En football, l´argent n´est pas toujours synonyme de succès. Le PSG en a donné la preuve cette saison où l´on a toutefois assisté au retour de la plupart des grands clubs au sommet de la hiérarchie nationale. Découvrez les clubs au meilleur rapport qualité-prix et la tendance budgétaire pour 2003-2004.
2002-2003 : Tous ne partaient pas sur la même ligne
Pour faire vivre un club professionnel, il faut beaucoup d´argent. La masse salariale représente environ 60% des charges. Il en faut donc particulièrement si l´on veut monter une équipe compétitive composée de joueurs de renom. Et c´est pourquoi l´on retrouve une corrélation évidente entre le budget d´un club et ses résultats. Au début de la saison 2002-2003, le classement des budgets prévisionnels des vingt clubs de Ligue 1, et donc le niveau de leurs ambitions respectives, s´établissait ainsi ( *):
1- Lyon 101 millions d´euros
2- Paris 78 M€
3- Nantes, Bordeaux et Monaco 55 M€
6- Marseille 52
7- Lens 50 M€
8- Sochaux 30 M€
9- Rennes 28 M€
10- Auxerre et Lille 23 M€
12- Bastia, Montpellier et Strasbourg 22 M€
15- Sedan 21 M€
16- Guingamp 19 M€
17- Troyes 18 M€
18- Le Havre 16 M€
19- Nice 15 M€
20- Ajaccio 14 M€
On constate sans surprise que tous les clubs ne sont pas logés à même enseigne, le rapport étant presque de 1 à 8 entre le plus gros budget, celui de Lyon, et le plus petit, celui d´Ajaccio. Il y a également un fossé entre les sept clubs les plus riches, qui sont aussi les plus médiatiques, et les autres dont le budget émarge à 30 millions d´euros ou moins.
La comparaison avec les ténors européens est tout aussi significative. Les budgets des grands clubs anglais, espagnols ou italiens avoisinent les 200 millions d´euros, et même 300 pour le Real ou Manchester. Dans ces conditions, on comprend qu´il est aussi difficile pour un club français de briller en Champions League que pour Sochaux ou Rennes d´être champion de France. Seul l´ O.L. se positionne dans le Top 20 européen et peut espérer un bon coup lors d´une année faste.
Le prix du point s´envole à Lyon et à Paris !
Si l´on compare le classement des budgets avec le classement final du championnat de Ligue 1, cela met en évidence la saison catastrophique du Paris Saint-Germain ( 2ème budget, 11ème de Ligue1, même pas qualifié pour l´Intertoto) et les grosses déceptions rennaises et nantaises ( 9ème et 15ème de Ligue1, soit 6 places en dessous de leur classement par budget). A contrario, on constate les très belles saisons de Guingamp et Nice ( 7ème et 10ème de Ligue1 avec les 16ème et 19ème budgets), mais aussi d´Auxerre ( 6ème de Ligue1, vainqueur de la Coupe de France et meilleur club français en coupe d´Europe avec le 10ème budget).
Les résultats des autres clubs français se situent à peu près au niveau de leur puissance financière. Parmi les plus riches, Marseille et Monaco peuvent être satisfaits alors que Lyon, à cause de ses désillusions européennes, et Bordeaux ont un peu déçu. Lens sauve sa saison de justesse par une miraculeuse qualification en Coupe de l´UEFA par le biais du fair-play. Chez les " petits", satisfaction chez Sochaux et Ajaccio mais dure rétrogradation en Ligue2 pour Sedan dont le budget reflétait pourtant de petites ambitions.
Une statistique amusante consiste à diviser le budget d´un club par son nombre de points en championnat, ce qui donne, en quelque sorte, le prix payé pour chaque point. A Paris et à Lyon, le prix du point s´est envolé ( respectivement 1,44 et 1,49 million d´euros par point obtenu), avec cependant un titre de champion de France pour les lyonnais. A l´inverse Ajacciens, Auxerrois, Guingampais et surtout Niçois ont " payé" leurs points cinq fois moins cher ( 270 000 euros le point pour ces derniers).
2003-2004 : Une légère récession attendue
Depuis plusieurs années, les budgets des clubs de Ligue1 étaient en hausse constante. Avec l´explosion des droits TV à la fin des années 90, la confiance régnait et les dirigeants n´avaient pas peur de s´endetter. Cela était même encore plus flagrant chez nos voisins européens, qui ne possèdent pas d´organe de contrôle équivalent à notre DNCG. Mais depuis cette année, la tendance semble s´inverser, en Europe comme en France. Les droits TV, qui représentent 50% des recettes de nos clubs, sont en baisse. Cela sera sensible dès 2003-2004 pour les clubs participant à la Champions League et sans doute dès l´année suivante pour tous les clubs de Ligue 1.
Alors, la prudence règne. Le marché des transferts est très calme et les prix pratiqués n´atteignent plus les records des années précédentes. Les clubs cherchent à réduire leur masse salariale et les budgets se stabilisent, voire diminuent sensiblement.
Pour les clubs de Ligue 1 ayant raté leur saison, où connaissant des difficultés financières, 2003-2004 sera une année d´austérité. Nantes, par exemple, a déjà annoncé une réduction de son budget de plus de 10% à 47 millions d´euros. A Paris, la coupe sera encore plus drastique et devrait atteindre les 15%. Lens va également réduire son train de vie. Même les clubs ayant réussi leur saison restent très prudents. Le budget marseillais ne progressera que de 5% pour s´établir à 55 millions d´euros et les niçois ne s´autorisent qu´une petite hausse d´un million d´euros. Tous les autres clubs, y compris Lyon, devraient conserver un budget équivalent à celui de l´année dernière.
Donc, en 2003-2004, l´ OL dominera toujours nettement les autres avec environ 100 millions d´euros de budget. Loin derrière se situent Paris, environ 65 millions, Marseille et Bordeaux avec 55 à 60 millions, Monaco, Nantes et Lens avec 45 à 50 millions. Puis Sochaux qui s´intercale avec ses 30 millions et enfin tous les autres, y compris les promus, avec des budgets oscillant entre 15 et 25 millions d´euros.