Bill braya de faire feu, et des centaines de détonations couvrirent la marche lente du monstre d’acier. Mais il ne ralentissait pas, ne semblait pas ne serait ce qu’une seconde affecté par les milliers d’impact des fusils d’assauts. Nous faisions feu sur un mur, mais pire, car il nous attaquait. Puis dans le désordre général, une faible lueur naquit à l’extrémité du membre gauche du démon, une lumière s’intensifiant à chaque instants. Cette éclat alerta rapidement Bill qui nous hurla le signal de dispersion, mais trop tard… Une fantastique traînée de plasma incandescente fendit l’air et vint s’écraser juste derrière moi. Le souffle de la déflagration me projeta dans les airs, une douleur aiguë failli me faire perdre connaissance, mais la rage et la peur étaient inhibitrice de la souffrance. D’un bon, je me redressai, mon arme pointée sur le dos d’une teinte orange de la créature. Elle me croyait hors de combat, elle m’avait sous-estimée, les hommes sont forts mais pas invincibles. Bill était perdu, coincé dans une voie sans issue, à la merci de la prochaine charge de l’ennemi, je ne voulait pas qu’il parte, qu’il nous abandonne dans ce merdier, car sans lui, nous n’étions plus rien. Les souvenir m’envahirent, le halo, les innombrables fois où Bill m’avait sauvé la vie, c’était à moi de le sauver. Je fonçai en hurlant tête baissé, inconsciemment, n’ayant plus aucune notion de ce que je faisait. Bill était mon supérieur, mais aussi mon meilleur ami, la peur de le perdre me fit perdre la raison. Je grimpai sur le monolithe de titane en lui même, d’un coup rageur je plantai mon arme dans sa nuque puis je vidai mon chargeur. Les douilles se mêlaient au sang orangé giclant sur mon visage aussi crispé que figé. La créature démoniaque chancela, puis s’effondra dans un terrible bruit sourd, achevant sa vie en poussant un long gémissement de souffrance raisonnant au plus profond de nos corps palpitants. Soudainement mon être s’enflamma de l’intérieur, la douleur revint, accoura dans tous mes membres, le plasma crépitait encore sur mon dos, je perdis connaissance.
Je ne sais combien de temps se fut le noir, combien de temps mon esprit dériva au travers des méandres de ma conscience. Je vivais, mais de l’intérieur, semblable à un esprit ou a une âme s’égosillant désespérément dans une boite hermétique au monde réel. Mais j’étais bien, au moins la guerre ne me poursuivait pas ici, je ne souffrais pas, je ne respirais pas… Les sensations s’effaçaient, les sentiments perduraient. Je pouvais à tout moment mourir, mon corps s’accrochait à la vie mais si l’envie me prenait, je pouvais tout laisser tomber et rejoindre les autres, mes compagnons. Le dilemme devenait de plus en plus net, fallait-il continuer à souffrir? Vivre ou mourir? J’allais inconsciemment choisir la facilité, le mauvais choix quand du plus profond de moi même une barrière d’une force quasi divine me stoppa: Mary me regardais avec sont visage d’ange, un supplice. D’un sursaut j’ouvris les yeux, Bill me fixait puis sourit: « de retour parmi nous soldat… Non, de retour parmi nous, ami. ».