LE CASQUE ( cassis ou galea). En fer ou en bronze. Il a pas mal évolué au long de l´histoire romaine, oscillant entre les modèles grecs ou celtiques. Les légionnaires de Jules César portaient des types " Montefortino" ( italiques), qui paraissent avoir été longtemps conservés par les prétoriens de l´époque impériale à cause de leur look archaïque ( un peu comme la Garde Républicaine française ou la Garde Royale britannique etc. qui ont conservé des modèles du XIXe s., casques de cuirassiers ou bonnets en peau d´ourson des grenadiers). Les officiers de Jules César préfèrent, eux, des types grecs " attiques" ou " étrusco-corinthiens". Sous l´empire se répandent les types gaulois pour la troupe, avec de larges couvres-nuques et protèges-joues. Un anneau au sommet ( en alternance avec un cimier de crin, pour la parade ou la bataille), ou une poignée dans la nuque, pour le portage ou la suspension au barda ( les impedimenta).
LE BONNET. Il ressemble un peu à ces casques de cuir souple que portaient les aviateurs de la première guerre mondiale ou les automobilistes de la même époque. Il s´agit de protéger la tête du dur contact du métal, et d´amortir les coups qui y sont éventuellement portés. Les Grecs se contentaient d´interposer une éponge entre leur crâne et le fond du casque.
LA SUBARMALE ( subarmalis, tunique sans manche). La tunique de laine en principe rouge. Mais on fait avec ce qu´on a, hein ?
LE SAGUM ou manteau ( sayon, saie) : cape de laine d´origine germanique qui sert également de couverture de couchage. Les Romains l´enlevaient, pour combattre. Notre expression " prendre les armes" se traduisait en latin par " revêtir le sagum".
LES FEMORALIA. Les culottes courtes ( genre " corsaire") ( femoralia, de femur, " cuisse") imitées des braies gauloises. Elles étaient portées par les légions combattant dans le nord. Etaient-elles en tissu, laine ou cuir, je n´en sais rien.
LE SUBLIGACULUM ou SUBLIGAR. Pagne ou cache-sexe. Les Romains étaient assez prudes, au contraire de nos amis Ecossais !
A noter que les Grecs, si l´on se fie aux représentations sur les vases à figures, ne portaient rien sous leur tunique. Le sexe est souvent représenté, par transparence, sous le tissu. Mais c´est peut-être une convention qu´il ne faut pas prendre à la lettre…
LA FOCALE ( focale, -is). Echarpe ou cravate, protégeant le cou contre le frottement les protèges-épaules métalliques.
LA LORICA, ou cuirasse. On distingue :
1) la lorica hamata ( de mailles, d´origine celtique : il fallait 40.000 anneaux de fer entrelacés et rivetés pour faire une simple " chemise de mailles"),
2) la lorica squamata ( cotte d´écailles de métal, d´origine orientale, quoique guère appréciée des Grecs), et
3) la lorica segmentata ( la cuirasse segmentée, faite de lames de fer articulées, qui n´apparaît que vers le règne de Tibère, au Ier s. de n.E. Cette dernière dénomination ( segmentata) émane des archéologues, et ne figure pas telle quelle dans les textes. La cuirasse segmentée est une alternative économique à la hamata. De la gorge à la taille, la lorica segmentata comporte de huit à sept ( 1) bandes articulées qui font le tour du tronc. Elles sont surmontées - au niveau des protège-épaules - d´un large niveau supplémentaire recto, subdivisé en trois niveaux étroits verso. A la hauteur de ce(s) " niveau(x) supplémentaire(s)" - qui protège(nt), recto la gorge et verso les vertèbres dorsales supérieures -, de part et d´autre du cou, sont disposés des protège-épaules. Ceux-ci sont constitués de cinq bandes de métal, dont deux sont articulées sur charnières. D´une manière générale, ces bandes de métal sont rivetées sur des lanières de cuir verticales, ce qui leur permet de coulisser en épousant les mouvements du tronc… mais quel bruit de ferraille !
Certains spécialistes de l´archéologie expérimentale contestent ces armures de métal qui, assez bizarrement, n´auraient été retrouvées qu´en Angleterre ( ailleurs : uniquement les attaches et fermoirs de bronze : aurait-il existé des modèles articulant d´épaisses bandes de cuir ? ). En effet, les Romains construisaient leur camp en gardant l´armure ( comme le raconte César, mais de son temps les légionnaires portaient la cotte de mailles ! ), ce qui est assez incommode pour effectuer des travaux de terrassement. Et si la partie qui enserre la taille était plutôt une ceinture de force, en cuir, contenant les reins du légionnaire ? Nous réserverons notre jugement, n´étant pas spécialistes…
A noter qu´on a découvert dans une tombe mycénienne à Dendra, en Argolide ( Grèce), une armure de bronze complète qui pourrait être considérée comme une première ébauche de la lorica segmentata.