Pfffffffffffffffff... Comme si j´avais déjà posé des lapins à mes lecteurs... Je suis blessé d´être ainsi mal considéré...
Les esclaves étaient à mes yeux ce qu’il y avait de plus méprisable dans les Ténèbres. Tous étaient des humains réduits en esclavage après l’attaque de leur village. Ils avaient les qualités demandées à tout esclave qui se respecte : servitude et volonté. Cependant, les démons ne traitaient pas leurs esclaves de la même manière que les humains. Non pas qu’ils les traitaient en égal, mais plutôt parce que la loi punissait tout châtiment injustifié. L’origine d’une telle loi se trouve dans un édit signé par le Seigneur Kaizo alors qu’il revenait de sa première campagne dans le monde des humains. Il fut horrifié par ce qu’il y avait vu. Non seulement les humains se réduisaient en esclavage les uns les autres en fonction de critères complètement stupides, comme la couleur de peau, la race, l’origine sociale ou même les croyances religieuses, mais en plus ils ne considéraient pas leurs esclaves comme étant des humains. Qu’étaient-ils alors ? Des animaux domestiques dotés de la parole ? Tout du moins quand ils les autorisaient à parler, à moins qu’ils ne leur arrachent la langue ou aient recours à toute autre pratique sadique qui viserait à confirmer leur domination. Ne voulant pas être comparable à ces barbares, le seigneur Kaizo décida que les esclaves mis au service des démons seraient uniquement des êtres humains, et qu’ils seraient considérés comme tels. Par conséquent, il fut décidé que tout châtiment corporel appliqué sur un esclave devait être justifié, et que tout abus serait sévèrement sanctionné par l’expropriation immédiate de l’esclave… Certains racontent que la vraie raison d’une telle mesure remonterait à l’époque où le seigneur Kaizo travaillait en tant que bouffon. Il est cependant toujours déconseillé de faire allusion à une telle époque devant lui, car il en gardera probablement le souvenir jusqu’à son dernier souffle.
Toutefois, ces bonnes résolutions n’eurent pas vraiment d’effet sur le comportement des esclaves. La servitude qui leur était demandée ressemblait plutôt à de la servilité exacerbée. Craignant les démons comme s’ils étaient d’horribles monstres assoiffés de sang, ce qui était en tout cas ce que leur religion leur enseignait, ils montraient une soumission totale envers leur maître, baissant les yeux à son approche et le flattant outrageusement dès que l’occasion se présentait. Ils acquirent ainsi le surnom de « communauté des fayots ». Et c’est justement cet état de faits qui m’amène à mépriser les esclaves, bien qu’ils soient de la même race que moi.
Comme je m’y attendais, l’un deux s’avança vers moi, le sourire aux lèvres : « Monseigneur, nous vous souhaitons un bon retour dans votre foyer et vous félicitons pour la réussite de votre… » Un coup de poing… Une mâchoire cassée : « Ferme-la… Je ne veux rien entendre d’une vermine qui se comporte comme un chien au lieu de respecter sa propre humanité… N’as-tu donc aucun amour-propre ? » L’esclave avait déjà baisé les yeux : « Apparemment, tu as déjà oublié la signification de ce mot… »…