Bon allez je suis de bonne humeur aujourd´hui alors exceptionnellement je fais une entorse à la règle du mercredi...
Nous mangeâmes et bûmes de bon cœur, puis allâmes nous coucher.
Mon visage n’était plus…
Entrant soudain dans une rage folle, je me relevai avant que la hache n’atteigne le billot, et mordis le bourreau au nez. J’eus alors l’impression de m’être transformé en une bête sauvage. Rompant mes chaînes à la force des bras, je plongeai mes doigts dans la gorge du bourreau avec une inquiétante facilité. Puis, après l’avoir projeté à même le sol, je m’emparai de sa hache et lui assénai un coup direct dans le dos, dont il ne se releva pas. Je retournai le cadavre, espérant récupérer mon visage, mais il me fut impossible de retirer son masque. Je vis alors le miroir posé sur le billot. En regardant mon reflet, je vis que mon visage était revenu, mais que les blessures que j’avais infligées sur le cou du bourreau s’étaient répercutées sur le mien. Et je ressentis une immense douleur qui remonta du bas de ma colonne vertébrale jusqu’au centre de dos. Je sombrai alors dans l’inconscience…
De nouveau je me réveillai en sueur. Etais-je donc destiné à faire ce cauchemar toutes les nuits ? Toutefois, le rêve était allé un plus loin cette nuit, mais je n’y voyais pas plus clair pour autant. Je regardai en direction d’Orakim qui lui au moins, dormait à poings fermés, ce qui est en fait compréhensible, car selon lui, une seule carafe de vin ne suffit pas à désaltérer deux personnes. N’arrivant pas à me rendormir, je me rhabillai et sortis de l’auberge pour prendre l’air. La nuit était relativement fraîche, et je fus surpris de ne pas voir quelques monstres sauvages rôder dans les bois alentours. Cette auberge était sans doute mieux protégée qu’elle n’en avait l’air, malgré la piètre allure de son gardien, une sorte de troll des bois revêtu d’un pagne en peau de sanglier et à la dentition proéminente. Dans le cas présent il était endormi à son poste. On ne peut pas dire qu’il soit étouffé par la conscience professionnelle… J’ose toutefois espérer pour la sécurité de son employeur et de ses clients que cette créature est du genre à se réveiller au moindre bruit suspect.
Si dans le noir je ne distinguais pas très bien les contours de la créature endormie, mais par contre je n’avais aucun problème à sentir son haleine fétide, aussi décidai-je de m’éloigner un peu : « Hé attendez-moi je ne marche pas aussi vite que vous… »
A ma grande surprise j’avais été rejoint par la fille de l’aubergiste, simplement pourvue de ses vêtements de nuit. Après lui avoir mis ma cape sur les épaules, j’engageai la conversation de la manière la plus naturelle possible : « Tu n’arrives pas à dormir ?
- Impossible avec ce troll de garde qui ronfle encore plus fort que mon père…
- Et ça t’arrive souvent de sortir en pleine nuit ?
- Bien sûr que non… J’ai juste vu que vous étiez sorti et j’en ai profité pour venir vous voir… » répondit-elle d’un sourire chaleureux.
- Je suis flatté que ma présence te réjouisse à ce point…
- Je vous attendrai.
- Pardon ?
- Auriez-vous des problèmes d’audition ? Je vous attendrai. Vous allez à l’académie militaire n’est-ce pas ? Et bien j’attendrai votre retour tous les ans avec impatience quand vous retournerez voir notre famille. »
Je ne sus quoi répondre, mais j’éprouvai soudain le besoin de la prendre dans mes bras, et de la remercier de m’avoir dit ce que j’avais toujours voulu attendre. Jusqu’à aujourd’hui, je n’avais personne en qui faire confiance, car même celui qui m’avait adopté s’était révélé être l’assassin de mon vrai père. Mais tout avait changé en quelques secondes. J’avais désormais ce que j’avais toujours voulu… Un être cher à retrouver à la fin de chacune de mes épreuves…