Test : Sword Of The Samurai
Editeur : Ubisoft
Développeur : Light Weight
Type : Combat
Nombre de joueurs : 1 à 2 joueurs
Date de sortie : 13 février 2003
Langue : Anglaise
Classification : Déconseillé aux - de 12 ans
Sous un titre assez évocateur, Sword Of The Samurai (SOTS) traite donc des sabres japonais, et plus particulièrement des duels entre ceux qui les manient. Kengo II, de son titre nippon est ainsi la suite de l’austère mais passionnant Kengo : Master Of The Bushido qui proposait déjà un gameplay vraiment particulier, où le combat pouvait durer plusieurs minutes comme une poignée de secondes. Comme le dit si bien la philosophie du bushido (la voie du samouraï), le sabre est considéré comme l’âme du guerrier. C’est donc par donc la maîtrise de son âme à la perfection qu’on est sensé atteindre le firmament ludique. Mais les défauts récurrents aux jeux du genre se feront ils encore ressentir ?
La série des Kengo est l’héritière spirituelle des deux Bushido Blade sortis sur PSONE, à l’époque édité par Squaresoft et développé par le même Light Weight, ils proposaient déjà un gameplay réaliste, avec plusieurs armes disponibles et un character design aussi extravaguant qu’à l’habitude de SquareSoft. A la sortie de la PS2, UbiSoft édita le premier Kengo, qui reprenait les bases de Bushido Blade, mais dans un ton beaucoup plus sérieux, et qui se limitait aux affrontements au sabre entre samouraïs du japon médiéval. La tâche est pour SOTS de préserver son originalité et de revoir quelques défauts techniques importants. Pour cela, on nous propose donc d’incarner ces nobles guerriers au sens de l’honneur aigu. Certains sont des personnages historiques, tel que le légendaire Miyamoto Musashi, et d’autres inventés ou que l’on aura créés dans un mode aventure. Inutile d’essayer de le comparer à un Soul Calibur ou encore à Last Blade, son gameplay réaliste est sa marque de fabrique. Même si il n’y a qu’une touche pour attaquer, le jeu est extrêmement exigeant avec le joueur, et les plus pressés d’entre vous, abandonnerons sûrement devant une telle complexité.
Le gameplay est basé sur un simili de Pierre Papier Ciseaux, avec trois boutons principaux, attaquer = Ko, parer = Taï, et casser la garde de l’adversaire = Ken. La touche Ken aura donc un avantage sur la Taï, et cette dernière sur la Ko. Mais le plus intéressant dans ce système, c’est qu’on peut tuer ou gravement blesser son adversaire, soit en cassant sa garde, ou en parant au moment précis quand l’ennemi tente de vous frapper d’un coup rageur. Ceci fait, on aura un très court instant pour contre-attaquer, mais le plus vicieux dans cette technique, c’est qu’elle peut aussi être contrée. L’idée qu’il n’y ait qu’une seule touche pour attaquer vous fera sûrement supposer que la variété des coups est faible. Pourtant, il en est tout autrement, là est l’intérêt du mode principal.
Le Bushido Quest qui est l’essentiel du jeu est une sorte de mode aventure, mais aussi de mode carrière pour samouraïs. Il permet, en commençant au bas de l’échelle en tant que simple guerrier vagabond de progresser dans divers domaines et d’apprendre de nouvelles techniques et positions. L’habilité du bretteur est donc déterminée par plusieurs caractéristiques communes, telles que la force, la vitesse…, tandis que la réputation détermine le karma de votre avatar. S’il fait acte de non respect du code du samouraï, les dojos ou les samouraïs auront une piètre image de lui, et cela vous fermera à de nombreuses portes. En effet, l’aventure consiste à rejoindre plusieurs écoles ou au contraire les défier pour assimiler leurs arts martiaux. On rencontrera également des personnages historiques, dont Sasaki Kojiro par exemple, qu’on surnomme les Kengo, et qui sont relativement puissants. Ensuite, dans des menus très peu ergonomiques, on peut à partir de plusieurs positions, faire des enchaînements avec les différentes techniques apprises. Evidemment, certains coups ne peuvent s’enchaîner qu’avec d’autres, toutefois les possibilités demeurent abondantes. On peut participer à des tournois officiels, au sabre en bois, pour s’aguerrir en vue d’un duel à mort, ou des tournois officieux, à l’arme blanche qui amélioreront avec conséquence votre habilité mais baisseront drastiquement votre réputation. Il y a aussi des missions sous forme de Beat Them All qu’on peut trouver chez l’agence d’intérim du coin, ces travaux précaires auront pour buts de protéger ou de tuer une personne influente. C’est donc sur des centaines ou des milliers de jours que votre aventure se poursuivra à la recherche de la perfection et l’esprit du samouraï.
