquant les yeux et le sang ruisselant sur sa main, Thor aperçut l´Orque lever son arme au-dessus de la tête pour lui asséner le coup de grâce. Dans une ultime tentative il abattit sa hache au hasard vers son ennemi qui poussa aussitôt un hurlement : la lame venait de lui couper la jambe au-dessus du genou, à un endroit où l´armure faisait un raccord de cuir entre deux pièces de métal. L´Orque tomba à terre en se tordant de douleur , et alors que Thor s´attendait à devoir l´achever il le vit avec étonnement perdre connaissance et mourir à ses pieds en un instant.
Le Nain venait de remporter sa première victoire, mais il pensait qu´elle était également la dernière: le sentier était envahi par les flammes des deux côtés, le maquis était en feu sur le bord Est du Pas des Gobelins et le bord Ouest, plein d´ajoncs aux aiguilles acérées, ne tarderait pas à brûler aussi. Toute fuite par ce côté-là aboutirait à des souffrances inutiles, le corps percé par des milliers d´épines, et le feu le rattraperait au bout de quelques mètres. Thor se résignait donc à mourir dans l´incendie lorsqu´il entendit tout à coup un bruit de sabots au galop. Soudainement les taillis s´écartèrent comme par magie, et un Nain monté sur un Poney fit irruption sur le chemin. Il cria à Thor qui n´en croyait pas ses yeux de grimper en selle derrière lui, l´aida à se hisser sur sa monture puis donna des éperons et repartit avec son passager au triple galop.
" Et les ajoncs??" songea Thor alors qu´ils s´enfonçaient en plein cœur des broussailles. Comme si il avait deviné sa pensée son compagnon lui cria d´une voix forte pour couvrir le vent :
_"Ne vous en faites pas pour les épines! Nous sommes protégés efficacement contre elles. Essayez plutôt de ne pas tomber, nous arriverons dans un moment."
Sans rien répondre, Thor s´accrocha comme il put au crin du poney qui filait dans la nuit.
t´est méchant c des heure de fourche a l´école militaire sa