lord akuma et :
Le big bang.
La découverte du big bang.
Le roi soleil et sa cour.
Au début galaxiedu XXe siècle, il était établi que notre flamboyant roi soleil, et la suite de planètes qui lui font la cour en lui tournant tout autour, n’étaient en réalité qu’une toute petite chose parmi des milliards d’autres étoiles : n’en déplaise à notre roi soleil, Sir William Hershel avait établi dès le XVIIIe siècle que notre système solaire faisait partie d’une galaxie.[N1]
Une grosse goutte d’étoiles.
Les hommes sont prétentieux.
Ils avaient d’abord imaginé que la terre était leur fauteuil réservé au centre du théâtre de l´univers.
Hélas, Copernic et Galilée déchirèrent brutalement cette trop flatteuse image ; pour eux, les meilleures places du théâtre étaient du côté du soleil.
Les hommes reprirent espoir en découvrant la notion de galaxie : ils imaginèrent tout de suite que notre système solaire occupait le centre de cette galaxie. Hélas, on sait maintenant, grâce aux travaux de Harlow Shapley, publiés en 1918, qu’il n’en est rien et que " nous vivons dans les faubourgs de notre galaxie. " ( J. Gribbin) Nous sommes des banlieusards de la galaxie, pour ne pas dire des zonards. La honte !
Les hommes sont vraiment incorrigiblement prétentieux, et ils imaginèrent alors que cette galaxie était la seule, l’unique - au centre de l’univers bien entendu ! L’univers n’était qu’une grosse goutte d’étoiles, au centre d’un océan de vide !
Mais, une grosse goutte... grosse comment ? Quelle était donc la taille de cette galaxie ?
La mesure, on l’imagine, n’était pas simple ! Les résultats variaient grandement d’une méthode à l’autre. En outre, quelques objets dans le ciel étaient curieux : non pas des points comme les étoiles, mais des taches diffuses - on les appelait " nébuleuses" pour cette raison - mais dont la lumière avait néanmoins les caractéristiques d’une lumière d’étoile. De plus, certains de ces objets semblaient avoir des vitesses fabuleuses [N2] ; quels étaient ces objets fous qui fonçaient tête baissée au milieu des étoiles ? En outre, la vitesse de ces bolides était telle que " bientôt" ils franchiraient les limites de la galaxie pour se retrouver dans les ténèbres extérieures.
Mais alors, il y avait donc une vie après la galaxie ?
Des questions à ronger !
Bref, les astronomes étaient des scientifiques heureux : ils avaient quantité de problèmes à résoudre ! L’Académie nationale des sciences des Etats-Unis organisa en 1920 un Grand Débat autour de ces questions. Après bien des exposés et des discussions, les participants à ce débat se séparèrent sans avoir réussi à apporter une réponse ferme, ni sur la taille de la galaxie, ni sur l’existence éventuelle d’objets extra-galactiques ; mais, jetez des questions intéressantes à des savants, ils ne les lâcheront pas avant de les avoir totalement rongées ! Les recherches se poursuivirent donc, avec des controverses passionnées parfois, et surtout, avec des moyens techniques de plus en plus puissants.
On voit apparaître ici pour la première fois la question des moyens techniques.
Jusqu’alors, la science avait eu un train de vie modeste ; on se souvient de Galilée laissant tomber des pierres du haut de la tour de Pise, ou faisant rouler des boules de métal sur un plan incliné. Newton fut plus économe encore, lui qui se contentait de regarder les pommes tomber ! Einstein de son côté n’eut besoin d’investir que quelques feuilles de papier.
Mais en ce premier quart du XXe siècle, les choses changent. La science devient plus précise ; il faut creuser les phénomènes de plus en plus profondément, et néanmoins finement ; et pour cela, il faut des appareillages de plus en plus sophistiqués, de plus en plus coûteux. De plus gros télescopes sont nécessaires pour répondre aux questions du Grand Débat. Les Etats-Unis d’Amérique - prospères, dynamiques, curieux de sciences et de découvertes - feront beaucoup pour répondre à ce besoin ; ce qui explique que nombre de découvertes seront américaines.
