Le problème de l’ensablement de la Baie
Le rétablissement du caractère maritime du Mont est un vieux projet dont les premières traces remontent à 1884. Le ministre des travaux publics de l’époque déclarait alors :« j’ai invité les ingénieurs à activer le plus possible l’étude des moyens susceptibles d’être employés pour limiter le colmatage des grèves aux abords du Mont ». fort est de constater que 123 ans plus tard, ce chantier n’est pas achevé. Plus d’un siècle plus tard, l’Etat, les collectivités territoriales et l’Europe ont fini par ce mettre d’accord sur un projet commun.
Ce projet vise à limiter aux abords du Mont, ses « deux ennemis terriens » : les sédiments et les automobiles.
En effet, au fil du temps, la terre enserre le Mont : le dépôt en masse de sédiments créé une vingtaine d’hectares d’herbus chaque année, un chiffre considérable.
Au pied des remparts, quine hectares de grèves servent de parking qui servent à accueillir des dizaines de milliers des voitures, car, camping-car….
Partie II
Histoire du mont saint-michel
A l’origine, Le Mont Saint-Michel était un simple rocher de granite. Initialement nommé le "Mont-Tombe", il résista à l'érosion durant des milliers d'années. Autour de celui-ci, une épaisse forêt, que l'on appelait la forêt de Scissy, couvrait toute la baie jusqu'aux îles Chausey et s'étendait jusqu'à la forêt de Brocéliande. La légende raconte qu'un gigantesque raz-de-marée transforma définitivement le paysage.
Le mont était désormais une île tout comme le rocher voisin de Tombelaine.
Au début du VIIIème siècle, en 708, Aubert, évêque d'Avranches, suite à une apparition de l'archange Saint-Michel reçoit l'ordre de construire un édifice au sein duquel seraient loués les mérites de l'archange. Furieux de ne point avoir été écouté dès sa première requête, Saint Michel laissa à Aubert, selon la légende, une preuve de son pouvoir: un trou circulaire apparut dans le crâne d’Aubert. Celui-ci fit donc construire un petit oratoire en forme de grotte pouvant contenir une centaine de personnes. Quinze moines vinrent alors le rejoindre (il n’y aura jamais plus de 60 moines à la fois au Mont). Il ne reste rien de cette construction, sauf un mur visible dans l'une des salles de l'abbaye (Notre Dame sous terre).
En 709, Aubert édifie une petite église. Pendant deux siècles des chanoines accueilleront les pèlerins mais au fil du temps ils délaisseront leur mission. Las de cette chose, le duc de Normandie, Richard Ier, en 966, décide de remplacer les chanoines par des moines bénédictins venus de l'abbaye de Saint-Wandrille. C'est cette date qui est retenue comme celle de la fondation de l'abbaye.
Les bénédictins sont de grands bâtisseurs. Ils font construire une église et quelques bâtiments. Les pèlerins affluent de plus en plus et la renommée du Mont Saint-Michel ne tarde pas à être connue dans tout le royaume.
Au pied de l'abbaye, une petite ville apparaît. Les maisons, pour la plupart en bois, servent à accueillir les pèlerins. Dès le début du millénaire, le métier d'hôtelier existe déjà au Mont Saint-Michel. Au sommet du rocher, les moines bâtissent, grâce à des dons, une vaste église et plusieurs bâtiments annexes:
- un réfectoire (lieu où les moines prennent leurs repas)
- un dortoir
- une salle de travail
- un promenoir (lieu de détente)
- une aumônerie (lieu où les pauvres sont reçus et reçoivent l'aumône qui consiste souvent en un léger repas).
Quand le duc de Normandie Guillaume le Conquérant décide d'envahir l'Angleterre, il demande de l’aide à l'abbé du Mont. Celui-ci fait armer quatre navires. A l’issue de la victoire d'Hastings, Guillaume fera don de plusieurs territoires Anglais à l'abbaye en signe de reconnaissance.
En un siècle l'abbaye s’agrandit et s’enrichit. Cependant, au début de XIIème siècle, les malheurs vont se succéder. En 1103 le côté nord de la nef de l'église s'effondre. Dix ans plus tard un incendie se déclare dans une maison de la ville. Le feu se propage de maison en maison et finit par atteindre l'abbaye. Moins de vingt ans après cette catastrophe un nouvel incendie enflamme de nouveau l'abbaye.
Pourtant un homme parvient à lui seul à redonner à l'abbaye son éclat antérieur: il s’agit de Robert de Thorigny. Elu abbé en 1154, il parvient à réconcilier le roi de France avec le duc de Normandie. Erudit, il acquiert un nombre important de livres (les livres ont beaucoup de valeur à cette époque) et en écrit quelques-uns. Bâtisseur, il fait construire plusieurs bâtiments dont une aumônerie plus vaste afin d’accueillir les nombreux pèlerins.
Robert de Thorigny laisse, à sa mort, une abbaye plus puissante, plus riche et totalement revitalisée au niveau spirituel. Mais, dès le début du XIIIème siècle, le duc de Normandie et le roi de France entrent en guerre. Les Bretons, alliés pour l'occasion au roi de France, montent une armée et marchent vers le Mont qu'ils enflamment. En 1204, la Normandie est rattachée au royaume de France.
Le roi de France Philippe-Auguste, dans le but de dédommager le monastère du préjudice causé par les Bretons, alloue une forte somme d'argent à l'abbaye. Cet argent est immédiatement investi dans la construction de la Merveille. L’édification d’un bâtiment sur un terrain aussi peu propice (en pente) est un véritable tour de force. En 1228 le cloître, sommet de l'édifice, est achevé.
