Mon adversaire ne me laissa pas le temps de réfléchir et fonça de nouveau. Un réflexe, ô combien salvateur, m’amena à plonger vers la droite, ce qui me permit d’esquiver la charge du monstre qui alla s’écraser contre le mur. Si le choc ne lui avait pas fait beaucoup d’effet, je pus toutefois me rendre compte du fait que cette créature n’était pas du genre à faire les choses à moitié : elle charge en y mettant tellement d’énergie qu’une fois partie, elle ne s’arrête que lorsqu’elle touche son adversaire ou rencontre un obstacle qui l’empêche d’aller plus loin. Cet état de choses m’étonnait beaucoup, étant donné le calme dont ce monstre faisait preuve avant de recevoir la blessure que j’étais parvenu à lui infliger. Je remarquai un autre détail : son armure de pierre, directement liée à l’énergie magique qu’il avait utilisée pour la créer, commençait à s’effriter… Je me contentai donc d’esquiver ses charges jusqu’à ce que son énergie magique soit épuisée, et par conséquent jusqu’à ce que son armure soit complètement détruite. Et ce qui devait arriver arriva : l’armure tomba en morceaux… Voyant cela, le berserker eut l’air encore plus furieux, comme s’il voulait prouver à tous que le sentiment de colère n’avait pas de limites… Il se concentra au maximum et parvint à créer une massue. Le prochain assaut décidera de la fin du combat. Mais ni lui ni moi n’osions lancer l’attaque, car nous savions que le moindre faux pas provoquerait notre perte. Soudain, une pierre se détacha de l’une parois de l’arène où le berserker s’était écrasé auparavant. Le bruit qu’elle fit en touchant le sol fut notre signal. D’un même élan, nous fonçâmes l’un vers l’autre. Si j’étais parvenu à lui trancher la gorge à l’aide de mon épée, lui avait réussi, dans le même intervalle, à me casser l’épaule gauche avec sa massue. La douleur qui parcourut mon corps était insupportable, mais le résultat de l’action était sous mes yeux : mon adversaire était à terre, étouffé par son propre sang. Je me hâtai de récupérer la médaille et partis en direction de la porte mais soudain, je sentis mes forces m’abandonner, et je ne parvenais même plus à marcher droit. Mettant cela sur le compte de la violence des coups que j’avais reçus, je marchai tant bien que mal jusqu’à la porte et appelai le garde.
Puis soudain l’obscurité prit possession de mon environnement…
@ suivre...