Moi, je préfère le 1… et de loin. Le fait que le premier opus se termine avec le départ précipité de Kate, séduite par le rêve de Hans, sur le plan du train qui file vers Syberia… tout ça laissait son lot de mystères… J´avais vraiment aimé le découpement de ce jeu : à chaque halte du train, on découvre un autre univers, une autre ambiance… Un petit village de France en deuil ( Valadilène), une magnifique université oubliée ( Barockstadt) fourmillant de connaissances, une usine décrépite et lugubre de l´ex-union soviétique ( Komkolzgrad), les projets spatiaux abandonnés de l´URSS durant la Guerre Froide, la station thermale ( Aralbad)…
Ce voyage, rythmé par la découverte de ces coins paumés de l´Europe de l´Est et de la Russie m´a vraiment plu. En visitant ces pays, on sent une certaine amerthume qui se dégage, que tout s´est déroulé il y a des années, et que nous sommes sur les traces du passé marqué par le génie de Hans Voralberg… Les automates nous rappelent sans cesse que nous sommes sur la bonne voie, et que l´échéance du voyage se rapproche inéxorablement.
Les personnages sont aussi magnifiques : Oscar, vrai procédurier qu´il est, irritant par son air pointilleux, mais néanmoins attachant ; les recteurs, qui m´ont bien fait rire ; le Capitaine Malatesta, isolé au sommet de l´immense porte métallique, grave et triste veillant sur " l´ennemi" ; le pilote alcoolique de l´Aile Volante, d´abord pitoyable, nous conte enfin lorsqu´il est sobre son désir de faire voler cette machine, délaissée depuis la chute de l´Union soviétique ; Helena Romanski, chanteuse d´opéra déchue, se mourant à petit feu dans cette station thermale minable d´Aralbad qui a connu ses heures de gloire.
Pour moi, ce jeu respire une certaine nostalgie, une tristesse dûe au passé glorieux de l´usine d´automates, de la puissance de l´ex-URSS… Kate remontant le fil des années grâce à ce beau train mécanique découvre enfin Hans, et ça m´a presque déçu. Prenant peu à peu part aux rêves de Hans, elle change de personnalité et s´immisce dans ses formidables chimères que sont ces mamouths, perdus aux confins de la Sibérie. Elle abandonne alors sa vie routinière et monotone pour une aventure superbe qu´elle et Hans découvriront.
Pour moi, l´imagination aurait dû faire le reste.