Joli récit
Pour ma part, j'ai "amélioré" et allongé mon récit :
SYSTEME INCONNU, PLANETE INCONNUE, TEMPS INCONNU ...
" En fait, c'est assez vague comme description ... "
- Grmmbl ... " Grogna une boule apparement composée d'une matière non identifiée - de la chair peut être.
La petite pièce ou se trouvait la "chose" sentait l'urine et le renfermé, cette odeur âcre qui faisait vomir le plus
endurci des combattants.
Un fin et pâle rai de lumière pointait d'une petite lucarne qui donnait sur une rue tout aussi noséabonde et pestilentielle que le dortoir.
Un voix gutturale et sombre surgit d'un haut parleur, sûrement disposé dans un des coins de la pièce :
" - Levez-vous, sales Grognards ! Si d'ici une unité de temps mineure vous n'êtes pas dans la mine, vous finirez dans
l'estomac de certains prisonniers Jackals qui n'ont pas mangés depuis longtemps ! "
Bien évidemment, à cause de la menace, le lieu s'anima. Les petites bestioles dans la pièce n'étaient autres que des Grunts asservis depuis déjà longtemps, envoyés dans des mines de métal, où ils travaillaient la quasi-totalité de leur temps dans des conditions extrêmement dangereuses - et intolérables dans tout endroit civilisé, ce qui n'était pas le cas ici -.
" - Aujourd'hui, mes frères, on fait la Révolution ! " s'emporta Grifle, un des seuls "nouveaux" esclaves "recrutés"
parmi la population de cette petite planète inutile et sans importance située à l'extrémité d'une galaxie tout aussi petite et sans aucune utilité.
La seule chose notable, c'était que cette planète faisait partie de l'Empire Covenant. Autrefois territoire froid et sauvage habités uniquement par des Grunts, il fut colonisé et asservi par l'Empire précédemment cité. Quand il entra en guerre civile, les quelques révolutionnaires Shangeilli et Lekgolo présents sur la planète s'enfuirent : les Grunts restèrent alors seuls avec les Brutes et les Jackals qui leur menaient la vie dure.
Bien entendu, l'appel de Grifle n'eut aucun écho. Quels espoirs avaient-ils, eux, ces Grognards misérables, miséreux, sans avenir et sans passé, ne sachant ni se servir d'une arme et encore moins d'un véhicule, quels espoirs avaient-ils de
s'enfuir?! Depuis longtemps, l'esprit de vengeance avait fait place à la résignation dans l'esprit de chacun, sauf, bien
entendu, de Grifle, encore plus naïf -mais combien même assez intelligent- que les autres Grunts.
La vingtaine d'esclave, une fois levée, fut rapidement partie au charbon, au titane plutôt, escortée à travers la petite
ville miteuse et désolée par une petite troupe de brutes sanguinaires, désoeuvrées et affamées qui n'attendaient que le premier signe de mécontentement des Grognards pour avoir une raison valable et justifiée de leur sauter dessus et d'avaler un repas chaud et sanglant qui leur manquait depuis bien longtemps.
La mine était imposante, effrayante même. Soutenue on ne sait comment par quelques poteaux de bois rongés par les mites
et les termites ; elle était gardée faiblement, sûrement un manque de prévention de la part du gouvernement décadent qui
régnait sur la planète.
Les Grunts, équipés sommairement d'un casque jaune fluo qui leur donnait un air comique et d'une pioche rudimentaire en fer se mirent avec lassitude et ennuyement au travail, répétant sans fin les mêmes gestes qui ne les fatiguaient même plus.
L'habitude, sûrement.
Mais Grifle, lui, qui en était pourtant à seulement son troisième mois d'esclavagisme ici, en avait déjà marre de la routine.
Il ne voulait pas que sa vie soit celle de si nombreux Grunts sans espoir et sans ambition.
Alors, dans un élan de courage pour certains, de folie pour d'autres, il se retourna vivement et assena un coup d'une
puissance inouïe pour un membre de son espèce dans la colonne vertébrale du gardien brute chargée de la surveillance du
filon où Grifle travaillait - avec deux autres Grognards peureux -.
Sûrement plus par chance que par maîtrise, la créature simiesque s'effondra dans un craquement démembré et écoeurant.
Les deux Grognards qui travaillaient avec lui dans la même section du tunnel le regardèrent avec un mélange d'effroi,
d'appréhension - nul doute qu'ils seraient châtiés pour ce meurtre - mais aussi d'admiration.
Pour toute réponse à ce regard, Grifle ramassa le fusil rouge caractéristique des brutes :
" - Allez, ne faîtes pas de manières, je sais parfaitement que vous en rêviez depuis longtemps. Héhé ! ... "
" - Mais ... Tu es complètement fou ! Tu vas faire quoi maintenant? Et nous ? " La terreur pointant dans la voix de Grusse,
Grifle se décida à les rassurer, malheureusement, il ne savait pas comment faire et se contenta d'un pauvre " Venez ! "
Cependant, plutôt que de suivre l'assassin qui se ferait certainement exécuter, ils préfèrent se rouler en boule sur la pierre dure et froide, tout tremblants de peur, couards comme ils étaient.