Très peu d'évènements viendront marquer le reste du XIIIème siècle. Les abbés se succèdent et apportent leurs marques personnelles dans la construction du Mont. Pour remplacer l'ancienne palissade en bois, des tours et des remparts sont construits ainsi que des logis abbatiaux sont bâtis durant cette période. Au début du XIVème siècle commence la guerre dite de Cent Ans. L'abbaye perd la totalité de ses revenus provenant de ses prieurés Anglais. En 1356, les Anglais s'emparent de Tombelaine et prennent pour cible le Mont Saint-Michel. Le chevalier Du Guesclin est nommé chef de la garnison du Mont. A la tête de ses troupes il remporte victoire sur victoire et éloigne pour plusieurs années la menace Anglaise. Pierre le Roy est élu abbé en 1386, conscient du danger que représentent les Anglais, il décide de construire de nouvelles défenses pour l'entrée de l'abbaye. La tour Perrine, la tour des Corbins et plus particulièrement le Châtelet donne à l'entrée du monastère une défense infranchissable. Les Anglais après une période de répit reprennent l'offensive et, après la défaite du roi de France à Azincourt, plus rien ne semble pouvoir les arrêter. Robert Jolivet le nouvel abbé, organise, grâce à de nombreux impôts, la construction des remparts afin de protéger la ville qui devient elle-même une protection pour l'abbaye.
Quand Rouen, capitale de la Normandie tombe aux mains des Anglais, toute la région sauf le Mont Saint-Michel est occupée par les Anglais. Devant tant de puissance l'abbé Robert Jolivet abandonne son monastère et propose ses services au roi d'Angleterre. En 1424, les Anglais assiègent le Mont, mais l'aide de l'abbé est inutile. Il a si bien conçu le système défensif de la ville que rien ne parvient à l'ébranler.
Les Montois (nom donné aux habitants du Mont) parviennent même par quelques attaques éclairs à décourager les Anglais. En 1425, après avoir subi une défaite plus cuisante que les autres, les Anglais se replient.
Après cette victoire, malgré les menaces qui pèsent toujours sur la région, les pèlerins affluent au Mont pour rendre hommage a l'ultime défenseur du royaume: l'archange Saint-Michel. En 1433, un incendie ravage une partie de la ville, les Anglais voulant profiter de cette occasion regroupent leur armée et préparent l'attaque. En 1434, les Anglais se ruent sur le Mont Saint-Michel, une bataille sanglante s'en suit. Les Anglais parviennent à faire une brèche dans le rempart et pénètrent dans la ville en criant déjà victoire. Heureusement, le capitaine du Mont réorganise ses troupes et contre-attaque. La victoire des troupes Montoises redonne confiance aux armées Françaises et, sur tout le territoire, les Anglais reculent. La bataille de Formigny, en 1450 apportera finalement la paix à la Normandie.
Louis XI demanda l'installation de la cage de fer. Le Mont Saint-Michel devient ainsi une prison. A partir de 1523, les moines n'élisent plus leur chef. C'est le roi en personne qui désigne le nouvel abbé: cela s'appelle la commende. En 1594, la foudre tombe de nouveau sur le clocher de l'abbaye. La flèche est complètement détruite et une partie de la charpente de l'église est réduite en cendres. L'abbé refuse de faire entreprendre les réparations, ce n'est que quinze ans plus tard que clocher est reconstruit.
En 1790, les moines sont chassés de l'abbaye. Tous les biens sont vendus en 1792. Avec la Révolution, le Mont Saint-Michel devient une véritable prison. A partir de 1792, trois cents prêtres réfractaires sont enfermés dans les murs de l'abbaye. Ils seront libérés en 1799. Durant la Terreur, ce sont égalemment des vendéens et des chouans qui y sont enfermés. A leurs suites seront internés des forçats. Toutes les salles de l'abbaye sont transformées en ateliers. Les prisonniers seront jusqu'à sept cents à travailler dans ces pièces. En 1834, un incendie se déclare dans l'église abbatiale transformée en atelier à chapeaux. La toiture est détruite et les travaux de réparations sont trop modestes par rapport à l'ampleur des dégâts. Chaque jour l'abbaye s'enlaidit un peu plus. Heureusement des hommes célèbres, principalement des écrivains (Hugo, Flaubert... ), affligés par un tel désastre, font pression sur le gouvernement. Enfin, la période carcérale s’acheve en 1863. L'abbaye est alors louée à l'évêque de Coutances et des moines habitent de nouveau l'abbaye. Les pèlerins reviennent animer le Mont Saint-Michel. L'abbaye qui menace ruine de toute part est classée au registre des monuments historiques en 1874. Les moines sont de nouveau expulsés, mais cette fois pour une cause juste. L'architecte Edouard Corroyer est nommé pour entreprendre les travaux de restauration. C'est sa servante Annette Poulard qui est à l'origine de la fameuse omelette toujours très prisée aujourd'hui. Les travaux de restaurations donnent au Mont Saint-Michel son apparence actuelle quand en 1898 la flèche est achevée. Lors de la célébration du millénaire du Mont en 1966, des moines ont formé une petite communauté. Installés dans les logis abbatiaux, ils demeurent depuis à l'année sur l'îlot. La ville quant à elle accueille un flot constant de visiteurs à hauteur de 3 millions par an.