monde cruel
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Ce matin, je me lève à 6h15, comme d´habitude, je prends ma douche comme d´habitude, je prends mon petit déj comme d´habitude , et je prépare mes affaires pour l´école comme d´habitude, je vais sur le pc à 7h comme d´habitude, et là... pas comme d´habitude, ma maman rentre et donc je coupe vite le pc... j´attends une demi heure, un peu de mauvaise humeur, on est tous les deux à tables, on parle on parle on parle, je bois un dernier verre de jus d´orange, je lui fais un gros bisou et ensuite j´enfile ma veste et je mets mes chaussures, je mets mon sac sur le dos et je sors....
j´entame ma longue marche vers l´école, tout d´abord je sors de l´immeuble 4 étages, tout blanc, donnant sur un immense parc de verdure, ensoleillé, et autour de moi les oiseaux volent, chantent, parlent, se reproduisent, ramassent les morceaux de pain moisis, étanchent leur soif dans des flaques de boue.... heurtent les vitres des maisons.... tombent de leurs nids....emmerdent les gens...la vie habituelle pour eux....
Je poursuis . ... j´arrive dans la longue rue, une voiture arrive lentement, très lentement, trop lentement, je la dépasse.... je passe dans la seconde rue, au bout de laquelle j´emprunte un petit chemin , une sorte de raccourci... Là je croise un petit vieux avec son chien, il me regarde comme si je lui avais brûlé sa maison, je passe à côté, j´arrive dans la grande rue, en pente, passant à côté des voitures, à côté aussi de cette maison bien sympa, en construction, ils sont en train de l´achever, je me demande si vous savez ce que ça fait de voir chaque jour une maison devenir plus belle, s´approcher du moment où elle sera occupée...
J´arrive dans une autre rue... il y en a partout....
De nombreuses voitures par ici, je continue, je traverse, un autobus passe, je monte, je passe à côté des maisons de quelques amis...
encore des adultes, des vieux, des chats et chiens errants....
aucun jeune...
Je continue, je vois tout au bout de cette longue rue, l´endroit que j´aurai atteint dans 8 minutes. Le sac commence à peser lourd sur mon dos... je marche, marche, et marche... J´arrive au bout, non sans être passé devant une autre maison en construction. Ensuite, tout au bout, je tourne à gauche, là je vois quelques voitures qui semblent me foncer dessus, mais elles tourent dans la rue d´où je viens, mais sans mettre leur clignotant. Je poursuis mon chemin, passe devant une école spéciale, et ensuite traverse à nouveau, et j´entame la dernière marche vers l´école. Je monte dans la dernière rue, je passe devant les suédois qui habitent par là , juste en face des japonais 
je leur dis bonjour, le japonais me regarde avec son beau sourrire, et prend place au volant de sa BMW.
Je vois déjà l´école, pas un chat... quoique... j´arrive à l´entrée, je ne vois personne devant, pourtant la grille est ouverte.
Mystère.... d´habitude le matin il y a toujours une poignée de jeunes en train de fumer, ainsi que des élèves à pied, à droite et à gauche, se rendant à l´école. et des éducatrices ( surveillantes ) qui restent à l´entrée. Mais là, il n´y a personne. pas un bruit, pas un chat, pas un murmure...
Seuls les voitures au loin sont capables de titiller mes oreilles. Je rentre, je passe devant le parking moto, aucun boost n´est garé... c´est vide. au loin, sur la pente ascendante, il n´y que le vent pour m´accueillir. Je suis le maître de la cour de l´école. Je vois le terrain de mini foot, les arbres à ma gauche, le bâtiment à 10h devant moi, je m´en approche, je regarde ensuite à travers la plaine, et toujours personne à l´horizon... je suis le maître, le seul....
Je monte les quelques marches menant à l´entrée du hall du cycle supérieur, et là je pose ma min sur la poignée, et je tire...elle est bloquée, la porte ne s´ouvre pas. je passe à la porte suivante , même chose.
à droite se trouvent d´autres doubles batants de porte, ceux ci se laissent faire. Je rentre dans le hall, la porte se referme derrière moi avec un vacarme perceptible dans n´importe quel couloir proche. mais rien.... pas un chat. Seul le bruit de mes pas qui rivalise avec le vrombissement des distributeurs de boissons. à travers la grande vitre du hall, je vois les vitres du secrétariat, plongé dans la pénombre....
qu´est ce que je fais ici ? ??
je m´approche du secrétariat, avec l´accompagnement du bruit produit pas le frottement de mes semelles sur les dalles en marbre au sol...
J´arrive devant la porte du secrétariat, rien d´indiqué pour aujourd´hui, où est donc la liste des profs absents ? ?
Je regarde la porte du local de sciences economiques, je toque, mais personne ne répond. où est la femme de ménage qui hante les couloirs de l´école ? où est le surveillant qui me lançait un regard de démon à chacune de nos rencontres ? où sont les élèves qui parlent, crient, et murmurent ? aucun bruit.... je n´entends même plus les distributeurs, pourtant ils sont toujours là.... je me suis habitué au bruit...
je descends les escaliers de métal, je m´entends me rapprocher du sol, dong, dong, dong, dong, je compte les marches, il y en a 22 je pense...
J´arrive au hall du cycle inférieur, et là j´entends à nouveau le vrombissement des distributeeurs.... c´est le cycle le plus bruyant de l´établissement, pourtant c´est le silence. je m´arrête quelques instants de marcher, je tend l´oreille.....
qu´est ce que j´entends ? mon propre souffle, ma propre respiration, et je perçois les battements de mon coeur, et par dessus tout ces machines , ces distributeurs, qui vrombissent... et ces portes rouges, qui d´habitude s´ouvrent et se referment incessement, restent ici figées, comme par le temps... comme de la pierre.
je décide de me rendre au bureau de la proviseur, et de la directrice....
je pousse la porte, enfin un autre bruit, je n´entends plus les machines, mais bien deux vois distinctes.
la directrice de l´école est proche, je marche, je continue, et passe devant le couloir de droite, et là je vois deux personnes parlant entre elle.... dont la directrice qui me dit :
< < qu´est ce que tu fais là ? > >
je réponds non sans un rictus au coin des lèvres :
< < je crois que je suis le seul élève ! > >
et ensuite elle me le confirme, l´école a distribué deux notices informant que le lundi 31 mai et le mardi 1 juin , l´école congédie les élèves... le monsieur qui parlait avec elle ne peut s´empêcher de sourrire
je réponds avec un sourrire moi aussi que je vais rentrer chez moi
et là , étant donné que j´ai marché déjà une demi heure, j´ai sué durant toute la seconde demi heure, et de retour chez moi, j´ai enlevé mon sac, mes chaussures, ma veste, et mon pull, mon t-shirt, j´ai déposé tout dans ma chambre, et ensuite je vous écris ceci le torse nu...
voilà 