" - Je vois ... Vous ne valez pas mieux que ces chiens galeux ! Ah, si la Grunty existait encore ... ! "
De part cette phrase, on pouvait alors comprendre que Grifle avait connu et admiré la Grunty Compagnie. Mais il ne fallait
pas aller jusqu'à penser qu'il y avait été engagé.
Le désormais condamné à une mort certaine emprunta l'étroit chemin par lequel il était arrivé, illuminé faiblement par de
petites lampes qui projetaient une lumière bleutée, se demandant encore une fois comment les brutes arrivaient à se mouvoir dans des espaces si exigus.
Il arriva bientôt, arme en main, à l'intersection principale de la galerie de tunnels. La première chose qu'il remarqua fut
l'absence de ses frères. Normalement occupés à extraire du sol le précieux minerai -surveillés, bien entendu-,ils n'étaient pas là.
La deuxième chose, ce fut ces bruits, ces bruits de tirs provenant de l'entrée de la mine, il décida d'aller en cette
direction, courant au maximum de la vitesse que ses petites et frêles pattes pouvaient lui fournir.
[...]
" - Que fais tu ici, Grognard, dans cet accoutrement ridicule? Explique toi ! "
Le Shangeilli ayant l'air sérieux, Grifle décida de ne pas le faire attendre, sous peine de finir adjoint de nettoyage aux
toilettes du vaisseau.
" - Mon seigneur ... Voyez-vous, j'étais exploité par le gouvernement de cette planète pour extraire du métal des mines qui foisonnent ici. Si j'arrive à situer correctement, je dirai que j'ai tué le gardien singe qui me surveillait lorsque vous ressortiez de la grotte, à l'aide de ma pioche. J'ai visé la colonne, j'ai tapé fort, il s'est effondré et ne s'est pas relevé. J'ai décidé de réitérer le geste avec chacune des brutes dans la mine, pour libérer mes frères Grunts. J'ai ramassé le fusil du gorille mort et j'ai continué mon chemin dans les tunnels. Mes frères n'y étant plus présents, et entendant des bruits de combat venant de la ville, j'ai décidé d'y aller, pour soutenir le camp, n'importe lequel, bref, le camp qui serait contre le gouvernement. Bien entendu mon seigneur, vous vous en doutez, je suis tombé sur votre, bénit soit-il, contingent.
Je me suis donc incrusté dans la masse de vos soldats, la confusion de la bataille me le permettant aisément. Lorsque une rafale de plasma frôla mon oreille gauche, je me suis dit que le meilleur des moyens pour rester en vie était de me cacher.
J'ai donc sauté dans le premier couvert venu : c'était une de vos caisses de recharges plasmiques. Tremblant de peur, je me
, honte à moi maître !, suis endormi, bercé par le doux chant des fusils et des canons. Je suppose ensuite que vous avez
remonté la caisse dans votre vaisseau sans vérifier son contenu - . Lorsque je me suis réveillé, je me suis aperçu que les bruits des combats s'étaient atténués complètement : j'ai ouvert la caisse et me suis retrouvé nez-à-nez avec un de vos subordonnés, qui, pris de peur, lâchâ son robot-aspirateur et s'enfuit dans le vaisseau en hurlant à l'apparition. Vous êtes arrivés ici et me voilà en train de vous conter mon histoire, mon seigneur. "
Comme vous pouvez le remarquer, Grifle n'était en fait pas si différent de la norme de ses congénères : courageux, mais pas
téméraire.
Par chance, ou par malheur, je ne saurai le dire, le Shangeilli - se nommant Lympo 'Rajalee - prit le Grognard sous son aile -littéralement, un Elite n'a pas d'ailes !- et le forma basiquement aux arts de la guerre. C'était devenu, pour imager, son porte bouclier, son écuyer ou encore son apprenti. Il l'accompagnait aux combats, restant bien souvent dans son ombre mais protégeait ses arrières et l'informait des ordres. Il portait son matériel de combat et veillait à sa bonne tenue. En échange, il était nourri et "logé"
par l'Elite -leur habitation étant un croiseur- et recevait des "cours" -il se plaisait à nommer ces séances ainsi- de
maniement des armes, de tactique et de stratégie. Doté d'un esprit vif et d'une capacité naturelle à apprendre vite et bien, Grifle devient rapidement un soldat relativement compétent.
Malheureusement, ceci était interdit dans l'armée rebelle covenante. Pour avoir formé un soldat, 'Rajalee n'écopa d'aucune sanction mais du se séparer de Grifle : ce dernier fut envoyé au test de sélection de la Grunty Compagny, qui étaient durs et complexes. Heureusement, ayant été correctement instruit, il les réussit -tant bien que mal, il faut l'avouer- et entra en tant que recrue dans la Grunty.
Nul doute qu'un hurlement de joie se fut entendre dans tout le camp d'entraînement.