Voilà donc la suite...
Puis le jour se leva… Malgré les trois chopes de bière qu’il avait rajoutées à nos carafes de vin la veille, Orakim était en pleine forme : « Allez Lukia ! Notre devoir nous attend !
- Je récapitule : tu es bavard, envahissant, tu as le gosier en pente, et en plus tu es increvable… Je sens que les deux années que je vais passer à l’académie vont être difficiles…
- Je souffre d’être ainsi mal considéré… », me répondit Orakim d’un air plaintif, juste avant d’éclater de rire.
Ainsi nous reprîmes notre route. Mais nous étions toutefois bien hardis de penser que nous pouvions terminer notre voyage sans encombre. Alors que nous parcourions un sentier forestier, nous fûmes rapidement encerclés par une dizaine de gobelins, de petites créatures dont le bon sens se limite généralement à délester les voyageurs de leurs biens et à les tuer s’ils ne se laissaient pas détrousser tranquillement. Ces créatures étaient généralement habillées d’un simple pagne, mais nos agresseurs faisaient figure d’exception, arborant fièrement des armures de cuir et des casques en fer, sans doute récupérées sur leurs précédentes victimes. Orakim ne semblait pas gêné par la supériorité numérique de nos adversaires. Je dégainai mon épée, prêt à combattre, mais avant que je fasse le moindre mouvement, Orakim retira sa cape, qui servait en fait à dissimuler une épée dont la longueur n’avait d’égal que la taille du propriétaire. Malgré la taille, et surtout le poids de son arme, il la maniait avec une incroyable facilité. D’un seul geste, il faucha les cinq gobelins qui lui faisaient face, puis j’eus tout juste le temps de me baisser pour ne pas être envoyé ad patres en compagnie de ceux qui me menaçaient. Puis Orakim se raccrocha l’épée dans le dos, et remit son manteau. Il avait visiblement pris un certain plaisir dans ce qu’il venait de faire : « T’arrive-t-il de vérifier ton champ de vision avant d’attaquer ? » lui dis-je, passablement énervé
Il se contenta de sourire et me répondit : « Désolé… A chaque fois que j’utilise cette arme, je me laisse un peu aller…
- Belle excuse… »
Lorsque le soleil fut au zénith, nous avions dépassé l’arène de Kasigen. Orakim proposa alors que l’on fasse une dernière halte avant d’arriver à l’académie militaire, avec comme principal argument que c’était la dernière fois que nous prendrions un ‘bon‘ repas avant les six prochains mois. Nous n’eûmes aucun mal à trouver du gibier dans les bois environnants, mais le plus difficile fut de dépecer nos proies et de les vider de leurs organes sans avoir de haut de cœur. Malgré cet inconvénient, une fois grillée, la viande fait revenir l’appétit de n’importe qui…
Il y avait une question que je voulais poser à Orakim, et je profitai de la tranquillité de l’instant pour m’exécuter : « Quelle genre de créature as-tu affronté pour ton examen ?
- Tu parles d’un souvenir ! Je suis tombé sur un vampire – maître. Non seulement cette saleté sautait dans tous les sens, mais en plus il se permettait de ranimer les cadavres des types qui étaient venus avant moi pour m’attaquer.
- Et… Comment l’as-tu battu ?
- Au bout d’une heure, j’en ai eu plus qu’assez de trancher des cadavres qui n’arrêtaient pas de se relever, alors j’ai attrapé le plus petit, je l’ai lancé dans la tête du vampire, et j’ai profité du fait qu’il était assommé pour lui trancher la tête…
- Tu dois être le seul en ce monde à pouvoir imaginer un plan pareil.
- Peut-être… Mais ça a fonctionné… »
Nous reprîmes notre route, et à peine deux heures plus tard, nous faisions face à l’imposante porte de l’académie militaire de Kaishiro.
@ suivre...