Le voilà^^
Les Nains, après avoir délivré Balïn étaient remontés, jusqu’à l’entrée de la base des gobelins. Ils avaient dû tuer quelques gardes par-ci par-là, mais étaient passés sans encombres. Ils avaient retrouvé à l’entrée du camp des ennemis le reste des compagnons d’Ori.
-Il y a, Balïn, beaucoup de choses à expliquer, certaines sont très étonnantes, révoltantes même, mais elles doivent attendre, et ton récit également, mon ami. Nous ne sommes pas en sécurité ici, allons là où les gobelins ont campé, je ne sais si lors vous étiez déjà prisonniers, mais c’est un endroit sur désormais.
Balïn acquiesca.
-Bien, ton avis est sage, je le suis(*du verbe suivre*), et toi également(*je te suis également*), conduis-nous.
La troupe se mit en branle, tout était calme dans les passages qu’elle empruntait, ils paraissaient vides et froids, l’on était loin de l’ancienne ambiance chaleureuse de Khazad-Dûm.
-Nous y voici, déclara Ori, d’une voix rassurée, entrant dans son ancien campement, ici nous serons à l’abri, nous devons parler de choses très importantes, mon ami, très.
-Bien, dit Balïn, vous autres, allumez donc un grand feu au centre de la pièce ! Maintenant, occupons-nous de la tombe de Diri, elle sera très bien ici. Là.
Il désigna le bout de la salle, là où le dallage était le mieux travaillé, et parfaitement posé.
Il ordonna que l’on extraie de la roche un peu plus loin dans le couloir, et qu’on l’amène au lieu-dit. Lorsque ce fut fait, une tombe fut érigée, grossièrement, car le temps et les moyens manquaient, mais majestueuse malgré tout. Balïn était content du travail de ses gens, il les félicita puis ordonna que le repas commence autour du feu.
-Vous avez bien travaillé, Nains, je suis fier de vous. Maintenant, mangeons et buvons tout notre content, ensuite, les discussions iront bon train auprès du feu. Haldïn, Nwalïn, lorsque je vous le dirai, vous nous rejoindrez, Ori et moi.
Les jeunes amis hochèrent la tête, étonnés et curieux.
Après un repas bien arrosé, Balïn et Ori s’assoirent et parlèrent.
-Alors, mon ami, quelles sont ces nouvelles si importantes ? interrogeait Balïn, tu m’avais l’air bien tourmenté alors. Mais d’abord, laisse-moi te remercier encore, car sans toi qui sait ce qu’il serait advenu de nous ? !
-C’était mon devoir, envers mon ami et mon chef de clan. Dwalïn m’avait sauvé la vie il y a longtemps, nous pouvons donc considérer que c’était également une dette.
-Oui, acquiesca Balïn, je m’en souviens, aaaahhh Dwalïn ! Pourquoi donc ne m’a-t-il pas accompagné ? Il aurait dû, nous sommes en bonne voie de réussir. Mais maintenant, parle des problèmes que tu as évoqués.
-Eh bien, lorsque j’ai repris connaissance, après la bataille avec les trolls, Oïn avait pris le commandement, il menait le peuple fort bien, il était très autoritaire. Mais bien vite, il devint un tyran, et je m’en rendis compte ; alors, je parlai aux nôtres, leur disant que nous devions nous soucier du sort du fils de Fundïn, mais nombre d’entre eux me contestèrent ou ne m’écoutèrent point. J’ai alors annoncé mon départ, et Oïn s’y est opposé, mais je suis quand même parti, une cinquantaine de robustes Nains m’accompagnant. Le reste, tu le connais pour la plupart des choses, nous avons cheminé jusqu’ici et nous avons déduit des indices trouvés que vous aviez été emmenés par ce passage, nous avons suivi vos traces jusqu’à la base des gobelins. La suite, vous la connaissez.
-QUOI ? !!! cria Balïn qui avait voulu intervenir plutôt mais s’était tu par respect pour son ami, Oïn a fait ça ? !!! Il aura à subir mon jugement lorsque nous le retrouverons ! TRAÎTRE ! !! Je…
Brusquement, il se rendit compte qu’il vociférait dans toute la pièce, et que tous ses gens, l’ayant entendu, avaient le regard braqué sur lui.
Loin de là, les autres Nains, toujours dirigés par Oïn, avaient rassemblé tout ce qui était intéressant sur le champ de bataille et s’étaient repliés dans une pièce un peu en arrière.
Oïn commandait toujours les Nains, tyrannique, lançant des ordres du fond de la pièce. Il était assis là et regardait les autres faire tout le travail. En ce moment, ils creusaient les tombes, et Oïn donnait son avis, et son avis prévalait sur tout le reste. Les Nains redoutaient son passage, lorsqu’il inspectait leur travail. Si l’un d’eux était fatigué et demandait à se reposer, Oïn lui accordait quelques minutes de repos, et encore, il fallait que ce Nain soit vraiment très fatigué, et que cela se voie. Maintenant, Oïn se tenait donc à l’écart et regardait travailler les gens du clan de Fundïn, ou devrait-il dire du clan de Balïn et désormais d’Oïn…Il se plaisait à penser à cela, même s’il en éprouvait une grande honte et une grande culpabilité. Et pourquoi Ori n’avait-il pas fait comme lui –même ? Les choses auraient été bien plus faciles ! Il était seul désormais à la tête du clan. Même s’il eut souhaité qu’Ori fut là également, avec les Nains qu’ils avait entraînés avec lui, cela ne lui déplaisait pas d’être le chef pour une fois. Il regardait les Nains qui travaillaient sous ses ordres et éclata d’un rire dément et cruel.
-Tout va bien, seigneur Oïn ? interrogea un Nain près de lui, auriez-vous quelque problème ?
Oïn regarda l’être qui lui avait parlé avec répugnance et lui dit :
-Tout va très bien, je n’ai qu’un problème : toi ! Retourne au travail !
Oïn, disant cela, se sentit quelque part écœuré par lui-même, mais son ancienne personnalité, même si parfois elle lutait pour revenir, était bien loin, écrasée par sa nouvelle de chef avide de pouvoir…