Yosha ! C´est parti !
J´étais arrivé au point de non-retour... Avant de refermer la porte, le responsable me prévint que cette même porte ne se réouvrirait qu´à condition que je présente la médaille de la créature qui m´attend. Je parcourus l´endroit des yeux, le berserker n´entrait pas dans mon champ de vision. A ma gauche se trouvait un étalage chargé d´armes en tout genre. Devinant qu´elles étaient mises à ma disposition, je jetai mon dévolu sur une épée courte, un bouclier de bois avec armatures de fer et un poignard de lancer que j´accrochai à ma ceinture. J´aurais bien aimé bénéficier d´une protection à la tête, mais le casque mis à ma disposition me semblait bien trop fragile pour résister à la massue d´une créature faisant deux fois ma taille.Je décidai donc de ne pas m´en encombrer.
J´aperçus un parchemin dont je n´avais pas noté la présence sur la porte :"En acceptant cette épreuve, vous mettez votre vie en jeu, n´ayez aucun scrupule à utiliser tous les moyens, même les plus vils, pour gagner ce combat. Cela vous permettra de réaliser que dans la guerre, seule la mort de vos adversaires vous permettra de retourner en tant que vainqueur."
Le message est clair : tuer ou se faire tuer.
La porte qui se situait de l´autre côté de l´arène se mit soudain à grincer, et mon adversaire fit son entrée. La véritable apparence du berserker était bien différente que ce que j´avais imaginé. Alors que je m´attendais à voir apparaître un gigantesque monstre armé d´une massue et ne vivant que pour le plaisir de tuer, j´eus la surprise de voir entrer un être à peine plus grand que moi. Il n´avait pour tout vêtement qu´un pagne de fourrure d´ours et des bottes de cuir. Par contre, l´oeil unique qui ornait son front m´inspirait une réelle terreur.
Il leva soudain les bras et prononça une formule qui me fut incompréhensible. C´est alors qu´un mur de pierre s´érigea en séparant l´arène en deux zones bien distinctes. Que cherchait-il à faire ? Dans ces conditions, il m´était certes impossible de savoir où il était passé, mais ce handicap était valable pour lui aussi... Puis des pierres grosses comme mon poing commencèrent à se détacher du mur. Après avoir lévité un court instant, comme si elles recherchaient une cible, elles foncèrent vers moi à la vitesse d´une buse qui fond sur sa proie. J´eus tout juste le temps de lever mon bouclier avant qu´elles ne me transpercent la poitrine. C´était la première fois que je voyais la mort d´aussi près... Je déteste cette tactique. Grâce à ce mur de pierre, il est parfaitement inattaquable, et il peut quand même m´envoyer ces satanées pierres...
Tuer son adversaire à petit feu tout en restant en sécurité. Pour certains, ce genre de tactiques est synonyme de prudence, mais pour moi, c´est de la lâcheté à l´état pur...
S´il m´impose son rythme, je finirai par me faire avoir. Pourtant, son mur commençait à s´effriter, sans doute le signe que ses réserves de magie commençaient à s´épuiser. Sa réactivité avait tellement baissé qu´il oublia de régénérer la partie inférieure droite du mur de pierre. Je saisis l´occasion pour lancer mon poignard à travers l´ouverture. La lame lui creva l´oeil...
@ suivre...