Voilà le chapitre 9, changement radical, et il est plus court aussi
Lorsqu’ Haldïn s’éveilla, il constata la puanteur qui réganit là où il se trouvait, et une douleur atroce dans les poignets. Et pour cause : il avait pieds et poings liés, adossé contre un mur froid et crasseux, côte à côte avec Nwalïn et Balïn. Quelques autres se trouvaient à proximité. Ils se trouvaient dans une pièce avec quelques fenêtres et un feu qui était beaucoup trop loin pour réchauffer les Nains engourdis , autour de ce brasier étaient assis une dizaine gobelins enroulés de guenilles, qui surveillaient du coin de l’œil les prisonniers. Haldïn n’en savait pas plus et n’avait aucune idée de l’endroit où il se trouvait concrètement.
-Haldïn ? Te voilà à nouveau conscient ? chuchota une voix qu’Haldïn reconnut être celle de Nwalïn.
-Oui, répondit Haldïn sur le même ton, que s’est-il passé ?
-Nwalïn n’en sait pas beaucoup plus que toi, jeune ami, dit Balïn à son tour, il a été assailli par des gobelins en nombre qui l’ont assommé. Je vais te dire ce que je sais de la suite. Nos troupes se sont arrêtées pour prendre leurs positions, les haches de jet ont plu en grand nombre sur les trolls mais ils sont restés vivants malgré tout, se tenant debout et droits. Moi j’étais près du corps de celui que nous avions fait tomber, je l’ai achevé puis me suis caché tout près. Peu après, de nouvelles troupes de gobelins sont arrivées, ils ont pris position près des trolls, là nous fûmes faits prisonniers. L’on me banda les yeux, à moi et aux autres-il désigna les Nains à sa droite-et l’on nous mis derrière la ligne des gobelins. Les nôtres résistèrent vaillamment pour ce que j’ai pu entrevoir et entendre du combat, si bien que les ennemis se replièrent, nous emportant…Là, les trolls nous assommèrent, c’est ici, ligotés, que nous nous sommes éveillés.
Haldïn se tut un moment, songeur, puis dit :
-Bon, et qu’allons-nous faire, seigneur Balïn ? Rester ici sans rien faire ? Je n’y compte guère !
-Moi non plus, Haldïn, moi non plus, assura Balïn, mais je t’en prie, parle moins fort et ne t’agites pas pour l’instant ! Il faut se faire discret et attendre.
-Attendre ? Pourquoi toujours attendre ? !interrogea Nwalïn.
Balïn se tut, et Haldïn vit vite pourquoi : le shaman gobelin s’avançait vers eux.
-Salut, petits rats ! Eh bien, vous voilà bien ennuyés, n’est-ce pas ? huk huk ! Allons bon, maintenant vous allez me dire qui vous êtes et pourquoi vous êtes là !
-Nous sommes des Nains, répondit fièrement Balïn, et quoi de plus normal pour des Nains de se trouver ici, à Khazad-Dûm, dans leur royaume ! !!
-Cessez donc ce petit jeu, ce lieu n’est plus à vous, vermine ! Ces mines appartiennent à l’Oeil ! Alors répondez ! Si vous ne dites rien maintenant nous vous enverrons au sud et ils vous ferons parler, yerk yerk ! ricana le shaman.
-Seigneur, nous devrions lui clouer le bec ! s’exclama Nwalïn en kuhzdul, pour que le shaman ne le comprenne pas, c’est vrai, je ne supportes plus que nous ne fassions rien !
-Du calme Nwalïn, je ne dirai rien de plus à ce gobelin, et nous attendrons une occasion de nous échapper. ! ordonna Balïn, furieux.
-Arrêtez donc de parler cet étrange dialecte ! rugit le shaman gobelin, furieux en brandissant son fouet sombre, et répondez plutôt à ma question ! D’où venez-vous ?
-Nous venons du Nord, d’un royaume nain, ce qui est logique étant donné que nous en sommes !
-Ah c’est comme ça, petits rats ? ! Vous êtes impertinents ! Vous allez payer ! !! Sur ces paroles menaçantes, le shaman balança son fouet en arrière puis en avant, l’arme, comme un long et vil serpent, vola un peu en l’air pour aller mordre les visages de Balïn, Haldïn et Nwalïn qui poussèrent des cris de douleur au contact de la langue de cuir. Puis, une deuxième fois, le fouet s’abattit, sur les quelques autres Nains cette fois, qui eux aussi crièrent sur le coup. Puis, laissant là les Nains à leur douleur et leurs saignements, le shaman retourna près du feu et des autres gobelins, après avoir lancé :
-Vous parlerez bien vites, mes gaillards, je vous l’assure, hahahaha !