Il y a deux autres modes de jeu, le mode Time Attack, qui reprend l’idée des missions du recruteur. Le seul objectif sera de tuer un maximum d’ennemis en un minimum de temps. Comme vous pouvez l’imaginer, ce n’est guère passionnant, et après une heure ou deux, on ira défier des vrais samouraïs méritant de vous défier. Et enfin le mode Versus, tout ce qu’il y a de plus classique, qui vous permettra de défier le CPU ou vos amis dans des combats d’une technicité et stratégie rarement atteinte. En effet, il n’est pas rare de s’observer pendant de longs moments, attendant la moindre hésitation de son adversaire pour le tuer en un battement de cils. Chose importante, le nombre de samouraïs disponibles se fera en fonctions de ceux défaits dans le Bushido Quest, pour une quarantaine au total, dont ceux que les deux joueurs auront créés dans ce mode.
L’aspect technique quant à lui ne fait preuve d’aucune fioriture, et les graphismes sont à peine améliorés par rapport au premier Kengo, toujours aussi vide et austère. L’environnement sonore est lui aussi modeste, avec des musiques d’ambiance que la majorité des joueurs auront coupé pour se concentrer sur le combat, et des bruitages sans prétention mais fidèle au Chambarra (films de samouraï). Une chose a déplorée également est l’absence de dialogues vocaux. Le gros défaut qui persiste malheureusement depuis Bushido Blade est son obstination à ne pas être traduit en français. Tout le mode aventure est donc dans un anglais de faible niveau, mais les anglophobes auront du mal à progresser avec leurs lignes directrices dans ces conditions.
On se retrouve donc un Kengo : Master of the Bushido amélioré dans le fond, mais toujours aussi bâclé dans la forme. Même si ce type de jeu ne demande pas des effets graphiques à la mode, l’austérité et le dépouillement de l’ensemble laisse un goût amer de travail inachevé. Cependant, ne boudons pas notre plaisir devant un jeu dont la richesse a été rarement égalée jusqu’à présent, car la quête de perfection est longue et semé d’embûches. Défaire les plus grands samouraïs et maîtriser les raffinements du gameplay procurent un sentiment de fierté indicible, et nous convaincrai presque de pratiquer des arts martiaux dans la vraie vie, si bien sûr, ce n’est pas déjà le cas.
Graphismes 14/20 :
Techniquement aussi simple et dépouillé qu’un mouvement de sabre, il n’y a pas d’effets spéciaux détonants. Pourtant, hormis sa simplicité concédée, on a le sentiment que cela a été survolé, et que davantage d’efforts n’auraient pas été vains.
Jouabilité 18/20 :
Ne vous trompez pas, derrière l’apparente pauvreté des commandes, ce jeu renferme des possibilités de personnalisation d’une richesse inouïe. On pourra reprocher des mouvements assez lents au début de l’aventure, et l’IA de certains ennemis plutôt idiote. Mais en 1vs1 contre un ami, cela se rapproche de la perfection
Durée de vie 17/20 :
Si vous vous efforcez de vous rapprocher de la maîtrise totale de votre personnage, et que vous souhaitez devenir un samouraï de légende, la durée de vie est proche de l’infini. De plus, les affrontements en mode versus font partie des plus passionnants et plus complexes à ce jour.
Bande son 13/20 :
Une ambiance sonore des plus discrète, à « l’image » des musiques d’ambiance, qui sont loin d’être mémorables et qu’on coupera pour le besoin du jeu. Le fait qu’il y ait seulement des dialogues écrits est rattrapé par des bruitages tout de ce qu’il y a plus convaincant. L’essentiel est donc là, car le silence est le leitmotiv des duels de samouraïs, mais on s’attendait vraiment à mieux quant au sentiment d’immersion sonore.
Scénario -/20 :
Note Générale 17/20 :
Dans la forme, imparfait, SOTS rebutera les moins téméraires d’entre vous, habitués au plaisir immédiat, les autres qui auront la patience de creuser davantage, trouveront un fond de jeu vraiment particulier mais au combien passionnant. Un jeu de la vieille école donc, où chaque erreur est fatale. L’absence d’une traduction française par Ubisoft demeurera un défaut rédhibitoire pour certains compte tenue de l’importance des possibilités offertes. Le mode Bushido Quest avec ses bonus à débloquer vous tiendra en haleine de longs mois, aussi les affrontements contre des amis seront le point d’orgue du jeu, vous révélant toute la subtilité du gameplay et sa profondeur insondable.