Santini très ému
A l´issue de la victoire de l´équipe de France sur la Turquie ( 3-2), Jacques Santini a rendu hommage à son ancien joueur, le Camerounais Marc-Vivien Foé, qu´il entraînait à Lyon. Foé est décédé lors du match contre la Colombie jeudi.
Jacques Santini ( entraîneur de l´équipe de France) : « Cela a été très dur pour nous aujourd´hui. Je pense que sur le penalty ( manqué par les Turcs), il ( Foé) nous a aidés. C´est quelqu´un de plus qui va nous manquer. On y pense. On y pense. C´est vraiment très dur. C´est la vie. Les joueurs se sont comportés en professionnels mais surtout en hommes. Ce n´est pas cette victoire qui va nous remonter le moral. »
Senol Gunes ( entraîneur de la Turquie): « Nous voulions jouer la finale contre la France mais je crois que ce match était comme une finale. En première mi-temps, nous avons fait beaucoup de fautes et nous avons été menés 3-1, en seconde période nous avons joué comme la Turquie sait le faire et nous aurions pu gagner. Les deux équipes auraient mérité de jouer la finale. Je félicite l´équipe de France et lui souhaite bonne chance, et je félicite aussi mes joueurs. Ils n´ont pas gagné la coupe mais ils ont appris beaucoup de choses, notamment les jeunes. ( Concernant la mort de Foé) Nous sommes désolés par cette nouvelle. La vie d´un homme est très importante, et au nom de la fédération turque et de l´équipe nationale, j´adresse mes sincères condoléances à la famille de Marc-Vivien Foé, à la fédération camerounaise et au peuple du football. Nous avons annoncé cette nouvelle aux joueurs au dernier moment avant le match et ils ont été très surpris. »
Olivier Dacourt : « Cela a été très difficile de jouer cette rencontre. La mort de Marc-Vivien Foé nous est tombée dessus. On le connaissait pratiquement tous. Avant le match, dans les vestiaires, il n´y a pas eu de mots, il y avait de l´émotion et des pleurs. Ensuite, sur le terrain, on a essayé de faire de notre mieux. »
Thierry Henry « Par respect pour la famille de Marc-Vivien Foé, je ne voudrais pas trop parler. Tout le monde est choqué. J´ai joué plusieurs fois contre lui en France et en Angleterre. On a tous eu une pensée pour lui et sa famille avant, pendant et après le match. Ce soir, la qualification, ce n´est vraiment pas le plus important. On a bien entamé le match. Ensuite, il ne faut pas cacher qu´ils ont raté un penalty. Les Turcs savent bien garder le ballon et courir, ils ont été brillants. Leur deuxième but nous a coupé les jambes, il faut leur tirer un grand coup de chapeau. Mais après avoir fait le nécessaire en première mi-temps, on a su ensuite tenir le résultat. »
Ludovic Giuly : « Personnellment je ne le ( Marc-Vivien Foé) connaissais pas, je l´avais juste croisé à quelques reprises. C´est une nouvelle triste qui a bouleversé tout le monde, surtout les Lyonnais qui ont joué avec lui. Quand on a appris la nouvelle, on était vraiment ailleurs et toutes nos pensées allaient vers lui. Cela coupe les jambes. ( Interrogé sur le fait de jouer ou pas la finale) A mon avis on ne devrait pas la jouer. Mais ce n´est pas nous, les joueurs, qui décidons. Quand un joueur part sur un terrain et que deux jours après son équipe doit jouer une finale... Je ne sais pas où le Cameroun peut tirer la force de disputer ce match. »
Benoît Pedretti : « On a réussi à gagner un match difficile, c´est bien mais compte tenu des évènements, c´est dur d´être content. Ce soir on a gagné, c´est tout. C´était assez bizarre car on a tous joué contre Marc-Vivien Foé. C´était un contexte très particulier, on a essayé d´être encore plus solidaires les uns avec les autres. »
Grégory Coupet : « Marco, c´était le grand frère, c´était un roc, un type extraordinaire. On a appris ça juste avant l´échauffement mais il a fallu jouer car la vie continue. En ce qui concerne la finale, j´imagine que les Camerounais vont avoir du mal à se concentrer après quelque chose comme ça. Mais ils peuvent aussi se dire qu´ils vont se battre pour lui afin de lui rendre hommage, comme cela nous était arrivée pour Luc ( Borelli, ex-gardien remplaçant de l´OL décédé dans un accident de voiture il y a quelques années). »
William Gallas : « Pendant le match, on pensait constamment à ce qui s´était passé. Quelques joueurs de l´équipe de France avaient vu ( à la télévision) quand il était tombé par terre. Cela fait peur, cela peut arriver à n´importe qui. »
Marcel Desailly : « On était pas très motivés par cette rencontre mais il fallait la faire et être présent. ( Interrogé sur l´opportunité de jouer la finale) Je n´ai pas trop d´opinion, il faut voir avec les Camerounais, avec du recul aussi. Mais si cela nous était arrivé à nous, je ne jouerais pas. Je comprendrais tout à fait que les Camerounais refusent de disputer cette finale. »
Mickaël Silvestre : « Le football est passé au second rang ce soir. On l´a appris au retour de l´échauffement. Personne ne s´exprimait. On peut être très facilement touché par l´abattement. Mais, jouer c´était la meilleure chose qu´on pouvait faire ce soir. On pense surtout aux Camerounais. »