2ème partie : La chute De L’empire
Chapitre VIII
Cette nuit fut peut-être bien la plus sereine que j’aie jamais passée… J’avais toutes les raisons d’être satisfait… Enfin cette satisfaction n’était peut-être pas tellement légitime… Je portais après tout sur les épaules le fardeau du massacre de toute une promotion d’étudiants de l’école militaire… Mais sur le moment, je n’en avais cure… Mon regard était posé sur l’adorable visage de Maora, toujours paisiblement endormie… Le temps s’était comme arrêté, et j’aurais bien pu contempler ce visage éternellement si les coups qui résonnèrent sur la porte n’avaient pas réveillé ma jeune compagne…
La porte s’ouvrit pour laisser entrer une servante sur laquelle pesait le poids des années, mais qui restait particulièrement vaillante… Le seul serviteur que j’appréciais, car elle au moins savait parler avec franchise, tout en faisant preuve du respect que sa condition lui devait d’observer sans pour autant lécher mes bottes : « Le soleil est au zénith depuis déjà un certain temps sire… Il est bien au-delà de l’heure de vous lever…
- Déjà ? ! »
Je bondis du lit et courus vers la fenêtre sous les regards amusés de Maora et de la servante, et réalisai que j’avais dormi bien plus que de raison. En me retournant, je les vis prises d’un fou rire… En baissant la tête, je réalisai cette fois que j’étais nu comme un ver… Il ne me fut toutefois pas nécessaire de passer quelque chose car la servante avait eu le bon goût d’ordonner à d’autres laquais d’amener un bassin rempli d’eau chaude…
Nous sortîmes de la chambre frais, dispos, et bien entendu habillés, quelque temps plus tard, fin prêts pour le déjeuner…
Mon père nous attendait, ne semblant nullement fâché de la longue nuit que nous nous étions offerte… Il nous fit signe de prendre place d’un geste de la main, et la table ne tarda pas à être recouverte de plats de viande rôtie en tous genres… Etrangement je mangeai avec un appétit particulièrement vorace, comme si je n’avais rien avalé depuis plusieurs semaines. Je fus incapable d’en déduire que cela était dû à ma nature de démon qui reprenait le dessus, ou que j’étais tout simplement affamé après ce que j’avais fait ces derniers jours… Mais là n’était pas la question… Mon estomac avait indéniablement besoin d’être rempli, et autant dire que je m’attelais généreusement à la tâche… Je conclus ce repas, pour ne pas dire cette bâfrerie en buvant d’une traite le verre que m’avança un serviteur.