Dans un autre domaine, celui de l’étude de la matière, on assistera au même type de " course à l’armement" : des accélérateurs de particules de plus en plus gigantesques seront nécessaires pour pousser la matière dans ses derniers, ou avant-derniers, retranchements.
A l’aide du télescope du mont Wilson en Californie, le plus grand du monde à cette époque, l’astronome Edwin Hubble établit en 1924 la nature extragalactique des nébuleuses[N3]. On commençait à parler de millions d’années-lumière pour l’éloignement de la nébuleuse d’Andromède, ce qui rendait insignifiante notre voie lactée et son minuscule système solaire !
Une pluie de galaxies.
L’univers venait encore de s’agrandir ! L’importance de cette découverte fut tout de suite reconnue, y compris du grand public ; le New York Times par exemple, annonça en première page que " Edwin Hubble confirme que les nébuleuses spirales sont des systèmes stellaires. "
Quel chemin parcouru depuis le temps où l’univers n’était qu’une petite partie de Méditerranée, autour de la Grèce !
Alexandre le Grand l’avait élargi jusqu’aux Indes.
Puis il était devenu une sphère, s’était enrichi d’un nouveau monde, et Magellan en avait fait le tour.
Galilée, en dégradant les objets célestes, en leur enlevant leur auréole d’objets divins, l’avait prolongé jusqu’au soleil et aux planètes. Immense univers !
Las, cet immense univers se révéla n’être qu’un tout petit hameau perdu au sein d’une immense galaxie.
Et maintenant cette immense galaxie elle-même n’était plus qu’une goutte parmi une infinité d’autres gouttes, contenant chacune une infinité d’étoiles.
L’univers est une pluie de galaxies !
Avec dans l’une des gouttes de cette pluie cosmique, notre soleil, microscopique, quelconque, anonyme, entraînant autour de lui ce misérable atome de pierre et d’eau qu’est notre terre.
Adam et ses frères…
Cette immensité de l’univers, planèteet la minuscule banalité de notre terre en regard - étaient un nouveau coup porté à la prétention vaniteuse des hommes, à leur illusion d’être le joyau unique et précieux de l’univers.
En outre, cet arrangement de l’univers soulève de redoutables problèmes, qui déjà avaient effrayé les censeurs de Galilée et de Giordano Bruno, épouvantés devant les abîmes de perplexité qu’ils entrouvraient.
Pourquoi en effet la terre n’est-elle pas au centre de l’univers ? Elle est l’écrin superbe qui accueille le joyau de la création - la créature - pourquoi alors le créateur l’a-t-il laissée traîner dans un recoin obscur, au lieu de la mettre en valeur au centre de l’univers qui en est la salle d’exposition ? Pourquoi la terre n’est-elle qu’une banale poussière qui n’est pas au centre du système solaire, lequel n’est pas au centre de la galaxie, laquelle n’est pas au centre de l’univers ? La seule réponse possible est qu’il existe d’autres planètes habitées dans l’univers, et que Dieu infiniment juste n’a pas voulu privilégier la terre plutôt que l’une ou l’autre de ces planètes habitées. C.Q.F.D.
Mais alors… ces extra-terrestres-là… ne seraient donc pas des descendants de " notre" Adam et de " notre" Eve ! Dieu aurait donc créé des frères et des sœurs à Adam et Eve ; combien ? Un, deux, dix, trois cent vingt-sept ? Et ces autres Adam et Eve extra-terrestres, quelle est leur histoire : le serpent extra-terrestre a-t-il là aussi réussi à convaincre Eve extra-terrestre de croquer la pomme ? Si c’est le cas, le Christ a donc probablement été contraint de voler au secours de ces autres pêcheurs - nos cousins, ou nos frères - et de s’incarner et souffrir des passions extra-terrestres.